Algérie : les jeunes médecins en colère

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le monde dans votre radio est une chronique de l'émission Europe Soir
Partagez sur :

Les jeunes médecins ont manifesté dans les rues d'Alger, ce qui est interdit par la loi, pour réclamer la réforme de leur statut.

On prend d’abord la direction de l’Algérie, où la colère des jeunes médecins gronde. Ils ont même été jusqu’à manifester hier dans les rues d’Alger, ce qui est d’ailleurs interdit par la loi !

Absolument, c’est interdit dans la capitale depuis 2001, depuis qu’une manif en faveur de la Kabylie a mal tourné. Et donc la presse algérienne faisait ses gros titres, ce matin, de cette "démonstration de force", de ce "coup d’éclat", "l’interdit brisé"… Malgré les très nombreux policiers en uniforme et en civil qui essayaient de les empêcher, environ 1.000 médecins ont réussi à rester là, pas très loin de l’Assemblée, jusqu’au soir. Ils sont ce qu’on appelle en Algérie les "médecins résidents", l’équivalent de nos internes. Ça veut dire qu’ils ont terminé leurs étude de médecine à proprement parlé, mais qu’ils poursuivent une spécialisation. Or à la fin de leur spécialisation, tous ces "résidents" (ils sont 13.000) devront aller exercer entre un et quatre ans dans des zones parfois reculées, dans le sud et les Hauts-Plateaux. Et ça a un nom, le "service civil obligatoire".

C’est là leur principale revendication : la suppression de ce service civil ?

Oui ou au moins la réforme du statut de résident, et que le service civil ne soit plus obligatoire. Ces jeunes médecins font des études longues : sept ans plus quatre ou cinq ans de spécialisation (on est déjà à 11-12 ans), plus un an de service militaire obligatoire pour les garçons, contrairement à tous les autres Algériens, qui après 30 ans ne sont plus obligés de le faire. Et donc ils contestent notamment cette contrainte qui est de repartir à l’autre bout du pays pour travailler.

On imagine que l’Algérie est confrontée elle aussi au problème des déserts médicaux. Je me fais l’avocat du diable, il faut bien que certains médecins aillent dans ces régions moins peuplées…

Bien-sûr, et les médecins résidents en sont très conscients. Ce qu’ils contestent, c’est qu’ils sont utilisés comme un sparadrap sur ce problème des déserts médicaux. Ils demandent des moyens, et pourquoi pas des incitations financières pour aller exercer dans ces zones reculées dans de bonnes conditions. Parce qu’aujourd’hui, ils expliquent qu’un médecin spécialiste fraîchement diplômé est très seul, à la tête d’un établissement, sans matériel, sans plateau technique. Ils donnent l’exemple de ce jeune gynécologue affecté à un hôpital de la wilaya de Djelfa, dans les Hauts-Plateaux et qui a été condamné à de la prison ferme cet été suite à la mort d’un patient. Alors le ministre de la Santé a promis plus de moyens mais rien d’assez concret encore pour stopper ce mouvement des médecins résidents, toujours très déterminés.

On va aller en Thaïlande maintenant. Carol Isoux, chez vous, le scandale du moment, c’est l’arrestation d’un grand patron pour braconnage. En Thaïlande, c’est rarissime…

Oui, le dirigeant de l’une des plus grosses compagnies de BTP de Thaïlande, qui s’appelle Khun Premchai, a un hobby : la chasse aux espèces protégées. Il s’est donc rendu, avec son chauffeur et son cuisinier, dans l’une des réserves naturelles les plus célèbres du pays, d’ailleurs classée au patrimoine mondial de l’Unesco. Informés de la présence d’un groupe dans une zone interdite du parc, les gardes forestiers ont débarqué, de nuit. Et ils ont trouvé le grand patron dans une grotte avec, à ses côtés, la peau fraîchement prélevée d’une rarissime panthère noire et quelques faisans déjà plumés, qu’il s’apprêtait à déguster d’où, sans doute, la présence du cuisinier.

Ce qui est fort c’est qu’apparemment, il nie en bloc !

Oui, c’est sa stratégie, sans doute pense-t-il pouvoir échapper à des poursuites judiciaires grâce à sa fortune, ce qui ne serait pas une première ici en Thaïlande. Il a d’ailleurs essayé de proposer des pots-de-vin aux gardes forestiers mais peine perdue, il est tombé sur l’incorruptible Wichian, le jeune chef de la réserve, aujourd’hui élevé au rang de héros national par la presse.

Qu’est-ce qu’il risque ?

Officiellement, cinq ans de prison. Il y a fort à parier cependant que l’affaire va traîner comme la plupart des cas impliquant des millionnaires en Thaïlande, et qu’il ne sera finalement pas inquiété. Il a d’ailleurs déjà été libéré sous caution. Cela dit, les crimes contre la vie sauvage sont assez sensibles ici, notamment à cause du travail de lobbying de grandes organisations internationales comme le WWF, le PNUD, la branche de l’ONU spécialisée dans le développement, qui ont des budgets énormes et mettent la pression toute l’année au gouvernement thaïlandais sur ces questions. Finalement, on peut dire qu’ici, c’est plus facile d’étouffer le meurtre d’un être humain que celui d’une panthère noire.

En bref, une histoire (de) vache… qui finit bien !

Vous avez peut-être suivi la folle cavale d’Hermien, une vache des Pays-Bas devenue une star depuis qu’elle s’est fait la malle sur le chemin de l’abattoir. Cette Limousine de trois ans se planquait depuis deux mois, dans un bois ! Impossible de l’attraper. Son sort a touché le pays, une vague de sympathie a permis de récolter 50.000 euros ! Ça va lui faire une bonne retraite, à Hermien, puisque oui, ça y est, la vache en cavale est installée depuis hier dans le pré d’une maison de repos pour bovins.

Dans un tout autre registre, les déclarations du Cardinal de Lisbonne sur les catholiques remariés provoquent beaucoup de remous au Portugal…

Le plus haut représentant de l’Eglise portugaise évoque la possibilité, dans des circonstances exceptionnelles, de permettre aux divorcés remariés d’accéder aux sacrements (dont le sacrement du mariage). Et parmi ses conseils, celui-ci : "Une vie dans l’abstinence" pour ces couples remariés. La préconisation a provoqué une levée de boucliers dans la presse portugaise, qui parle de "péché d’inclémence et de manque de lucidité", de "chantage religieux", d'"extrême inhumanité". "C’est l’attitude la moins chrétienne qu’on ait vue dans l’histoire récente de l’Église portugaise", estime le rédacteur en chef du grand hebdomadaire Visao, lui-même catholique et divorcé.