En Corée du Sud, les autorités déclarent la guerre au voyeurisme sexuel

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Europe Soir
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Appelé "Molka", le phénomène d'espionnage sexuel consiste à placer des caméras miniatures dans des lunettes, bouteille d'eau ou des montres, pour filmer sous les jupes des filles ou dans les toilettes publiques.

 Notre première destination nous emmène en Corée du Sud, où les autorités partent en guerre contre le voyeurisme sexuel. Il existe un mot pour décrire le phénomène : le "Molka". Celui-ci un espionnage sexuel qui prend des formes de plus en plus professionnelles. Il s’agit en fait de vol d’images intimes, à l’aide de caméras miniatures qui se planquent désormais dans des objets du quotidien, tout à fait anodins : une montre ou des lunettes, une bouteille d’eau, par exemple pour filmer sous les jupes de filles dans un escalator. L’objectif peut être aussi sur une cravate ou dans un crayon. Parfois, ces caméras sont placées discrètement dans une cabine d’essayage ou sous la lunette de toilettes publiques. Les vidéos sont ensuite partagées sur des sites, évidemment à l’insu des victimes, le plus souvent des femmes. 

Est-ce un phénomène courant ? Ça le devient, c’est ça qui est inquiétant. Au point que les Coréennes deviennent méfiantes voire paranoïaques dès qu’elles se trouvent dans un lieu public. Selon les chiffres de la police coréenne, les crimes déclarés de voyeurisme par caméra cachée ont augmenté de + de 200% par an ces cinq dernières années. Et la majeure partie de ces vols d’images intimes ne sont pas déclarées. Tout ça dans une société assez misogyne et pour qui parler d’éducation sexuelle est encore tabou. 

Les autorités s'en préoccupent-elles ? Oui, ce qui est nouveau puisque le précédent gouvernement, conservateur, avait juste invité les femmes à éviter les mini-jupes dans le métro. Mais le nouveau gouvernement vient de décider d’augmenter les peines pour ceux qui se feraient attraper. Ça peut aller jusqu’à 7 ans de prison. Il met aussi en place des restrictions sur l’importation, la production et la vente de caméras miniatures. Il existe également une association très active, qui aide les victimes à "nettoyer" la toile de leurs images. Enfin la police de la ville de Busan a été la plus créative : elle a mis en ligne, sur 23 sites de partage, une fausse vidéo en caméra cachée. On y voit une fille de dos dans une cabine d’essayage et lorsqu’elle se retourne sur une musique de film d’horreur, c’est une morte-vivante qui fait penser au personnage du film Le Cercle ( The Ring). Et ces deux messages s’affichent : "Vous pourriez être responsable de son suicide", histoire d’alerter les consommateurs de ce type de vidéos sur les dégâts qu’elles provoquent chez les victimes. Il y a aussi :  "La police suit votre activité sur ce site". Dans la foulée les partages ont baissé de 11%. Eh oui ça dissuade… 

Autre histoire, et celle-ci se passe en Allemagne. La mésaventure d'un couple de Bavarois, dont la voiture a été sacrifiée sur l'autel de l'espionnage industriel. Hélène Kohl, vous êtes à Berlin. Expliquez-nous un peu cette histoire... 
 Manfred et Monika sont deux entrepreneurs qui possèdent pas moins de trois Tesla X, des bolides de luxe, tout électriques, à 200.000 euros pièce. Ils sont tellement fans de la marque que, de temps en temps, pour un week-end par exemple, ils louent leurs véhicules à des particuliers qui souhaitent tester la voiture. La location passe par un intermédiaire professionnel. En juin dernier, c'est le jackpot. Ils sont en vacances en Sicile et on les prévient qu'un client veut prendre la voiture pendant sept semaines ! Le contrat est ficelé, Manfred précise bien qu'il ne veut pas que sa voiture roule plus de 1500 km.Sauf que quelques jours plus tard, sur son smart phone, Tesla l'informe que la voiture est actuellement en charge, quelque part du côté de Barcelone. 

Et ça fait déjà plus que 1500 kms. Ils peuvent suivre leur voiture à la trace ? Oui Avec l'application, Manfred géolocalise la voiture et il découvre qu'elle est en réalité sur un circuit spécial, utilisé par les constructeurs automobiles pour tester leurs véhicules dans des conditions extrêmes ! La voiture revient ensuite en Allemagne, sur un autre circuit du côté de Stuttgart, et là il comprend tout : car Stuttgart c'est le siège de Daimler. Bref, la marque allemande a loué la Tesla X pour faire de l'espionnage industriel. Impuissant, Manfred va suivre à distance comment elle est malmenée, poussée dans ses limites, de vitesse, de slalom, de vibration, de températures. Il la voit passer par des hangars où il sait qu'elle est sans doute complètement désossée pour livrer ses secrets. Quand il récupère sa voiture, elle est rayée, le cuir de l'habitacle a été déchiré, des pièces sont à l'envers. Au total : 83.500 euros de dégâts. 

Ça en dit long sur la panique qui s'est emparée des constructeurs automobiles allemands depuis que Tesla est arrivé sur le marché, il y a deux ans. Il n'y a pas une semaine sans un article sur Tesla dans la presse ici. Et Daimler perd son sang froid ! La marque à l'étoile travaille elle-même sur un SUV électrique mais les ingénieurs piétinent. Copier les concurrents, c'est courant dans le milieu, mais normalement, on prend quand même le soin d'acheter les voitures test. Là, impossible : Tesla a tellement de succès que les délais pour avoir un véhicule sont trop long. Daimler ne pouvait plus attendre. Et puis dans cette guerre acharnée, il y a aussi un peu d'orgueil. Tesla a récemment débauché plusieurs ingénieurs star de chez Daimler. Quant à Manfred et Monika, les propriétaires de cette pauvre voiture, ils ont pu se faire rembourser les réparations par le loueur qui avait fait l'intermédiaire. Lui, maintenant, envisage de se retourner contre Daimler. Tesla de son côté n'a pas porté plainte. 

En bref, avant de refermer ce journal du monde, des nouvelles de Grace Mugabe, l’épouse de l’ancien président démissionnaire ? C’est mon feuilleton préféré. Vous vous souvenez qu’elle défendait bec et ongle son mari de 93 ans, écartant tous les prétendants à sa succession. Car en fait, elle voulait le remplacer. Alors c’est moche de se retrouver, comme ça, femme d'ex-président ! En "disgrâce", comme la surnommait les Zimbabwéens avec un peu d’avance. Alors, "très bouleversée", selon des proches, pour ne plus avoir à vivre "l’humiliation de la perte du pouvoir", Grace Mugabe, la semaine dernière, a demandé le divorce. Après 21 ans de mariage. La classe jusqu’au bout !