Alerte aux États-Unis à caue d'une pénurie de... sapins !

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Europe Soir
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La production de sapin de Noël aurait chuté d’environ 30% depuis le début des années 2000, en raison de la crise de 2008 et des incendies. 

Notre première histoire est un avis de décès, ce soir. Un ancien soldat américain est mort lundi, il s’appelait Jenkins. Son nom ne vous dit sans doute rien, pourtant sa vie n’est pas banale.

Commençons par nous souvenir de l’épisode qui a chamboulé sa vie pour toujours. Nous sommes début 1965. Charles Jenkins est un jeune soldat américain affecté en Corée du Sud. Il a 24 ans et n’a qu’une trouille : être envoyé au Vietnam. Alors un soir de janvier, les quelques bières qu’il a bues l’aident à trouver la dose d’inconscience nécessaire, et pendant sa patrouille il passe au nord. Avec une simple boussole il franchit la DMZ, la zone démilitarisée qui porte très mal son nom puisqu’elle est truffée de mines et gardée de part et d’autre. Les soldats nord-coréens l’arrêtent, ça il l’avait prévu. Mais il pensait que Pyongyang le confierait aux Russes et qu’il retournerait aux Etats-Unis à la faveur d’un échange de prisonniers.

Naïveté de la jeunesse : au lieu de ça il a passé 40 ans en Corée du Nord !

Oui, d’abord retenu pendant 7 ans, obligé d’apprendre les enseignements du leader Kim Il-Sung avec 3 autres déserteurs américains. Puis Charles Jenkins vit surveillé mais à l’air libre : il fait des traductions, enseigne l’anglais. Dans ses mémoires, il raconte que c’était parfois très dur : parfois on le battait un jour aussi, par exemple, on lui a enlevé son tatouage de l’armée américaine, sans anesthésie. Et puis dans un genre plus loufoque, Jenkins a aussi fait l’acteur, il a tourné dans un grand nombre de films de propagande, toujours dans le même rôle : celui du vilain yankee.

Et pendant ces 40 ans, il a aussi fondé une famille !

Un peu improbable sur le papier puisqu’en 1980, on le force à épouser une jeune Japonaise, kidnappée 2 ans avant (pour enseigner sa langue aux espions nord-Coréens). Hitomi Soga, cette jeune femme, a 21 ans lui 40. Mais leurs destins de captifs les rapprochent : ouf, ils tombent amoureux et ont finalement 2 filles.

La belle histoire ne s’arrête pas là : en 2002, grâce à la diplomatie japonaise, Hitomi Soga peut rentrer au Japon ! Charles Jenkins, lui, hésite la désertion en temps de guerre est passible de la peine de mort. Il saute le pas en 2004, avec ses filles et écope finalement de 30 jours d’arrêt symboliques. Il vivait depuis au Japon, en famille. L’histoire ne dit pas si le couple avait gardé cette habitude prise à Pyongyang pour se souvenir qui ils étaient : chaque soir Jenkins disait à sa femme "Oyasumi", bonsoir et elle lui répondait "goodnight".

Deuxième histoire : alerte aux États-Unis ! Les Américains qui achètent leurs arbres de Noël les trouvent plus chers que d’habitude ! Car il y a pénurie ! Pénurie de sapins.

Ce qui est quand même un comble au pays où les décorations de Noël s’étalent dans les magasins dès le mois d’octobre !!! Alors que se passe-t-il ? C’est à Sonia Dridi qu’on pose la question. Sonia qui est à Washington, bonsoir.

Bonsoir à tous. Alors LA première responsable de cette pénurie, c’est la crise économique de 2008, il y a près de dix ans, les producteurs de l’arbre de Noël ont eu bien plus de mal que d’habitude à vendre leurs beaux sapins. Résultat, ils en ont planté moins les années suivantes et comme le temps de pousse est de 8 à 10 ans, eh bien les Américains en paient le prix aujourd’hui. La production de sapin de Noël aurait chuté d’environ 30% depuis le début des années 2000 ! Des incendies ravageurs expliquent également la baisse de la production.

Mais il y a une raison plus cocasse derrière cette pénurie, Sonia  c’est que certains producteurs changent de business : ils abandonnent le sapin pour l’herbe !

Exactement. Vous savez que le cannabis est une industrie en plein boom, notamment dans l’Oregon cet état de l’Ouest qui depuis 2 ans, a légalisé l’usage récréatif de la marijuana. Il est désormais légal de la faire pousser et à 15 dollars le gramme, la culture du cannabis serait plus rentable que l’arbre qui fait le bonheur des petits et grands. Il y a près de 700 cultivateurs de cannabis actuellement en Oregon, et près de 800 attendent leur licence. Selon le département de l’agriculture, le nombre de producteur de sapins dans l’Etat a chuté de 30% entre 2010 et 2015 !

Mais alors d’où viennent les arbres de Noël ?

Alors cette pénurie réjouit les voisins canadiens ! Chez eux les ventes de sapins ont bondi de 40% ces deux dernières années ! Et les Canadiens ont de beaux Noël devant eux puisque la pénurie chez l’Oncle Sam devrait durer jusqu’en 2025, selon les estimations.

Merci Sonia Dridi, vous étiez en ligne de Washington.

En bref. Les Japonais ont désigné "l’idéogramme de l’année 2017".

Chaque mois de décembre, ils votent pour le le "kanji", c’est-à-dire le caractère qui, dans l'écriture japonaise, incarne le mieux l'actualité de l'année qui s’achève. Cette fois c’est le signe qui représente le « Nord » qui a été choisi. Allusion aux menaces balistiques de Pyongyang. On se rappelle que tout récemment, deux missiles tests ont survolé le Japon. Jenkins aurait sans doute voté pareil, lui qui disait avoir toujours peur d’être assassiné par ses anciens geôliers. 

Au Royaume-Uni, une association produit une bière à partir d’invendus de pain !

Feedback, c’est le nom de cette association qui dans sa recette, a remplacé une partie du malt par des invendus de pain. Que les puristes se rassurent, ça n’est pas une hérésie, ils se sont inspirés de brasseurs bruxellois. Et le but, évidemment, c’est de lutter contre le gaspillage alimentaire : le pain est la denrée la plus gaspillée dans le pays. 44% de ce qui est produit finit à la poubelle ! C’est-à-dire 900.000 tonnes chaque année.