Des soldats argentins morts pendant la guerre des Malouines identifiés... 36 ans après !

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Grâce notamment à Roger Waters, membre des Pink Flyod, des soldats argentins morts durant la guerre des Malouines en 1982 ont pu être identifiés.

On va d’abord aux Malouines, cet archipel perdu au large de l’Argentine. Vous vous souvenez peut-être qu’il avait provoqué une guerre entre l’Argentine et le Royaume-Uni en 1982. Les Anglais les appellent les "Falklands". On en reparle parce que des soldats argentins tombés à l’époque viennent d’être identifiés, 36 ans après ! Et ça grâce à un Anglais…

Geoffrey Cardozo, c’est le nom de cet homme  qui, en 1982, est capitaine. Il est là, dans le camp des vainqueurs, face à des corps de soldats argentins inconnus, souvent très jeunes. C’étaient des conscrits, envoyés faire cette guerre sans plaque d’identification. Alors pendant six semaines, Geoffrey Cardozo prend l’initiative de rassembler les corps et les effets personnels de ces jeunes soldats, et de les enterrer dans ce qui devient le petit cimetière de Darwin. Sur les tombes il fait graver : "Soldat argentin, seulement connu de Dieu. Et pour chacun, ils sont 121, il note chaque détail dans un carnet.

Condition indispensable pour pouvoir identifier ces corps un jour…

En plus il a une intuition. Il se dit que peut-être un jour, dans le futur, on saura identifier des corps. Alors il enveloppe chacun de ces soldats dans un drap, trois sacs en plastique, et les enterre dans des cercueils. 26 ans plus tard, en 2008, il rencontre un vétéran argentin de la guerre des Malouines. Julio Aro, deuxième personnage important, à qui il donne son carnet. Et l’Argentin crée une fondation "Ne m’oubliez pas". Sa mère lui avait dit que s’il était mort en 82, elle l’aurait cherché toute sa vie. Commence alors un long travail de lobbying pour les associations de vétérans face aux Etats. Ils embarquent même dans leur aventure Roger Waters, des Pink Floyd, à l’occasion d’une tournée en Argentine en 2011. Cette cause lui parle tout de suite car son père est mort pendant la Seconde guerre mondiale, son grand-père pendant la première, il est enterré en France. Bref, Waters entreprend le président argentin et écrit aux députés.

Résultat : le Royaume-Uni et Argentine tombent d’accord pour faire de recherches ADN.

Exactement, il y a à peine plus d’un an. Ils confient l’exhumation des corps à la Croix Rouge internationale, en lien avec les familles. Jusqu’ici, les analyses ont permis d’identifier formellement 90 soldats, dont les noms seront apposés sur les plaques de leur tombe dans dix jours, en présence de leurs familles, de vétérans qui se seront battus pour ça et d’un vieux rockeur toujours aussi engagé pour cette cause.

Direction le Kenya maintenant, avec un chantier qui exaspère les amoureux des grands parcs sauvages du pays. Charlotte Simonart, vous êtes à Nairobi pour Europe 1. Ce chantier, c’est une ligne ferroviaire qui doit traverser le parc national ?

Oui ! Des grues et du matériel de construction d’une société chinoise tournent à plein régime depuis deux semaines, avec une centaine de travailleurs encadrés de rangers, des hommes armés. C’est le début de la deuxième phase du projet de ligne de chemin de fer qui reliera la côte kényane, à l’Ouganda. Le plus grand projet d’infrastructure depuis l’indépendance du pays, qui fait la fierté du président kenyan.

Mais ça met très en colère les défenseurs de l’environnement…

Oui ils se sont lancés dans une bataille juridique depuis 2016 pour interdire le passage de ce chemin de fer à l’intérieur du parc. C’est le plus ancien parc d’Afrique de l’est, créé en 1940 sur une étendue de 120 kilomètres carrés. Il réunit lions, girafes, rhinocéros, hippopotames et autres buffles et borde directement la capitale Nairobi, ce qui en fait un parc unique en son genre. Les animaux y viennent depuis la Tanzanie via un couloir de migration. Selon les activistes, ce tronçon de chemin de fer de six kilomètres menace directement leur survie. Ils avaient obtenu la suspension du chantier, en attendant une décision de justice sur le fond. Et malgré tout, le gouvernement vient tout de même de lancer le début des travaux.

Comment se justifie le pouvoir ?

Il se veut rassurant, en disant que cette portion de chemin de fer sera surélevée sur des piliers de 18 mètres de haut sous lesquels les animaux pourront circuler et que des déflecteurs, sorte de grands volets, atténueront les nuisances sonores. Le gouvernement s’appuie sur une étude de l’agence nationale de l’environnement qui minimise l’impact du chantier sur la faune du parc. Les activistes, eux, dénoncent un grand scandale de corruption et organisent régulièrement des manifestations pacifiques. Sans effet jusqu’ici.

En bref, une vidéo, devenue virale, est censurée sur le web chinois à cause d’un haussement de sourcils !

On y voit deux journalistes chinoises lors d’une conférence de presse au Palais du Peuple, hier. L’une, avec une veste rouge, pose une question interminable, tout sourire. Et l’autre, veste bleue, ne cache pas sa consternation. Elle grimace et lève les yeux au ciel. On comprend que la question obséquieuse de sa voisine l’exaspère. Une attitude hautement subversive ! Les médias ont été priés, en urgence, de retirer la vidéo de leurs sites, quand les réseaux sociaux saluent le courage politique de ces mimiques.