La police chinoise enregistre des empreintes vocales dans ses bases de données

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Entrée de plain-pied dans le recueil et l'utilisation de donnés biométriques, la police chinoise a déjà collecté 70.000 empreintes vocales.

La vie des Chinois ressemble parfois à un roman d'espionnage, pour le meilleur et pour le pire...

Le meilleur, c’est par exemple cette anecdote, que raconte le site China Digital Times : une dame, dans la province du Anhui, reçoit l’appel d’un escroc. Un escroc habile, qui la convainc qu’elle doit transférer de l’argent. Et alors qu’il est en train de la guider par téléphone, la conversation s’arrête net. C’est en fait la police qui a coupé la ligne. Un système automatique de reconnaissance vocale avait repéré la voix de l’escroc et avait prévenu la police.

Ça veut dire que la voix de l’escroc était dans une base de données, et en plus enregistrée comme telle : "voix d’un escroc" !

Exactement ! La Chine est entrée de plain-pied dans le recueil et l’utilisation de données biométriques. Empreintes digitales bien-sûr mais aussi, dans les fichiers de la police, il y a déjà un milliard de visages, 40 millions d’échantillons d’ADN. Et, c’est plus récent, des empreintes vocales. Donc, le Anhui, dans l’est de la Chine, a été une province pilote pour ce projet, dès 2012. Et en trois ans à peine, ils avaient collecté pas moins de 70.000 voix. Il n’existe pas de chiffre officiel récent mais on sait que ce projet s’est beaucoup développé.

C'est légal ?

Rien ne l’interdit mais tout dépend comment c’est fait ! Tant qu’il s’agit de lutter contre la criminalité, voire le terrorisme et donc de récolter les empreintes vocales de personnes qui ont quelque-chose à se reprocher, pas de souci. Mais là, et c’est ce que dénonce l’association Human Rights Watch qui vient de publier une grande enquête sur le sujet, il n’y a aucune transparence. Qui peut être visé, comment ces informations seront-elles utilisées ? Il n’y a pas de règle clairement établie. Pourquoi, par exemple, cette dame dont je vous parlais au début était-elle écoutée ? Eh bien parce que tout le monde peut l’être. Human Rights Watch cite aussi des rapports officiels qui détaillent comment, localement, les empreintes vocales des travailleurs migrants sont recueillies pour en savoir plus sur cette population. Idem pour la minorité musulmane régulièrement réprimée des Ouighours, dans la région autonome du Xijiang. Pour Pékin, ces milliers de voix consignées permettent de parfaire les portraits en 3D de tous ceux qu’il faut garder à l’œil. Un nouvel outil de contrôle qui, pour le pire cette fois, empiète inévitablement sur les libertés de chacun.

La deuxième histoire nous emmène à Amsterdam, aux Pays-Bas, où les habitants craquent. Il y a trop de touristes sur les canaux, ils ont l’impression de vivre à Disneyland. Et pour nous en parler on retrouve notre correspondante, Isabelle Ory. La mairie prend tout cela au sérieux, elle a donc décidé d’interdire purement et simplement l’ouverture de boutiques attrape-touristes !

Les Amstellodamois saturent. Ils n’en peuvent plus de ces boutiques qui vendent fromages ronds et oranges, sabots de bois, etc. Ils veulent pouvoir vivre normalement avec des épiceries, des boulangeries, des pharmacies... En réponse, la municipalité a dégainé d’un coup cette nouvelle réglementation. La décision a été prise dans le plus grand secret, avec vote à huis clos. Elle est entrée en vigueur tout de suite. L'effet de surprise avait pour but d'éviter un rush de dernière minute sur les commerces à vendre.

Pourtant le tourisme c’est une industrie qui rapporte, ça risque d’être mauvais pour l’économie locale ?

Oui, le tourisme c’est une industrie qui tourne à plein. Les canaux, musées et aussi les coffee shop rapportent six milliards d’euros par an, 11 millions visiteurs il y a 10 ans, 18 millions aujourd’hui. Les prévisions pour 2025 annoncent 23 millions de personnes par an. Amsterdam a peur de devenir un musée à ciel ouvert. La mairie veut attirer des entrepreneurs, des créatifs et pour cela il faut de la vie dans les quartiers.

Donc ça veut dire que quand on est touriste, on ne sera plus le bienvenu ?

Alors en tous cas le tourisme de masse va rester dans le collimateur. Les habitants veulent que l'on impose une taxe de 20 euros par jour aux touristes. Donc oui, si vous voulez y aller, ne tardez pas trop !

En bref, avant de refermer ce journal du monde, le président kazakh a instauré un changement complet d’alphabet d’ici 2025 !

L’alphabet actuel, c’est-à-dire "cyrillique arrangé à la sauce kazakh", sera remplacé par un alphabet latin de 32 lettre (les 26 "classiques" plus quelques lettre accentuées). Ainsi en a décidé Noursoultan Nazarbaïev ! L'objectif est de moderniser le pays et son économie, l’alphabet latin étant utilisé par 70% des pays du monde, dixit le président. Au moins ça fera peut-être plaisir aux octogénaires qui se rappelleront qu’avant 1940, c’était l’alphabet latin qui était déjà utilisé. Pour tous les autres, ça risque de ne pas être simple.

Les fameux oursons Haribo seraient produits en partie par des travailleurs réduits en esclavage…

La télé allemande ARD produit un magazine consacré aux marques. Et ce mois-ci, son enquête portait sur les travailleurs brésiliens qui extraient de feuilles de palmiers la cire de Carnauba. Ça rend les bonbons brillants et évite qu’ils ne collent entre eux. Or, le documentaire montre que dans les plantations brésiliennes du Nordeste, ces travailleurs dorment dehors, n’ont accès ni à de l’eau potable ni à des toilettes, et sont payés 12 dollars par jour. La marque Haribo affirme qu’elle va mener une enquête auprès de ses fournisseurs. Mais ils sont tout de suite moins bons, les nounours multicolores.