Au Brésil, les Noirs, inquiets, ont tourné un guide de survie pour échapper aux forces de l'ordre

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Dans une vidéo, trois jeunes Brésiliens noirs donnent, face caméra, des conseils de survie à leur communauté face aux forces de sécurité.

A Rio, la ville du carnaval, mais aussi des favelas, le président brésilien n'y a pas été par quatre chemins pour lutter contre l'insécurité. Il a décidé lundi soir d'envoyer l'armée quadriller la ville et cette mesure inquiète beaucoup la communauté noire de Rio. Ils craignent d'être les premières victimes car qui dit Noir à Rio dit cible des forces de l'ordre. La police brésilienne tue en moyenne huit personnes par jour dans le pays, selon les chiffres officiels, dont 80% sont noires.

Un guide de survie en vidéo. Pour éviter que des violences ne touchent leur communauté, trois jeunes Noirs de Rio ont tourné un petit guide de survie en vidéo, un film de 3 minutes qui connaît un succès retentissant, avec depuis lundi sur Facebook, plus de 2 millions de vues. L'un d'eux est un Youtubeur connu au Brésil, il s'appelle Spartakus Santiago. Tous les 3, face caméra, ils donnent des conseils pratiques pour ne pas se retrouver entre les mains de la police ou de l'armée.

"Malheureusement la nuit, pour les autres, tu n'es pas seulement noir mais tu es un bandit dangereux", dit l'un de ces jeunes dans la vidéo et le conseil le plus surprenant et le plus triste aussi sans doute, c'est : même s'il pleut, ne prends pas ton parapluie, "ça a l'air bête, mais vu de loin beaucoup de gens pensent qu'il s'agit d'une arme à feu".

Un acte politique de Temer ? Quant à savoir si l'intervention militaire est justifiée. La mégalopole s'interroge. Pour les détracteurs du président brésilien, c'est plutôt la dernière cartouche politique de Michel Temer. Car sa côte de popularité est au plus bas et c'est le seul moyen pour lui d'espérer se représenter. Son mandat expire le 31 décembre 2018, exactement à la même date que ce décret qui confie la sécurité de l'Etat de Rio à l'armée.

Sujet 1 Bresil - crédits capture ecran facebook

(Crédit : capture écran Facebook)

L'interdiction de la circoncision discutée en Islande inquiète l'Europe

L'Europe s'inquiète d'un projet loi à l'étude en ce moment devant le parlement islandais. Là-bas des députés discutent en ce moment de l'interdiction pure et simple de la circoncision lorsqu'elle est pratiquée pour des raisons religieuses. Le projet de loi islandais prévoit une peine de six ans de prison pour ceux qui la pratiquerait sans raison médicale. Le texte a été déposé par plusieurs partis islandais.

Protéger les droits de l'enfant. La population l’a bien accueillie parce qu’ officiellement il ne s’agit pas d’ostraciser les juifs et les musulmans, les deux communautés où la circoncision est la règle pour les nouveaux nés. Mais il s’agit avant tout de protéger les droits de l’enfant. Le texte décrit d’ailleurs la souffrance des nouveaux nés à qui on retire le prépuce, il parle d’état de choc, de tétanie dans certains cas.

Possible à la majorité. Précision, les députés ne veulent pas interdire totalement le geste, mais ils ne veulent pas que les parents l’imposent à leur bébé. D’accord pour la circoncision religieuse, mais quand l’enfant devient majeur, quand il peut choisir.  C’est en fait ce que recommande le Conseil de l’Europe depuis 2013.

Une grosse pression sur l'île. Les islandais sont très peu religieux. Sur l’île il y a entre 100 et 200 juifs et environ 1.500 musulmans pour 330.000 habitants. La contestation est donc minime. Elle vient plutôt du reste de l’Europe. D’abord du grand rabbin du Danemark. Ensuite, des imams, le congrès juif européen ont dénoncé une atteinte à la liberté religieuse. Même l’église catholique s’y est mise. La commission des évêques européens parle d’une mesure très grave. Les élus islandais subissent une pression internationale et ne s'y attendaient pas. Sur place les débats risquent de durer un moment. Car trancher entre les droits de l’enfant et la liberté de religion c’est délicat.

Deux infos en bref 

Crise entre le Koweit et les Philippines. Les Philippins quittent massivement le Koweït. Depuis quelques jours, plus de 1.700 Philippins sont partis, profitant du rapatriement gratuit mis en place par leur président Rodrigo Duterte, après le meurtre d'une domestique, Joanna Demafelis. Son corps a été retrouvé il y a quelques jours dans un congélateur au Koweït. Cette découverte macabre a créé un électrochoc sur les conditions de travail et les sévices que subissent des milliers de Philippins employés de maison dans les pays du Golfe, séquestrés, exploités ou affamés. Le président philippin a interdit à ses ressortissants de signer de nouveaux contrats au Koweït et il y a une vraie crise diplomatique entre les deux pays.

Encore un nouvel alphabet au Kazakhstan. Le Kazakhstan change d'alphabet et c'est la deuxième fois en moins d'un an. Il y a tout juste quatre mois, le pays avait abandonné l'alphabet cyrillique pour un alphabet latin "customisé" : 32 lettres, accompagnées de nombreuses apostrophes pour bien retranscrire la langue kazakhe. Mais les apostrophes compliquaient trop la lecture et l'écriture.Cela a même provoqué un tollé, au point que le président Nazarbayev a dû à nouveau changer de système d'alphabet. Il vient de publier un décret pour remplacer les apostrophes par des accents et il se laisse sept ans pour que cela entre dans les moeurs.

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(Crédit : AFP)