Johannesburg face aux voleurs de cuivre

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Le vol de cuivre prend des proportions folles à Johannesburg. Et cela a des répercussions sur la ville sud-africaine.

Une virée un peu surprenante ce soir : vous nous emmenez sur les traces de voleurs de cuivre dans les sous-sols de la ville de Johannesburg, en Afrique du Sud…

Il s’y passe des choses étranges, dans les tunnels de ces sous-sols de 2 mètres de haut sur 1,5 mètre de large. Si on était une petite souris, on pourrait y croiser des "guetteurs", des "découpeurs" et pas loin se tiendraient des "transporteurs". De curieux métiers qui, parait-il s’apprennent dans un "centre de formation pour voleurs". Voleurs de cuivre, donc, en banlieue de Johannesburg. C’est un expert en métaux qui explique ça dans une enquête menée par l’AFP.

Des vols de cuivre, il y en a un peu partout, même en France (la SNCF notamment en est victime)…

C’est vrai mais là, dans la capitale économique de l’Afrique du Sud, ça prend des proportions folles ! Les vols se professionnalisent, les gangs vont jusqu’à fondre le cuivre eux-mêmes, dans des fermes, pour le reconditionner en lingots et pouvoir ainsi l’écouler plus facilement. Et puis quand 32 kilomètres de câbles sont endommagés en une seule nuit comme c’est arrivé en septembre dernier, vous imaginez les conséquences ? Plus d’électricité, toutes l’activité économique qui est stoppée. Aujourd’hui, 40% des coupures de courant dans la ville sont dues aux vols de cuivre. Récemment, explique l’AFP, le centre-ville a été plongé dans le noir pendant dix jours ! Et puis il faut réparer, remplacer. Pour les 32 kilomètres de câble par exemple, ça a coûté 2,8 millions d'euros.

On imagine que les autorités essayent d’empêcher ces vols ?

Oui, par exemple elles ont offert une récompense (6.500 euros) à quiconque donnerait des infos sur les gangs. Ça a permis d’arrêter quelques personnes. La municipalité va sécuriser les 77 bouches d’accès aux tunnels, mettre des caméras et puis une "unité spéciale" vient de voir le jour au sein de la police de Johannesburg. Mais il va falloir vérifier que les ripoux ne s’y sont pas infiltrés parce qu’évidemment, des dizaines de kilomètres de câble ne peuvent pas s’évaporer, comme ça, sans quelques complicités. Il faut dire que ça rapporte gros, le cuivre. Dopé par les besoins de la Chine, le cours du métal rouge s’est envolé. En septembre, il valait près de 7.000 dollars la tonne !

Deuxième histoire, changement de décor, beaucoup plus près de chez nous, en Grande-Bretagne. Ce phénomène de mode qui prend parfois des allures un peu délirantes, la mode du "carlin", ce chien au nez écrasé et aux grands yeux ronds. C’est une star outre-Manche, où il est surnommé le pug. Il y en a quatre fois plus qu’il y a dix ans. Et ces petits chiens ronds ont même leurs cafés dédiés, n’est-ce pas Anaïs Cordoba ?

Effectivement, les carlins ont leurs cafés, et le dernier en date a ouvert à Londres, pour quelques jours le weekend dernier. Et ça a été la ruée, 1.000 personnes en trois jours ! Imaginez la scène. D’un côté, les clients à quatre pattes, tous déguisés par leur maître, admirés, chouchoutés, photographiés et contents de pouvoir déguster scones au fromage et des cupcakes. Et puis leurs maîtres, qui ont dû payer cinq euros pour réserver leur place. Ils sont babas, réjouis de pouvoir échanger entre maîtres de carlins. Certains fans de la race qui ne peuvent pas avoir d’animal de compagnie se sont aussi précipités pour cajoler ces petits chiens stars. Eux ont dû payer dix euros pour entrer dans le café !

C’est devenu un business !

Ah oui, c’est très rentable. Pour ceux qui ouvrent ce type de cafés éphémères bien-sûr, mais aussi pour ceux qui leur fabriquent des petits vêtements. Ces chiens ont généralement une garde-robe très étoffée ! Ils ont leurs profils sur les réseaux sociaux, qui peuvent atteindre parfois plusieurs millions de followers ! Enfin, c’est rentable évidemment pour les éleveurs. 

Alors justement, cette tendance inquiète les vétérinaires apparemment ?

Oui, parce que ce nez écrasé et ces grands yeux ronds qui plaisent tellement cachent de gros problèmes physiologiques chez ces chiens. Les carlins ont des difficultés à respirer, des problèmes oculaires et des hernies discales. 
Des pépins de santé qui s’aggravent avec l’élevage intensif. Certains vétérinaires voudraient même carrément faire interdire l’élevage de cette race. Et ils sont un peu désolés de voir la multiplication de ces cafés pour carlins qui ne font que renforcer l’engouement du public.

Pour finir en bref, le gouvernement néo-zélandais envisage de créer une nouvelle catégorie de visa, spécial "réfugiés climatiques" !

Ce serait un visa humanitaire. Le nouveau ministre du Changement climatique, qui est issu du parti des Verts, est en train d’y travailler. Ce visa aurait permis par exemple d’accorder l’asile à ces deux familles du tout petit Etat de Tuvalu, au bon milieu de l’océan Pacifique. Elles justifiaient leur demande d’exil par la montée des eaux et le manque d’eau potable qui en découle mais ont été déboutées. Car selon les textes actuels, l’asile est accordé à celui qui est persécuté pour sa race, sa religion ou son appartenance à un groupe politique. Ce visa serait donc un premier pas vers un nouveau droit des réfugiés climatiques.

Et puis quelques notes de musique, avec cette chanson que vous n’entendrez pas ailleurs, interprétée par un groupe saoudien…

Les "Most of Us", dont le clip a un certain succès là-bas : il s’agit d’une reprise de "Born to be wild", de Steppenwolf pour saluer la levée de l’interdiction de conduire pour les Saoudiennes. "Plus de chauffeur, d’Uber ou de taxi pour vous emmener", nouveau titre : "Sister you will drive" !