Inde : un niveau record de pollution à New Delhi

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Le niveau de particules ultra-fines relevé mercredi à New Delhi atteignait 1.010 microgrammes par mètre cube d'air alors que le seuil de danger fixé par l'OMS est de 300.

Un épais nuage toxique s’est abattu sur la capitale indienne, New Delhi !

Depuis hier, c’est comme si un rideau gris était tombé sur la mégapole. Une sorte de brouillard apocalyptique qui crée une situation "impropre à la vie humaine", c’est un médecin d’un hôpital de Delhi qui le dit. Toutes les écoles ont été fermées jusqu’à dimanche. Il faut dire que respirer cet air revient à fumer deux paquets de cigarettes dans la journée, pour vous donner une idée de la toxicité ambiante. Ce qui est terrible, c’est que même les appartements ressemblent à des fumoirs, du moins chez ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter un purificateur d’air.

Mais finalement c’est fréquent que l’Inde, comme la Chine d’ailleurs, connaissent des pics de pollution très aigus comme ça !

Absolument, et justement en automne et en hiver, quand le froid et l’absence de vent en l’occurrence, plaquent au sol toutes les émissions polluantes des usines, des centrales à charbon et aussi des brûlis de l’agriculture autour des villes. Et puis bien-sûr, les émissions des dix millions de voitures qui sont en permanence pare-chocs contre pare-chocs dans Delhi. Résultat, des mesures faites à 16h locales dans la ville par le compteur de l’ambassade américaine de New-Delhi affichaient un niveau record de particules ultra-fines : 1.010 microgrammes par mètre cube d’air. Le seuil de danger est fixé à 300 et l’OMS, l’Organisation mondiale de la Santé, recommande de ne pas dépasser 25 microgrammes en moyenne journalière. On comprend en comparant ces chiffres que c’est de la folie !

Dès 2014, l’OMS avait classé New Delhi comme la capitale la plus polluée du monde. Apparemment ça ne s’arrange pas…

Non, ça empire même. Une étude, publiée il y a déjà deux ans, estimait que cette pollution de la capitale était responsable du décès de 10 à 30.000 personnes par an et que 40% des enfants souffraient de déficiences respiratoires. En Inde, la prise de conscience de ce danger en termes de santé public est très récent. Et pour l’instant, peu de mesures de fond sont prises pour y faire face.

Deuxième histoire, c'est un gros scandale qui secoue le Kenya depuis quelques jours. Dans l’œil du cyclone : "Andy Mack", une série pour adolescents de Disney Channel, très populaire dans le pays. Très populaire jusqu’à ce que le personnage principal, un adolescent de 13 ans, confie à une amie avoir des sentiments pour un garçon de sa classe. Depuis, rien ne va plus ! On rejoint, à Nairobi, Charlotte Simonart. La série a été carrément interdite, c’est ça ?

Absolument, interdite pour "apologie de l’homosexualité" ! C’est en tout cas ce que dénoncent les conservateurs kenyans. Véritable tollé ici. Si bien que le responsable de l’équivalent du CSA a décidé d’interdire la série, en la classant désormais dans la catégorie "programme gay". Ezekiel Mutua, dont on dit ici que c’est le "responsable moral de l’audiovisuel", affirme agir au nom de la protection des enfants, les programmes faisant la promotion des relations entre personnes du même sexe étant, selon lui, "contre la culture kenyane, rétrograde et illégal".

Rien ne l’arrête, apparemment, puisqu’il y a deux jours, l’homme s’est attaqué à un autre phénomène : l’homosexualité chez les lions !

Tout est parti d’une photo, parue dans la presse, de deux lions mâles en plein ébat sexuel, ce qui est, dans la nature, plutôt très banal. Pas pour Ezekiel Mutua. Il affirme s’appuyer sur une étude scientifique très poussée qu’il ne cite pas évidemment, pour dire que ces lions ne sont pas normaux. Ils sont soit possédés par un esprit démoniaque, soit inspirés par de mauvais comportements humains. En clair, il insinue que les lions auraient surpris deux hommes ensemble dans un parc national et les auraient imités. Cet officiel kenyan demande très sérieusement que l’on sépare les lions ayant des relations homosexuelles. Il en va, dit-il, de la survie de l’espèce.

Des déclarations qui peuvent nous faire sourire vu d'ici, mais qui révèlent une réalité dramatique au Kenya…

La réalité, c’est que la société kenyane reste très conservatrice, surtout sur cette question de l’homosexualité. Des déclarations comme celles-ci sont largement applaudies dans le pays. Et ceux qui ne sont pas d’accord se taisent car l’homosexualité est toujours considérée comme un crime, passible de 14 ans de prison, même si les condamnations sont rares. La justice peut ordonner l’examen physique d’un suspect pour prouver ou non son homosexualité. Une pratique dénoncée depuis toujours par les défenseurs des droits de l’Homme.

En bref, avant de refermer ce journal du monde, un petit message du pape, ce matin, sur la place Saint-Pierre…

Face aux fidèles, il a évoqué ce moment, dans une messe, où le prêtre dit : "Elevons notre cœur." "Il ne dit pas : 'Elevons nos téléphones pour prendre la photo ! Non, ça c’est moche !'", a lâché Papa Francesco en se disant triste de voir tant de portables en l’air quand il célèbre. Ceux des fidèles, mais aussi des prêtres et des évêques. Son message, donc : la messe n'est pas un spectacle !

A propos de pape, on pourra peut-être bientôt changer l’eau en vin ?

Mais oui, ou presque. Une équipe de chercheurs, à Singapour, vient de créer le "Vocktail" (contraction de virtuel et cocktail). C’est un verre connecté capable de changer le goût, l’apparence et l’odeur de l’eau. Le goût, grâce à des électrodes sur le bord du verre qui activent les zones, sur la langue, correspondant à l’amer, le sucré ou le salé. L’apparence, grâce à une diode qui donne au liquide la couleur désirée et l’odeur, grâce à un petit gaz qui s’échappe du Vocktail quand vous buvez. Ils ne sont peut-être pas encore tout à fait prêts pour les grands crus de Bordeaux mais ils ont déjà fait une limonade numérique.