Ayo Poligami, une application qui fait du bruit en Indonésie

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
Partagez sur :

Un homme a créé un site de rencontre en Indonésie, proposant une option pour les hommes mariés : celle d'avoir plusieurs femmes.

On commence notre périple par l'Indonésie avec une nouvelle application smartphone, relancée aujourd'hui, mais qui a déjà fait couler beaucoup d'encre là-bas. Il s'agit de Ayo Poligami.

Ce qui veut dire "En avant la polygamie" ! C’est comme un cri du cœur. Celui d’un trentenaire qui n’arrivait pas à trouver sa douce sur les sites de rencontres. Il a donc décidé de créer le sien, mais en y ajoutant une option pour les hommes mariés, histoire de se démarquer des concurrents : l’option deuxième femme, voire troisième ou quatrième.

La première version de l’appli a été lancée en avril dernier. Ça n'a pas si mal marché, elle revendiquait 56.000 utilisateurs. Mais le mois dernier Ayo Poligami a fermé car il y avait trop de comptes factices, de types pas sérieux. Et vous savez pourquoi le créateur a décidé de la rouvrir, avec des critères plus strictes ? "Quand j'ai vu que beaucoup de femmes ayant la quarantaine ou la cinquantaine étaient encore vierges et célibataires, j'ai décidé de garder l’application", a-t-il expliqué. Ah, l’altruisme !

C’est quoi des "critères plus stricts" ?

Le nouveau venu doit montrer patte blanche, envoyer une pièce d’identité et aussi un accord écrit de sa première épouse (ou de ses premières épouses). Eh oui, elle doit être d’accord. Alors à ça, les associations de défense des droits des femmes en Indonésie répondent que c’est très hypocrite, qu’il est difficile de refuser de signer un papier face aux pressions du mari et de la communauté.

L’Indonésie est le plus grand pays à majorité musulmane du monde. On peut imaginer que la polygamie y est répandue ?

Pas tant que ça ! La polygamie y est légale mais finalement peu commune et pas très bien vue. Même si 90% de la population est musulmane, l’Etat reconnait six religions officiellement. L’Indonésie, ce sont plus de 1.000 groupes ethniques, plus de 700 langues et des influences culturelles très diverses. La pays est réputé pour pratiquer un islam modéré. Cela dit, les observateurs de cette mosaïque notent que les conservatismes et même une certaine intolérance religieuse gagnent du terrain. On le voit avec les vêtements des femmes par exemple, de plus en plus couvertes. Exactement comme sur les petits dessins de l’appli Ayo Poligami, qui pousse le concept jusqu’à proposer une option pour les femmes qui chercheraient une deuxième épouse pour leur mari.

La deuxième histoire du jour nous amène en Belgique, et plus précisément en Flandres. Isabelle Ory, chez vous, une ONG provoque beaucoup de réactions avec sa campagne sur les réfugiés.  Cette campagne établit un parallèle entre la vie des hommes politiques et celles des migrants...

Eh oui, on peut se demander ce qu’ont en commun le ministre belge de l’Economie Kris Peeters et Mubeen Sharif, réfugié pakistanais en Belgique. Alors déjà, on dirait des cousins. C’est ce que nous montrent leurs deux photos juxtaposées dans un montage. Et en plus, nous apprend-on, ils ont tous les deux été contraints de déménager pour des raisons politiques ! Bien sûr le slogan joue sur le sens du mot politique. L’homme politique s’est parachuté de Puurs en Flandres vers Anvers pour devenir tête de liste de son parti aux élections. Et le réfugié politique lui a fui de Lahore à Anvers. C’est la grande ONG flamande 11.11.11, 6.0000 bénévoles tout de même, qui a réalisé ces photomontages. Ils circulent de façon virale via les réseaux sociaux depuis mardi.

Malin comme idée ! Et donc ça ne plaît pas aux politiques ?

Ça ne plait pas au plus grand parti flamand, la NVA. La NVA c’est le parti nationaliste. Et c’est l’une de ses dirigeantes qui, la première, a eu les honneurs d’un montage. Ils se sont sentis ciblés. Ce sont des membres de ce parti qui mettent en œuvre la politique belge en matière d’asile. Le ministre belge de l’Intérieur et son secrétaire d’Etat à l’asile Theo Francken sont NVA. Et ils sont inflexibles. Pas de camp comme Calais sur notre sol, répètent-il en boucle par exemple. Theo Francken est connu pour ses déclarations fracassantes. Il a carrément parlé de "nettoyer" un parc bruxellois occupé par des migrants.

Et est-ce que ça se traduit dans les faits ? La Belgique accueille peu de réfugiés ?

C’est le paradoxe, la Belgique accueille des réfugiés comme tous les pays européens. Un nombre record même en 2016. Mais en Flandres, le discours politique est extrême sur ce sujet, avant tout pour des questions de politiques politiciennes. La NVA veut montrer qu’elle est bien à droite. C’est une posture politique. Le discours peut vraiment sembler choquant pour un observateur extérieur. Et c’est pour ça que l’ONG a voulu frapper les esprits avec sa campagne. Une campagne qui ne sera pas déclinée en français parce que justement, le ton est bien plus modéré sur la scène politique francophone.

Deux infos en bref pour finir avec d’abord cette petite ville de Géorgie, aux Etats-Unis, qui voudrait bien attirer le futur siège d’Amazon…

Le conseil municipal de Stonecrest (20.000 habitants) a voté cette semaine. Pour attirer le second siège du géant du web, la ville est prête à offrir un terrain de 140 hectares. Cadeau ! Et de changer de nom, pour s’appeler Amazon. Ça c’est un argument qui pourrait plaire. En tout cas c’est ce que Stonecrest a trouvé pour essayer de faire la différence face à des villes comme New York ou Dallas. Décision au plus tard le 19 octobre.

Certains n’ont pas traîné pour sentir le bon filon, après l’annonce de l’autorisation de conduire pour les femmes en Arabie Saoudite…

Les femmes au volant, c’est un nouveau marché ! Par exemple pour Uber, qui a annoncé son intention de créer un centre de formation spécialement pour les femmes qui veulent devenir chauffeur. D’autant qu’elles représentent déjà 80% des utilisateurs des VTC. L’entreprise Ford, elle, a offert une voiture a une militante de 63 ans qui voyait enfin son rêve de se réaliser.