Chine : protestations contre les expulsions violentes

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En Chine, des protestataires dénoncent la campagne de destruction de logements lancée le mois dernier dans certains quartiers de Pékin.

Notre première destination est la Chine car hier à Pékin, certains ont pu voir des manifs dans certains quartiers, ce qui est évidemment très inhabituel !

Les médias officiels n'ont pas dit un mot de ces manifestations. Le slogan principal dénonçait "les expulsions violentes qui violent les droits humains". Les protestataires dénoncent la campagne de destruction de logements lancée le mois dernier dans certains quartiers de Pékin. Des quartiers périphériques, où les maisons ou petits immeubles de deux étages maximum, ont souvent été construits sans autorisation. C’est plutôt dégradé mais des milliers de "migrants de l’intérieur" vivent là ou y ont monté des petits commerces et des ateliers, les logements au cœur de Pékin étant totalement inabordables pour eux.

Ces "migrants de l’intérieur", qui sont-ils ?

Ce sont des Chinois des campagnes, venus chercher du travail. Certains tiennent des petits restaurants ou sont ouvriers. D’autres font des ménages ou sont coursiers par exemple. Ce sont les "travailleurs pauvres" de Pékin. On estime qu’ils sont environ huit millions.

Et pourquoi leurs logements sont-ils détruits ?

Officiellement, pour des raisons de sécurité. Il y a un peu moins d’un mois, 19 personnes dont 8 enfants ont péri dans l’incendie d’un de ces petits immeubles insalubres. Et ça a été le prétexte pour les autorités municipales, qui ont lancé cette campagne, officiellement de 40 jours, pour "sécuriser" les quartiers pauvres. En l’occurrence, ça se fait donc à coup de bulldozers ! Les habitants sont prévenus la veille dans le meilleur des cas, ils font leurs paquets et cherchent où aller, car bien entendu pas question de reloger ces gens-là. Des dizaines de milliers ont déjà été expulsés. Les images sont très impressionnantes : des quartiers entiers de la périphérie deviennent des champs de gravats. Les images d’exode aussi, de ces familles chargées de paquets, ont ému l’opinion publique. Pour beaucoup, il s’agit en fait de repousser les travailleurs pauvres pour atteindre l’objectif que s’est fixé la municipalité d’ici 2020 : faire de Pékin une ville plus verte, avec moins d’habitants, maximum 23 millions. Et dans ce plan-là, les plus faibles ne trouvent pas leur place.

Deuxième histoire, l’Arabie saoudite vient d’autoriser l’ouverture de cinémas ! Le ministère de la culture l’a annoncé officiellement ce matin ! Et c’est notre correspondante au Moyen-Orient, Ariane Lavrilleux, qui va nous en parler. Ariane était, il y a quelques jours encore, à Djeddah, la deuxième ville du royaume. L’autorisation du cinéma, c’est un nouveau changement qui montre que le régime, jusqu’alors très conservateur, est en train de s’ouvrir ?

En tout cas c’est une décision très symbolique puisque ça fait au moins 35 ans que les Saoudiens ne sont pas allés au cinéma ! Et c’est pas un changement évident parce qu’il y a encore un an, le grand mufti vouait aux gémonies les salles obscures. Il en parlait comme "des sources de dépravation". Aujourd’hui, on ne l’entend plus, le grand mufti. En revanche, cette décision vient s’ajouter à toute une série d’autorisations d’événements culturels inédits en Arabie saoudite. Ces derniers mois, il y a eu plusieurs concerts de chanteurs et chanteuses, des expositions de jeux vidéo, de super-héros occidentaux. Et maintenant la réouverture de cinés !

Vous évoquiez 35 ans d’interdit. Ça veut dire qu’avant, les Saoudiens pouvaient aller au cinéma ?

Bien sûr. Il y en a eu jusque dans les années 80, c’est-à-dire avant le grand tournant islamiste. En Arabie saoudite, le régime n’a pas été renversé mais il s’est durci sous la pression des extrémistes. Il a fermé tous les cinémas. J’en ai retrouvé un à Djeddah. Les projecteurs sont encore intacts, les boite des bobines sont toutes rouillées mais les pellicules semblaient encore utilisables. En tout cas le propriétaire ne s’en est jamais séparé en espérant pouvoir s’en servir à nouveau et il a eu raison !

Est-ce que certains avaient anticipé une réouverture des cinémas ?

Plus qu’anticipé ! A Djeddah, deux centres commerciaux viennent de s’agrandir et en ont profité pour inclure des multiplexes avec neuf salles chacun. Mais pour l’instant ces travaux étaient totalement incognito, aucune annonce. Et puis le passionné de vieilles bobines dont je vous parlais, il avait aussi dans ses bureaux un projecteur numérique tout neuf acheté récemment pour être le premier sur le marché quand l’interdiction serait levée. Tout le monde se préparait en secret !

En bref, avant de refermer le journal du monde. Les touristes qui se rendent dans les îles des Palaos, en Océanie, doivent désormais signer un pacte !

C’est le "serment des Palaos", cet archipel paradisiaque en Micronésie, dans le Pacifique Ouest. Ce serment on le tamponne sur votre passeport à votre arrivée. Il y est écrit : "Je vous fais le serment comme invité de protéger et préserver votre magnifique archipel. Je promets de marcher avec légèreté, de me comporter avec bienveillance et d'explorer avec discernement." Parce que les Palaos accueillent de plus en plus de touristes (150.000 l’an dernier !) et que certains ne savent pas se tenir : ils capturent des tortues de mer pour prendre des selfies, marchent sur les coraux ou abandonnent des déchets sur la plage. Voilà pourquoi le président a écrit le "serment des Palaos" avec les enfants de l’île.

Record battu, dimanche, du plus gros barbecue du monde !

C’est un pays qui compte trois fois plus de vaches que d’habitants qui détient ce nouveau record capital : l’Uruguay ! Il aura fallu quasiment 200 types avec des tabliers, plus d’une centaine de vaches et 60 tonnes de bois pour ce barbecue géant. Ils ont cuit 10 tonnes et 360 kilogrammes de bœuf et ont ainsi battu leur adversaire historique à ce petit jeu-là : le voisin argentin. Curieux concours…