Afrique du Sud : le Cap bientôt en pénurie d’eau

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Le monde dans votre radio est une chronique de l'émission Europe Soir
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La sécheresse historique en Afrique australe cause d’importantes restrictions d’eau, à tel point que la ville du Cap, 4 millions d’habitants, va bientôt se confronter à une pénurie.

Le monde dans votre radio, chaque soir sur Europe 1 ce sont les chroniques du monde, avec Sophie Larmoyer, bonsoir.Ici on a l’œil sur les crues, là où vous nous emmenez c’est exactement l’inverse, Sophie. On part pour l’Afrique du Sud et Cape Town, où le niveau d’eau est si bas que les autorités affirment que le jour zéro arrive. Le jour zéro, bigre.

Le Jour Zéro, c’est le jour où il n’y aura plus d’eau qui coulera des robinets, plus d’eau courante. Le niveau des réserves, dans les barrages, baisse inexorablement et plus vite que prévu. Du coup la date couperet vient d’être avancée de 9 jours : planifiée désormais pour le 12 avril. Il faut comprendre que cette sécheresse est historique : elle a touché toute l’Afrique Australe depuis 3 ans, aggravée par le phénomène climatique El Nino, qui a notamment pour effet de déplacer les zones de précipitations vers l’Est, dans l’Océan Pacifique. Et donc, la région du Cap n’a pas eu de pluie et la-voilà à sec.

Quelles mesures ont été prises pour faire face à cette situation exceptionnelle ?

Des restrictions d’eau qui vont crescendo. Chaque habitant du Cap a droit actuellement à 87 litres par jour (à la fois pour boire mais aussi pour se laver, cuisiner, faire sa vaisselle sa lessive). Pour vous donner une idée : un Américain utilise, en moyenne, entre 300 et 380 litres par jour ! Et les restrictions, à Cape Town, se durcissent encore : la semaine prochaine, le 1er février, chacun aura droit à 50 litres d’eau, pas plus. Et il faudra tenir comme ça pendant au moins 5 mois.

Et quand le jour zéro arrivera, le 12 avril ou peut-être même avant ?

Les autorités ont commencé à creuser, la semaine dernière, pour essayer de pomper des eaux souterraine. Elles montent des projets de désalinisation de l’eau de mer. Examinent la possibilité de stocker de l’eau sur des bases militaires. Et puis un « plan d’urgence » doit être présenté, avec 200 point d’eau où la population viendra chercher ses 25 litres quotidiens par personne (donc encore moitié moins), quand les robinets seront asséchés. Mais de l’avis général, tout ça manque cruellement d’anticipation : 200 point d’eau seulement, pour une ville de 4 millions d’habitants, ça fait des milliers de personnes qui feront la queue à chaque point d’eau, ça risque d’être ingérable. Alors que la situation n’est pas nouvelle : la région a été déclarée « zone sinistrée » en mai 2017 ! Quant à la pluie, si elle arrive, ce ne sera pas avant 3 mois. Merci Sophie.

On va passer de l’eau au sable, avec une méthode radicale pour aider les enfants hyperactifs… Ça se passe chez vous en Allemagne Hélène Kohl bonsoir. Elle est mise en œuvre dans 200 écoles du pays : en quoi ça consiste, au juste ?

Et bien on fait porter aux enfants des vestes de sable ! Des gilets lestés, entre 1 et 3 kg pour les petits. Jusqu’à 6 kg pour les plus grands, à partir du CM2. L’idée est née à Hambourg – dans une école inclusive qui accueille beaucoup d’enfants malades, handicapés ou avec des troubles du comportement. Une des maitresses a remarqué que certains hyperactifs n’arrivaient à se concentrer que lors qu’un adulte était à leur côté, la main sur l’épaule.  Un petit garçon de CP était tellement agité, qu’il tombait de sa chaise plusieurs fois par jour.

Alors elle a proposé à sa mère d’essayer de lui faire porter ce gilet lesté. L’enfant raconte dans le journal local de Hambourg qu’il se sent recentré, il a moins besoin de penser sans cesse à contrôler ses mouvements donc il peut mieux écouter, il trouve aussi qu’il écrit mieux. Quant à un de ses copains, que les médecins voulaient mettre sous médicament, et bien grâce à la veste, il évite de prendre de la Ritaline, un médicament psychostimulant.

D’accord, pas de recours chimique, mais une veste qui fait un peu camisole.

C’est l’une des raisons de la polémique. Car il y a un risque que les enfants avec ce gilet soient stigmatisés. On entend déjà les « Tiens, voilà le taré avec ses sacs de sable ».

Autre grosse interrogation, naturellement, le poids de ces vestes sur des petits corps. Alors, l’institutrice explique que dans sa classe : les gilets ne sont pas réservés à tel ou tel, mais que chacun peut en faire usage en cas de besoin, par exemple après une grande émotion, ou dans un contexte général dans une classe agitée, pour pouvoir se concentrer ponctuellement. Mais jamais plus de 30 minutes ! Et toujours en concertation avec les parents.

Mais on parle d’écoles très attentives à ces sujets, bienveillantes. Ce n’est pas toujours le cas !

Non c’est vrai, il peut y avoir  la cruauté des copains de classe, la maladresse des enseignants, et même les parents n’ont pas toujours la bonne formation/les bonnes infos pour expliquer la démarche à l’enfant. Qui peut ressentir le port de cette veste comme une punition. C’est la raison pour laquelle le Land de Rhénanie, le plus peuplé d’Allemagne, vient d’ailleurs de décider d’interdire ces gilets. Merci Hélène Kohl, à Berlin.

En bref. En Inde, le ministre de l’éducation suggère que la théorie de l’évolution soit retirée des programmes scolaires !

Ce ministre, nationaliste hindou et ancien commissaire de police, affirme que « la théorie de Darwin est scientifiquement fausse ! », que «  personne n’a jamais vu un singe devenir un homme ! ». D’ailleurs 10 à 15 grands scientifiques du monde seraient d’accord avec lui. Evidemment ça provoque un tollé : plus de 2.000 scientifiques indiens ont signé une pétition jugeant ces remarques « simplistes, trompeuses et manquant de toute base scientifique.