En Inde, des prières contre-productives pour faire baisser la pollution

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Les prières des prêtres hindous, censées lutter contre la pollution, rejettent des éléments toxiques dans l'atmosphère, sans que les pouvoirs publics ne puissent intervenir.

On va d’abord aller en Inde, où des prêtres organisent en ce moment des journées de prières sans précédent. Ils multiplient les offrandes contre la pollution. Mais il y a un "hic "…

Ça se passe dans le nord de l’Inde, dans la ville de Meerut, où 350 prêtres hindous ont organisé un rituel, qu’ils appellent le "grand sacrifice", et qui doit durer 9 jours pour obtenir quelque-chose, en l’occurrence de freiner la pollution qui asphyxie le pays. Et donc pour ça, sur un carré de 38 mètres de côté, 108 foyers ont été construits, creusés dans le sol, côte à côte, et dans ces foyers, les prêtres font des offrandes : des graines de sésame noir, du riz et de l’orge qu’il faut brûler, donc !

Et le voilà le "hic" !

Evidemment ! Parce que pour entretenir les flammes, ce sont pas moins de 50 tonnes de bois de manguier qui doivent être brûlées ! En foyers ouverts ! Donc cette combustion est extrêmement polluante, à l’inverse de l’effet escompté. C’est absurde, et d’ailleurs ça fait couler beaucoup d’encre dans les médias et provoque la colère sur les réseaux sociaux.

Mais les autorités laissent faire ?

Le responsable local du contrôle de la pollution s’exprime pour dire que "oui, ce rituel fait beaucoup de mal à l’environnement". Il évoque des émanations de benzène, méthanal et autres gaz, mais il ne peut pas s’immiscer dans une affaire religieuse et aucune politique n’interdit formellement ces offrandes. En gros, il n’y peut rien.

Mais comment peut-on soutenir, contre la science, que ces combustions ne sont pas sources de pollution ?

Les prêtres hindous expliquent très sérieusement que ces offrandes aident à purifier l’air grâce au "ghee" qui est jeté dans le feu avec les graines de sésame, le riz et l’orge. Le ghee, c’est une sorte de beurre clarifié, liquide et il empêcherait toute pollution. D’ailleurs, affirme sans rire l’un des responsables de cette cérémonie, "la couche d’ozone au-dessus de l’Inde est moins abîmée qu’ailleurs grâce à ces nombreux rituels". Tout cela est parfaitement fantaisiste, évidemment, pourtant ça va durer jusqu’au 26 mars. Dix millions d’offrandes sacrées devront être faites d’ici là "pour que ça marche", disent les prêtres du BJP, le parti nationaliste hindou au pouvoir, qui avait déjà organisé de tels rituels, en 2016, pour faire venir la pluie et en janvier dernier pour "protéger les vaches sacrées". Alors qu’à quelques encablures de là, la ville de Dehli atteint des taux de nanoparticules qui reviennent à fumer 50 cigarettes par jour.

En Italie, la mise sous séquestre du bateau d’une association de secours aux réfugiés défraye la chronique. Quand je dis secours, c’est secours en mer : le bateau s’appelle "Open Arms" (Bras ouverts). Qu’est-ce qu’on leur reproche ?

Jeudi dernier, à la demande des gardes côtes italiens, le navire Open Arms a porté secours à près de 200 migrants en difficulté au large des côtes libyennes. Rome a ensuite cédé la coordination des opérations à Tripoli. Et alors que les migrants avaient embarqués sur le navire espagnol, les gardes côtes libyens ont exigé qu’ils soient transférés sur une de leur vedette pour être ramenés en Libye. Le commandant d’Open Arms a refusé et il a ramené les réfugiés en Sicile, samedi, avec l’aval des autorités italiennes.

Pourquoi alors immobiliser le bateau, et puis qu’est-ce qu’ils risquent ?

Certains membres de l’équipage sont poursuivis pour association de malfaiteurs en vue de favoriser l’immigration clandestine. Ils risquent jusqu’à 15 ans de prison, notamment pour ne pas avoir remis ces migrants aux autorités libyennes. Et l’homme à l’origine de ces poursuites et de l’immobilisation du bateau, c’est le procureur de Catane, Carmelo Zuccaro… qui déjà, il y a un an, avait accusé certains humanitaires de collusion avec les passeurs, sans apporter la moindre preuve. Les avocats de l’ONG estiment que le magistrat italien vient cette fois-ci de créer un précédent en instaurant en "délit de solidarité".

Ça pose tout de même la question de l’organisation de ces secours ?

Oui et la criminalisation de l’aide humanitaire. Les avocats de l’ONG espagnole soulignent qu’Open Arms a respecté le droit international en portant secours à des personnes en difficulté. Les membres d’équipage expliquent par ailleurs avoir reçu des menaces de mort de la part des gardes côtes libyens. Cette affaire pose évidemment la question du partage des responsabilités en Méditerranée entre les ONG, et les autorités italiennes et libyennes. Dans un contexte où les humanitaires dénoncent régulièrement le fait que des rescapés soient renvoyés vers ce qu’ils appellent "l’enfer libyen".

En bref, il ne sera bientôt plus possible d'acheter de la fourrure à San Francisco.

La ville californienne a voté mardi l'interdiction de la vente de vêtements ou accessoires de nouvelle fourrure. La mesure s'appliquera à partir du 1er janvier prochain. San Francisco devient ainsi la plus grande ville américaine à mettre en place cette interdiction. Deux autres plus petites villes californiennes l'on déjà adoptée : West Hollywood et Berkeley.