Inde : une grande marche pour dénoncer les crimes contre les enfants

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Un garçon de sept ans a été retrouvé mort dans une école la semaine dernière en Inde. Un événement qui a déclenché une marche géante qui doit se terminer le 16 octobre.

L'Inde est notre première destination ce soir. Ce week-end, des parents ont tenté de prendre d’assaut l’école de leurs enfants après qu’un petit garçon y a été tué…

Imaginez des centaines de parents en colère face aux forces anti-émeutes venues protéger l’école et ses dirigeants. Il s’agit d’un gros établissement privé de quelque 1.000 élèves, juste à côté de Dehli. La semaine dernière un garçon de sept ans y a été retrouvé mort dans les toilettes. Un employé de l’école a avoué : il a égorgé le petit qui lui résistait alors qu’il l’agressait sexuellement. Le principal a été suspendu mais pour les parents ce n’est pas assez. Les responsables de l’établissement devaient protéger les enfants, ils doivent être arrêtés.

Les crimes contre les enfants, c’est un véritable fléau en Inde, qui est souvent passé sous silence. Et c’est justement la raison d’être d’une grande marche qui a commencé aujourd’hui…

Les marcheurs sont partis ce matin du sud du pays. Ils comptent traverser les 29 Etats, sur 11.000 kilomètres et espèrent entraîner un million de personnes dans leur sillage. C’est une croisade contre "la traite et l’exploitation sexuelle des mineurs". Celui qui est à la tête de ce combat, c’est Kailash Satyarthi, prix Nobel de la paix en 2014, en même temps que la jeune Pakistanaise Malala Yousafzai.

Lui, ça fait presque 40 ans qu’il se bat pour les enfants de son pays…

Absolument, et voilà ce que dit aujourd’hui ce sexagénaire militant : "Toutes les heures, deux enfants sont victimes d’abus sexuels. Un enfant disparaît toutes les huit minutes en Inde et ils ne s’évaporent pas. Ils sont victimes de la traite, on les achète et on les vend comme s'ils étaient des animaux." Satyarthi parle d’une "épidémie en progression" et espère, avec cette marche, réveiller l’opinion. Ils marcheront jusqu’à New Dehli. Arrivée prévue le 16 octobre.

On prend maintenant la direction de la Suède, grand pays social-démocrate, qui n’a pas connu de guerre sur son territoire depuis plus de deux siècles. Et voilà qu’elle organise, à partir d’aujourd’hui des manœuvres militaires gigantesques ! C’est quasi inédit : 20.000 soldats vont se déployer, avec la participation notamment des Français, et des Américains. On rejoint Frédéric Faux à Stockholm. Bonsoir Frédéric, racontez-nous ce qu'il se passe.

Il se passe que pendant trois semaines, la campagne suédoises ne sera plus couleur bleue, comme ses lacs, ou rouge, comme ses chalets en bois si confortables. Il faudra rajouter du kaki ! L’aviation, la marine, l’infanterie… La moitié de l’armée suédoise est mobilisée. Et le scénario de crise est très révélateur. Ces grandes manœuvres, doivent simuler "l’attaque de la Suède par un pays fictif, venu de l’est".

Parlons clairement, il s'agit de la Russie ?

Absolument. Depuis l’annexion de la Crimée en 2014, les Suédois ont très peur. Leur espace aérien est régulièrement violé par les avions de chasse russe. Un sous-marin se serait même glissé incognito jusque dans la baie de Stockholm. Pour vous donner une idée de la paranoïa, un numéro vert a été mis en place par les autorités pour dénoncer les activités d’espionnage au profit de Moscou. On ne sait jamais, mon voisin est peut-être un agent double. Voilà pourquoi les Suédois ont augmenté leur budget de la défense. Et cette année ils ont même rétabli le service militaire.

Alors que les Suédois, historiquement, sont plutôt pacifistes. Comment ça se passe, tout le monde est d’accord avec ce réarmement du pays ?

Il faut comprendre que le rapport des Suédois avec leur armée est très différent du nôtre. Ici, on ne voit pas de militaires dans la rue. Les seuls que l’on peut apercevoir ce sont les membres de la garde royale, avec leur casque à pointe, leurs chevaux, et puis c’est tout. Les Suédois restent pacifistes, et donc oui, ce retour aux armes fait débat. Il y a eu quelques manifs mais voilà, pour l’instant, la peur des Russes est la plus forte.

Deux infos en bref pour finir ce journal du monde.

Nous voilà dans la prestigieuse université de Cambridge où l’on envisage d’autoriser les étudiants à abandonner le stylo pour passer leurs examens. Comme ils écrivent de moins en moins, le jour J c’est la cata, c’est pire que tout. Les examinateurs en ont assez de déchiffrer les copies. Une prof d’histoire explique même que certains étudiants ont dû revenir en plein été pour lire leurs réponses à haute voix. Une consultation est donc en cours pour envisager la "tablette pour tous" les jours d’exams.

Pour la première fois depuis quatre ans, l’Irak a accueilli un match international de football.

C’était un match de gala, samedi, à Bassora, deuxième ville du pays, tout au sud. Plus de 65.000 personnes avaient investi le stade. Un stade qui avait été inauguré en 2013. Et puis, tout de suite, la même année, la Fifa avait mis l’Irak à l’écart : trop d’insécurité. Finalement, quatre ans après, la fédération internationale a autorisé la tenue de matchs dans trois villes : Bassora, Kerbala et Erbil. Samedi, c’était donc d’anciennes gloires du foot international, le Français Robert Pires notamment, face à une équipe d’anciens internationaux irakiens. Les Irakiens ont perdu 5-4, mais peu importe. L’Irak espère avoir envoyé un signe de la stabilisation du pays.