Inde : la triche aux examens, sport national

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Alors que c'est actuellement la période des examens en Inde, le pays doit faire face au fléau de la triche. Parfois, les professeurs eux-mêmes sont dans le coup.

On va d’abord filer en Inde, où la triche aux examens est un sport national. Ça a atteint un tel niveau que même les bons élèves trichent, par peur de finir derrière les fraudeurs…

Et en Inde en ce moment, c’est la période des examens. Quelques semaines très lucratives pour les "mafias de la triche" qui sévissent dans le pays. C’est une véritable "industrie", très organisée et élaborée, qui sollicite des jeunes sous pression ! Les lycéens par exemple. Ils sont 10 millions chaque année pour 600.000 places à l’université. Et dans les meilleures facs, les taux d’admission sont carrément dix fois moindres que ceux d’Oxford et Cambridge. Pression également pour ceux qui espèrent décrocher un diplôme. Chaque année, 17 millions de personnes entrent sur le marché de l’emploi, pour environ 5,5 millions de jobs. Et donc, les mauvais et les bons élèves cèdent à la tentation de tricher !

Ça se manifeste comment ?

Pas plus tard que la semaine dernière par exemple, dans la région de Delhi, les sujets de l’équivalent du bac en maths et en économie ont fuité sur Facebook et WhatsApp une heure et demie avant l’épreuve. Résultat, 2,8 millions d'élèves vont devoir les repasser. En février dernier, plus de 1.000 élèves de l’Etat du Bihar, l’un des plus pauvres du pays, se sont fait pincer en train de tricher. Ils ont été exclus. Les mafias de la triche sont très organisées. Ce sont parfois les centres privés de coaching, de révision, qui suggèrent aux parents et élèves d’appeler tel numéro anonyme, moyennant 200 euros et le jour de l’examen, les réponses arrivent sur le téléphone portable.

Que fait la police ? Les autorités éducatives, politiques ?

Apparemment les profs sont souvent dans le coup eux aussi car ils sont récompensés aux résultats, en fonction du nombre de leurs élèves qui réussissent les examens. Alors quand même, depuis quelques années, certains Etats interdisent les téléphones, ont installé des caméras et exigent que les élèves enlèvent chaussures et chaussettes pour entrer en salle d’examen, autant de cachettes en moins pour les antisèches. Mais vous l’avez compris, le problème est profond. C’est devenu normal de tricher puisque même le bon élève peut se faire doubler par le cancre. Dans l’esprit des jeunes tout s’achète, même le diplôme. Et c’est tout le système éducatif qui perd sa crédibilité.

Comment sauver une langue qui disparait ? C’est une question que se posent très sérieusement les Kenyans. Charlotte Simonart, vous êtes à Nairobi pour Europe 1. Ils ont décidé de tout faire pour empêcher l’extinction du Yaaku, langue parlée par sept personnes dans une forêt du centre du Kenya. Pas une de plus. D’abord qui sont les Yaakus ?

Ce sont des chasseurs-cueilleurs du Kenya qui vivent reclus dans la forêt de Mukogodo au pied du Mont Kenya. Aujourd’hui, les Yaakus comptent encore 2.000 membres, mais seuls 7 vieillards de plus de 70 ans parlent toujours leur langue traditionnelle. Après eux, le Yaaku sera éteint. Cette langue est déjà considérée comme disparue par l’Unesco dans son dernier rapport sur les langues du monde en danger. Le Yaaku fait partie de la soixantaine de langues uniquement parlées par une communauté au Kenya. On les appelle les langues vernaculaires.

Comment on explique que cette langue meure ?

Parce que depuis les années 30, une autre tribu, celle des Masais, des guerriers expansionnistes, a été chassée de ses terres par les colons britanniques. Et elle s’est installée notamment dans la forêt de Mukogodo, aux côtés des Yaakus et les ont peu à peu assimilés. Les deux tribus ont créé des liens commerciaux. Les Yaakus, minoritaires, ont adopté petit à petit les coutumes et les tenues des Masais, comme ces couvertures quadrillées de couleurs vives. Ils sont devenus éleveurs eux-mêmes et parlent désormais leur langue, le Maa.

Mais l’Unesco dit qu’une langue peut renaître !

Oui. C’est pour cela que des initiatives pour sauver le Yaaku ont été lancées il y a quelques années. Un dictionnaire a été créé par les anciens de la tribu. L’ambassade de France au Kenya a même financé une salle de classe pour y donner des leçons de Yaaku en 2010. Un petit musée sur la tribu a aussi vu le jour mais ces efforts sont pour l’instant insuffisants pour relancer le Yaaku qui n’intéresse plus les nouvelles générations. Selon l’Unesco, plus de 200 langues d’Afrique subsaharienne devraient ainsi s’éteindre au cours des 100 prochaines années.

En bref, depuis ce week-end il existe un musée du selfie !

Absolument, dans la banlieue de  Los Angeles, ouvert pour deux mois seulement. Ses deux créateurs ambitionnent de retracer 40.000 ans d’histoire de l’autoportrait ! En tout cas dans l’histoire de l’art. C’est assez fourre-tout, des autoportraits de Rembrandt ou Van Gogh à celui pris par un singe, de lui-même, avec l’appareil chipé à un touriste. De nombreuses scénographies permettent aussi aux visiteurs de se prendre en photo. En cas de succès, les créateurs du musée du selfie espèrent prolonger son existence à Los Angeles et, pourquoi pas, faire voyager l’exposition à travers le monde !