Inde : des fermiers s'enterrent dans leurs champs pour sauver leurs terres

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Menacés de délogement, ces fermiers ont choisi une méthode non-violente pour se faire entendre. Et cela semble fonctionner puisque les autorités ont fini par accepter de rouvrir des négociations.

Ce soir, on vous raconte le combat de fermiers indiens, dans l’Etat du Rajasthan, au nord-est de l’Inde. Menacés d’expropriation, ils ont choisi des méthodes assez radicales pour se faire entendre : ils se sont enterrés sur leurs terres !

Exactement. Et ça donne des images plutôt surréalistes. Imaginez des dizaines de trous dans un sol sablonneux, parfois ça ressemble même à des tranchées, et dedans, des hommes et des femmes dont dépassent juste la tête et le haut du corps. Sans manger, dans cette terre qui les nourrit, ils y ont même fêté Diwali, la fête des lumières le mois dernier. Plus de 1.300 personnes s’y sont relayées sans discontinuer, jour et nuit, depuis le 2 octobre. Date très symbolique pour le début de ce combat de la dernière chance puisque c’était l’anniversaire du Mahatma Gandhi, les fermiers s’inspirant de ses méthodes non-violentes pour manifester leur colère.

Pourquoi le "combat de la dernière chance" ?

Parce que ça fait des années déjà que le gouvernement régional essaye de déloger ces fermiers du village de Nindar, à une vingtaine de kilomètres de la capitale du Rajasthan, Jaipur. Comme partout, la ville grossit et les autorités veulent construire 6.000 logements. Mais pour 2.500 familles à Nindar, qui vivent de l’élevage et du maraîchage, ces terres sont vitales ! Le gouvernement a réussi à obtenir certaines parcelles, mais en offrant des compensations dérisoires, sur la base d’une estimation des terrains ancienne et erronée. Certains champs cultivés y sont inscrits comme "stériles", les hameaux n’y figurent pas. En plus, une nouvelle loi de 2013, qui fixe des règles d’indemnisations très précises, n’a même pas été appliquée. Bref, pas question de lâcher pour les petits fermiers.

Et s’enterrer pour prendre racine, finalement ça marche !

Leur mouvement, qui dure depuis un mois, a marqué les esprits et attiré la sympathie du public et l’intérêt des médias, au-delà du Rajasthan et donc les autorités ont fini par accepter, la semaine dernière, de rouvrir des négociations sur la base d’une nouvelle estimation des terres, qui va être réalisée. C’est une victoire d’étape pour ces agriculteurs, qui restent vigilants. Voilà un exemple de combat parmi beaucoup d’autres, en Inde, contre la politique d’acquisition des terres par les autorités.

Deuxième histoire, celle-ci nous emmène en Allemagne où l'on retrouve Hélène Kohl. Il y a un anniversaire remarqué aujourd’hui. Elle a 60 ans et fait l’objet de messages d’amour sur les réseaux sociaux, c’est la Trabant !

Ce bruit, la petite madeleine de Proust de millions d'Allemands. Le bruit de la Trabant qui démarre. La fameuse voiture de RDA, avec son moteur deux temps et sa carrosserie en plastique ! Sur Twitter depuis ce matin beaucoup se souviennent du pot de yaourt à roulette de leur jeunesse et lui rendent hommage. Hommage aussi sur la chaîne régionale MDR, qui fait une soirée thématique spéciale ce soir avec la rediffusion de deux films culte, "Go trabi Go !" et une émission de crash test. On va enfin savoir vraiment si cette voiture est inusable, comme le disent ses fans, qui prennent un malin plaisir sur le net à égratigner les grandes marques de l'ouest, avec leurs modèles à scandale, les rappels de modèle à cause de défauts de fabrication ou de moteurs truqués. Clin d’œil appuyé à Volkswagen, Daimler et les autres...

Au total, sur les trois millions de Trabis produites en RDA jusqu'en 1991, 35.000 sont encore en circulation. C’est un gadget pour les touristes ?

Effectivement, on les voit souvent défiler en colonne serrée dans le centre de Berlin. On appelle ça le Safari Trabi. C'est assez amusant, il faut le dire. Mais on compte aussi beaucoup de particuliers au volant. Forcément, quand on a attendu 15 ans pour en avoir une, on y tient ! C'était le délai moyen dans la RDA communiste qui manquait de matière première pour les pneus, les pièces, etc. C'est d'ailleurs pour cela que le moteur des Trabis était entièrement démontable par des néophytes. Il fallait que l'automobiliste puisse se débrouiller tout seul en cas de panne. Ça donne lieu à plein d'anecdotes assez amusante sur Twitter. Un internaute raconte le marché noir qui s'était développé autour des pièces de rechange. Son père, un jour, a même échangé une place à l'opéra de Dresde contre la pièce qui lui manquait !

Donc cela va plus loin que la nostalgie ? Il y a aussi un peu de fierté ?

Une étude très sérieuse vient de sortir sur le sujet et les économistes sont formels. La Trabi est encore une manne pour sa région d'origine, le sud de la Saxe ! Les ouvriers fabriquaient tout à la main, et ils ont réussi à conserver un savoir-faire industriel qu'on a perdu ailleurs en Europe. Du coup, après Stuttgart, c'est dans ce petit coin isolé le long de la frontière tchèque que l'on compte le plus d'usines de voitures en Allemagne : BMW, Opel, Volkswagen et même Porsche.

Une information en bref pour conclure. La compagnie aérienne finlandaise Finnair va mener une étude…

Oui pendant quelques jours, elle va demander à un certain nombre de passagers s’ils acceptent d’être pesés. L’objectif, c’est de mettre à jour leurs données sur le poids moyens des Finlandais, qui parait-il a pas mal augmenté ces dernières années. Et ça pourrait modifier l’équilibre des avions, plaide Finnair ! Selon l’Organisation mondiale de la Santé, 58% des adultes du pays sont en surpoids. La compagnie veut recueillir ses propres statistiques. Ça va être sympa à l’aéroport.