En Nouvelle-Zélande, des enfants maoris ont été victimes d'abus pendant 50 ans

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Plus de 100.000 enfants maoris ont été retirés à leurs parents à partir des années 1950 jusqu'à la fin des années 90. Placés dans des institutions d'État, ils sont nombreux à avoir été victimes d'abus.

Direction la Nouvelle-Zélande, où une enquête sans précédent vient d’être lancée. Il s’agit d’explorer une des zones d’ombre de l’histoire du pays : les abus dont les enfants maoris ont été victimes pendant 50 ans.

On parle de plus de 100.000 enfants qui ont été retirés à leurs parents à partir des années 50 et jusqu’à la fin des années 90. Ils étaient placés dans des institutions d’Etat. Ça pouvait être des orphelinats, des maisons de redressement ou des asiles psychiatriques, également des foyers d’accueil. Et beaucoup d’entre eux ont été au minimum négligés, maltraités voire souvent, abusés physiquement, sexuellement et psychologiquement. Il suffit d’une rapide recherche dans les médias néo-zélandais pour trouver les multiples témoignages de ceux qui ont eu la force, des années après, de demander réparation pour ce qu’ils ont subi. Par exemple cet homme de 37 ans, qui est passé de foyer en foyer : il en a connu 79 en l’espace de 18 ans ! Et ce qu’il raconte dans un livre, c’est notamment la faim, les coups, les abus sexuels ou les humiliations comme d’être obligé de manger des araignées.

Mais pourquoi ces enfants étaient-ils retirés à leurs parents ?

Une criminologue a mené une enquête très poussée qui montre que pour l’immense majorité des enfants, les faits pour lesquels on les a bouclés sont dérisoires. Elle raconte qu’un garçon avait volé un crayon. Un autre, qui se confie dans la presse, raconte comment sa vie est complètement partie en vrille parce qu’il avait séché l’école ! Il avait 10 ans : la police l’attrape dans la rue, chez lui il n’y a personne parce que sa mère travaille et le voilà en institutions pour cinq ans. Battu, violé, terrorisé, la spirale, ça a été ensuite l’analphabétisme, la peur de l’autorité, l’alcool, la drogue. Beaucoup de ces victimes, vous le disiez, sont maoris. La criminologue explique qu’après la guerre, les familles maoris se sont déplacées vers les villes pour trouver du travail et il y a eu une sorte de panique fantasmée de la délinquance juvénile. C’est là que l’Etat a commencé à enfermer les jeunes qui traînaient, de façon massive, systématique et dans des conditions déshumanisantes. Et le préjudice est immense. Une juge a estimé dans un rapport que 40% des détenus néo-zélandais, incarcérés aujourd’hui, sont passés par ces soi-disant "maisons d’aide sociales".

Et jusqu’ici, la Nouvelle-Zélande n’avait jamais regardé ce passé proche en face ?

Si, parce que des plaintes ont été déposées par plusieurs centaines de victimes. Mais des dossiers ont disparu et les preuves de maltraitance avec. Alors certains ont été indemnisés, en moyenne à hauteur de 11.200 euros, ce qui est dérisoire. Mais ça ne pouvait pas marcher. C’était la même administration qui était mise en cause et qui était chargée de trouver les solutions alors que cette commission d’enquête est indépendante. Elle a le statut de "commission royale", c’est-à-dire le plus haut niveau possible. Le signal est fort, à la hauteur de l’impact que ces abus ont eu sur des dizaines de milliers de vies.

Filons au Japon maintenant, où une enquête secoue l’opinion. Elle concerne ceux qu’on appelle là-bas, comme chez nous, les travailleurs pauvres. Bernard Delattre, on parle de ceux qui gagnent si mal leur vie qu’ils n’ont pas les moyens de se loger, même pas l’hôtel. Ils ont donc élu domicile dans les cyber-cafés !

Voilà. Ces salariés dorment dans des cyber-cafés ou d'autres établissements du même genre, comme les manga-cafés par exemple, ouverts 24 heures sur 24. On peut y passer la nuit pour une dizaine d'euros. Dans un box privé de quelques mètres carrés, avec un fauteuil relativement confortable, voire parfois un petit canapé. Il y a là aussi des douches, donc on peut se laver et trouver de quoi se faire un thé ou des nouilles instantanées. Ce que montre l'étude qui vient de sortir, c'est qu'un quart des clients de ces établissements la nuit ne sont pas là pour se détendre ou pour dépanner (parce qu'ils ont raté le dernier train, par exemple), mais parce qu'ils n'ont nulle part ailleurs où se loger. Ici, on appelle ces SDF les" réfugiés des cyber-cafés".

On sait combien de personnes ça concerne ?

3.000 chaque nuit, rien qu'à Tokyo. Mais à ce chiffre, il faut ajouter ceux qui dorment dans les fast-food ou dans les salles de repos des saunas (souvent ouverts 24 heures sur 24h, ici). Et le phénomène existe dans toutes les grandes villes. Ultime alternative pour ces travailleurs sans domicile : le dortoir d'entreprise ! C’est un lieu mis à disposition par l'employeur. Beaucoup de jeunes salariés pauvres y résident, péniblement car dans la promiscuité des collègues.

Quel est le profil de ces "réfugiés des cyber-cafés" ? Qui sont-ils ?

Il y a des jeunes, mais, en majorité, ce sont des trentenaires et des quinquagénaires. Tous ont un emploi, mais seulement un emploi précaire : à temps partiel, irrégulier, parfois journalier, même. Ils sont payés au salaire minimum, qui est très bas, ici (6 euros de l'heure). Souvent, au total, ils ne gagnent même pas 1.000 euros par mois. Donc ils n'ont pas les moyens de payer un loyer. Au Japon, ces dernières années, le travail s'est beaucoup précarisé. Près de 40% des salariés n'ont qu'un emploi sous-statutaire ou irrégulier.

En bref, hier, le ministre britannique du Développement international est arrivé une minute en retard au Parlement…

Et pendant cette minute d’absence, une question lui avait justement été posée. Que fit donc Lord Michael Bates en arrivant ? Il se dit "honteux" pour son "impolitesse", s’excusa, fit l’éloge des valeurs de courtoisie et présenta sa démission, avec effet immédiat, puis repartit. Démission refusée par Theresa May.

Les Jeux olympiques d’hiver de Corée n’ont même pas commencé qu’un record est déjà battu !

Les organisateurs annoncent qu’à Pyeongchang, 110.000 préservatifs seront distribués ! C’est, parait-il, 10.000 de plus qu’à Sotchi ou Vancouver. Ce ne sera pas seulement pour les athlètes, il y en aurait un peu trop par personne. Des paniers seront déposés dans les toilettes pour hommes et pour femmes des villages olympiques, du centre de presse, du village des médias et des centres médicaux.