En Arabie Saoudite, un complexe hôtelier où les femmes pourront porter un bikini

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Les travaux doivent débuter en 2019 pour une ouverture à partir de 2022. Les créateurs du projet espèrent attirer jusqu'à un million de visiteurs par an.

Que se passe-t-il dans le monde ? On se pose la question chaque soir et on vous raconte ce qui bouge. Première destination : l’Arabie Saoudite où un complexe hôtelier est en train de voir le jour, une station balnéaire où les femmes pourront porter un bikini !

Surprenant, n’est-ce pas, dans ce royaume où les femmes, dans l’espace public, sont réduites à des ombres sous leurs abayas, ces grandes robes noires qui couvrent aussi la tête et parfois jusqu’au visage. Le "Projet Mer Rouge", c’est une immense station balnéaire qui devrait s’étendre sur plus de 150 kilomètres de côtes, le long de la Mer Rouge. Un spot promotionnel montre, vu du ciel, un lagon bleu turquoise parsemé d’une multitude de petites îles de sable immaculé, une cinquantaine d’îles vierges…

C’est magnifique, et on se demande comment ça le sera encore lorsqu’auront poussé des hôtels, des routes et des aéroports. Début des travaux prévu en 2019 pour l’ouverture d’un 1er secteur en 2022.

On comprend que ça s’adresse à une clientèle de luxe dont des femmes qui ne sont pas prête à porter l’abaya !

Voilà et donc, les autorités précisent que « des lois spéciales » seront en vigueur sur cette bande de territoire, des lois en conformité avec les standards internationaux. Ça veut dire effectivement pas de restriction vestimentaire, et donc maillot deux pièces autorisé, ça veut dire la mixité, ça veut dire des femmes peuvent se promener seule et, là où il y aura des routes, qui devraient pouvoir conduire. Donc ce serait une sorte de territoire semi-autonome. Accessible sans visa pour les étrangers.

L’Arabie Saoudite mise de plus en plus sur le tourisme…

Oui c’est le 2e secteur économique du royaume, mais jusqu’ici grâce au tourisme religieux, les pèlerinages à la Mecque. Le prince héritier, Mohammed Ben Salman, veut désormais attirer les très riches. Ça fait partie de son Plan Vision 2030, pour s’affranchir de la dépendance au pétrole. Le projet Mer Rouge pourrait créer 35.000 emplois, ils espèrent 1 million de visiteurs par an, à terme. Mais pour ça, pas le choix : il faut assouplir les règles.

Est-ce que les femmes saoudiennes pourront y aller ?

Rien n’est dit sur à ce sujet, c’est le flou sur les points sensibles et on peut penser que c’est volontaire. Tout comme cette annonce, faite tellement en amont du 1er coup de pioche ! Certains observateurs pensent que c’est une manière de se donner le temps de tester les réactions dans un royaume qui reste très conservateur, mais où les lignes bougent, tout doucement.

La deuxième histoire du jour est "européenne". Et on retrouve donc Isabelle Ory à Bruxelles. Hier, Jean-Claude Juncker a tonné devant le parlement de Strasbourg : pas question que certains Européens aient moins de poisson dans leur poisson pané ou moins de cacao dans leur chocolat que les autres ! Isabelle Ory mais que fait cette histoire de poisson pané dans le discours annuel du président de la Commission européenne ?

C’est une affaire très sérieuse Christophe, une affaire ultra-sérieuse même pour l’est de l’Europe. En Slovaquie, en Hongrie, en république tchèque, on est convaincu que beaucoup de produits alimentaires sont moins bons à l’est qu’à l’ouest. Par exemple que le nesquik contiendrait moins de cacao, le café soluble contiendrait plus de sucre et moins de caféine, etc etc.

Les agences de protections des consommateurs ont fait des tests officiels et oui,  il y avait des différences de gout. C’était moins crémeux, moins intense, moins ci moins ca à l’est. Scandale ! C’est monté jusqu’aux premier ministres, qui ne veulent pas que leur citoyens soit des consommateurs de deuxième classe et qui donc ont saisi la commission européenne !

Mais est-ce que c’est vrai ? Que répond l’industrie ?

Alors au début elle a minimisé, en disant que pour un même produit elle s’adaptait aux goûts locaux et que c’était normal. Que rien ne l’interdisait.

Ceci dit la commission européenne elle trouve que c’est assez déloyal de vendre par exemple du chocolat à tartiner avec le même packaging quand en réalité dans le pot on ne trouve pas la même chose. Donc elle fait pression pour que ça change ! 

Vous êtes en train de nous dire qu’en 2017 il y a toujours un mur de Berlin entre les deux Europe, et qu’on s’en rend compte en mangeant du poisson pané.

C’est exactement ça ! Et c’est pour ça que ce n’est pas anecdotique. Parce que vous savez à quel point l’ambiance est tendue entre l’est et l’ouest de l’Europe en ce moment. Sur les réfugiés, sur les travailleurs détachés il y a des tensions. Et en Slovaquie, en Slovénie on a l’impression de moins compter que la France, ou la Belgique. On se sent moins égaux que les autres.  Et cette histoire de produits trop gras, trop chimique  ou trop sucrés, et bien ça nourrit ce ressentiment.

C’est pour ça que c’est devenu un sujet politique de premier plan. Hier par exemple, après le discours de Juncker, et bien le premier ministre tchèque a salué une chose avant tout, la mention du poisson pané !

Voilà à quoi peut tenir, parfois, le sentiment européen. Merci Isabelle ! Vous étiez en direct de Bruxelles. Sophie. Deux infos en bref pour finir ?

Kim Jong Un ne pense pas qu’aux missiles et aux bombes nucléaires ! Le dictateur de Pyongyang est aussi un grand amateur de foot le sénateur italien Antonio Razzi, qui est son ami (chacun ses choix), a expliqué au journal britannique The Sun que Kim était fan de Manchester United. Il est d’ailleurs convaincu que très bientôt, les meilleures équipes du monde seront inondées de joueurs nord-coréens talentueux.

En Chine, un nouveau service de "location de poupées gonflables" est proposé à ces messieurs. Location par smartphone. Une entreprise a présenté aujourd’hui son "catalogue" : infirmière, princesse, héroïne avec une épée il semble y avoir beaucoup de "choix" ça fait rigoler, un peu, mais ça en dit long, surtout, sur le déséquilibre démographique énorme créé par la politique de l’enfant unique. Longtemps, dans les maternités, il naissait beaucoup plus de garçons que de filles.