Inde : des caméras dans les écoles publiques

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le monde dans votre radio est une chronique de l'émission Europe Soir
Partagez sur :

Quelque 1.000 écoles publiques de la région de Delhi vont être équipées de caméras. Une application permettra aux parents d'élèves de se connecter et suivre en direct le comportement de leurs enfants en classe.

Vous nous emmenez ce soir en Inde, où on n’arrête pas le progrès. Très bientôt, les parents vont pouvoir regarder en direct comment leurs enfants se comportent en classe. Les caméras sont en cours d’installation !

Absolument, d’ici trois mois, les quelque 1.000 écoles publiques de la région de Delhi seront équipées : une caméra par classe. Mais surtout, ce que vient d’annoncer le gouvernement régional, c’est qu’ils sont en train de mettre la dernière main à une application qui va être proposée aux parents. Chacun aura un identifiant personnel, un peu comme on a ici, quand on a des enfants au collège ou au lycée, pour accéder au cahier de texte électronique de la classe. Sauf que là, en Inde, le parent qui se connectera sera relié au réseau de caméras de surveillance et verra, en temps réel, ce qu'il se passe dans la classe de son enfant ! Et l’application prévoit même une fonction "dépôt de plainte", si le père ou la mère trouve que le prof ne tient pas sa classe ou qu’il se comporte mal par exemple.

Pourquoi cette obsession de la surveillance ?

Les élus actuels avaient fait campagne en promettant plus de sécurité, à la fois dans les bus, les espaces publics, où ils avaient promis d’installer des caméras. Finalement tout ça a assez peu progressé. Mais au sein même des écoles publiques, plusieurs crimes horribles ont obligé les autorités à agir. En septembre dernier notamment, une petite fille de cinq ans a été violée par un membre du personnel. Et ailleurs, un petit garçon de sept ans a été tué dans son école !

Ça veut dire que les parents ont peur pour la sécurité de leurs enfants à l’école ?

Certains oui, ils disent dans la presse indienne qu’ils attendent cette application avec impatience. Mais d’autres expliquent ouvertement que ça va leur permettre de surveiller la prof, de voir si elle n’est pas sur son téléphone au lieu d’enseigner. Un père dit même que comme ça, il verra si le ménage est vraiment fait dans les classes ou si le repas est servi à l’heure aux enfants.

Oui, il y a un côté Big brother…

Complètement. D’ailleurs le ministre régional de l’Education (qui lui aura accès à toutes les caméras), a clairement expliqué que l’administration allait pouvoir vérifier le comportement des enseignants et l’ampleur réelle de l’absentéisme, réputé endémique dans les écoles publiques. Le secrétaire général de l’Association des professeurs des écoles publiques a évidemment déploré ce qu’il a décrit comme du flicage, regrettant que les efforts ne soient pas plutôt consacrés à recruter les 30.000 professeurs manquants dans le système public.

D’Inde, on va aller maintenant au Japon. Là-bas, vous savez que le Sumo est roi, presque un demi-dieu. Eh bien il y a du rififi au pays du sumo. Vous êtes à Tokyo pour Europe 1, Bernard Delattre, et vous allez nous raconter ça. C’est un scandale sexuel qui secoue ce petit monde que l’on croyait intouchable…

Oui. L'homme à l'origine du scandale est le juge-arbitre suprême de cette discipline. En marge d'un dîner trop arrosé, il a embrassé et caressé contre son gré un arbitre novice, âgé d'une vingtaine d'années. Il a été contraint de démissionner. Le mois dernier, c'est déjà ce qu'avait dû faire un yokozuna – comme on appelle les champions suprêmes de sumo. Lui aussi à cause d'une beuverie ayant dégénéré en violences. Lors d'un banquet, il avait passé à tabac un autre lutteur, qui lui manquait de respect. Enfin c’est ce qu’il trouvait et l’avait fait savoir, fort de ses 137 kilos. Et tout cela n’est pas du tout conforme ! Vous savez, les grands champions de sumo sont considérés comme des Dieux vivants, ici. Donc leur conduite doit être exemplaire. La déchéance de ce lutteur a vraiment été vécue comme un drame national.

Et le problème, c’est que ce n’est pas la première fois que le sumo est ébranlé par les scandales ?

Non, ce sport avait déjà été éclaboussé par des combats truqués, par des cas de lutteurs dopés, alcoolisés, ou sous l'emprise du cannabis et par des paris illégaux en lien avec les yakuza : la mafia. Plusieurs lutteurs ont dû aussi être hospitalisés après des entraînements trop brutaux. En 2007, un novice de 17 ans avait même été battu à mort par ses instructeurs ! Donc là, ce sont les deux scandales de trop qui ont indigné jusqu'au sommet de l'Etat. Le Premier ministre, Shinzo Abe, a été interpellé au Parlement, et il a jugé ces dérapages "extrêmement regrettables". Mais surtout, ce dimanche, l'empereur Akihito lui-même n'a pas assisté aux combats d'ouverture du grand tournoi de Tokyo, comme l’aurait voulu la tradition. La Maison impériale a jugé que, dans un contexte aussi sulfureux, sa présence dans la tribune d'honneur était impensable.

En bref, Theresa May, la Première ministre britannique, vient de créer un nouveau ministère…

C’est le ministère de la Solitude, pour lutter contre l’isolement social qui affecte des millions de personnes. La création de ce ministère est directement inspirée du travail de Jo Cox, cette députée de 41 ans tuée par un extrémiste d’extrême-droite juste avant le référendum du Brexit. La Croix-Rouge britannique rapporte que sur une population de 65 millions et demi d'habitants, plus de 9 millions de Britanniques se disent solitaires, toujours ou souvent. Environ 200.000 personnes de plus de 75 ans déclarent ne pas avoir eu de conversation avec un ami ou un parent depuis plus d'un mois.