Inde : les mariages précoces en recul

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D'après une étude de l'Unicef, alors qu'en 2006 en Inde, 47% des filles étaient mariées avant leurs 18 ans, elles n'étaient "plus que" 27% en 2016.

On va d’abord aller en Inde, avec une bonne nouvelle pour les filles et parfois même les très jeunes filles, puisque les mariages précoces reculent…

Oui, c’est une étude de l’Unicef qui le montre. L’agence de l’Onu pour l’enfance a comparé les données sur dix ans : en 2006 en Inde, 47%, presque la moitié des filles étaient mariées avant leurs 18 ans ! En 2016 c’était 27% "seulement" j’ai envie de dire, même si ça représente encore 1,5 million de jeunes Indiennes, pour une année, ce qui est énorme.

A quoi on attribue ce recul ?

A une meilleure éducation des filles, au travail de terrain d’association et à une démarche volontaire des autorités. Il y a vraiment eu une prise de conscience des méfaits des mariages précoces à la fois sur la santé des jeunes filles et sur la pauvreté des familles. Les lois ont évolué. En 2006, la Cour Suprême indienne a interdit le mariage des enfants. C’est devenu un crime, passible de prison et d’amendes. L’âge légal du mariage, c’est 18 ans pour les filles, et 21 ans pour les garçons. Et l’année dernière, cette même Cour Suprême a jugé que tout acte sexuel avec une mineure, mariée ou non, constituait un viol.

Encore faut-il que ces lois soient appliquées…

Exactement. Alors elles le sont de plus en plus ! Dans l’Etat très pauvre et rural du Bihar par exemple, dans le nord de l’Inde, une action déterminée à la fois de travailleurs sociaux et de la police, a fait baisser le taux des mariages précoces de 69% des filles à 42% dix ans plus tard. C’est spectaculaire mais ça veut dire qu’il y a encore quatre filles sur dix qui sont mariées très jeunes, clandestinement. On ne change pas les mauvaises habitudes du jour au lendemain et la pauvreté favorise la poursuite de ces pratiques, certaines filles étant carrément devenues victimes de trafic d’êtres humains.

En tous cas ces "progrès", en Inde, participent au déclin global des mariages d’enfants dans le monde…

Oui d’abord parce que proportionnellement, l’Inde est une grosse partie du problème. Selon l’Unicef, plus de 20% des adolescents du monde sont Indiens. En Asie du Sud, le risque pour une fille d’être mariée de force avant ses 18 ans est passé de 50% à 30%. Ça baisse aussi sur le continent africain. Alors on compte encore 12 millions de filles mariées de force chaque année dans le monde. Mais il est encourageant de constater qu’une action déterminée donne des résultats. Ces dix dernières années, 25 millions de ces mariages auraient été évités.

Et maintenant, savez-vous ce qu’est un Hackaton ? Si vous l’ignorez, Olivier Cougard va tout vous dire. Olivier, vous êtes le correspondant d’Europe 1 à Rome. C’est le Vatican qui lance demain ce grand Hackathon, c’est-à-dire ? De quoi on parle ?

Hackaton, c’est la contraction du mot anglais "hack", qui signifie le détournement d’un programme informatique et de "marathon". Ça n’a rien à voir avec du piratage informatique frauduleux. Un "hackathon", c’est une sorte de marathon collaboratif consacré à la programmation et à la création numérique. Et donc, à partir de demain, 120 participants vont plancher au Vatican sur des solutions technologiques concrètes pour améliorer notamment le quotidien des réfugiés, l’inclusion sociale ou encore le dialogue inter-religieux.

Ce qui surprend, c’est que le Vatican se lance là-dedans !

Oui mais ça répond à un appel du pape François, lancé il y a un an pour que les progrès scientifiques et technologiques favorisent l’équité. Cet appel a été reçu par des étudiants, notamment de grandes écoles, par des religieux, ou encore par de grandes entreprises comme Google et Microsoft. Ils ont tous été invités par le Vatican à travailler ensemble. Il y a beaucoup d’enthousiasme de la part de ces participants qui sont de nationalités différentes et de toutes religions, voire athée pour certains.

Concrètement, qu’est ce qui peut sortir de ces trois jours, la durée du "hackathon" du Vatican ?

On verra ce qu’il en sort. Les participants du "hackathon du Vatican" vont travailler par petits groupes. L’un d’eux par exemple devrait plancher sur la création d’un portail pour aider les réfugiés. Un site qui regrouperait des informations pratiques pays par pays : quel est le code vestimentaire ? quelles sont les pratiques culturelles, où et comment trouver un emploi ? Avec l’idée de faire gagner du temps aux réfugiés qui ont souvent une connaissance limitée de leur nouveau pays d’accueil. Le but, c’est vraiment de travailler sur des projets concrets. Des humanitaires, des hommes et femmes de terrain, seront présents pour aiguiller les jeunes programmeurs, les graphistes, les spécialistes du marketing qui vont participer à cet événement.

En bref, au Burundi, il est interdit de tacler le président !

Tacler au sens footballistique du terme ! Je vous explique. Le président Pierre Nkurunziza, ancien prof de sport, adore le foot. Et il joue parfois avec son équipe, l’Alléluia FC. Or le mois dernier, un match avait lieu contre un petit club du nord du pays. Et les organisateurs, pour compléter l’équipe, sont allés recruter des réfugiés congolais, dans un camp et personne ne leur a dit que c’était le président, là en face sur le terrain. Ils y sont allés un peu fort pour lui piquer la balle. Résultat : les deux organisateurs ont été arrêtés la semaine dernière, pour "complot contre le chef de l’Etat". Je ne vous fais pas un tableau complet mais le président dirige le Burundi d’une main de fer. Apparemment, même les matchs de foot n’échappent pas à la vague de répression qui touche le pays.

La bonne idée d’une entreprise de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, pour inciter ses employés à venir en vélo !

Celui ou celle qui vient et repart à vélo touchera cinq dollars par jour ! Et si ça devient une habitude, au bout de six mois, la prime sera de dix dollars par jour ! Le patron de cette petite agence de pub, cycliste lui-même, est convaincu des bienfaits de ces trajets en vélo. Ça permet d’arriver au boulot plein d’énergie, dit-il. Il finance les primes en puisant dans le chiffre d’affaires, en étant convaincu que ce sera largement bénéfique au travail de tous in fine.