Fusion Bouygues télécom et Orange : l'Etat ne veut pas d'un autre poids lourd

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Le journal de l'éco est une chronique de l'émission Europe soir
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Martin Bouygues veut "entre 10 et 15 % du capital" de l’entreprise commune née de la fusion de Bouygues télécom et d’Orange.

La Bourse nettement dans le rouge

-1,96% à 4.155. Le pessimisme, comme mardi, à cause du pétrole. L’Arabie Saoudite ne veut pas réduire sa production, il n’y a plus guère d’espoir à une remontée des cours, bien au contraire, puisque la bourse suit le pétrole.

La négociation du jour

Martin Bouygues veut "entre 10 et 15 % du capital" de l’entreprise commune née de la fusion de Bouygues télécom et d’Orange. L’État, actionnaire de référence d’Orange avec 23 % du capital, ne tient pas du tout à voir un autre poids lourd vouloir intervenir.

Le fait du jour : Peugeot redevient profitable et son exemple montre que la politique de compétitivité fonctionne.

PS et PSA. C’est une coïncidence mais le jour même où Martine Aubry lance un réquisitoire contre la politique de compétitivité François Hollande, PSA montre que cette politique marche. Peugeot Citroen était au bord du gouffre il y a deux ans, le groupe était trop petit, il manquait de compétitivité et la crise avait asséché ses finances. Il a dû appeler l’État au secours et aussi les Chinois de Dongfeng qui ont apporté chacun 800 millions d’euros. Parallèlement, Peugeot a fermé l’usine d’Aulnay-sous-Bois, a bloqué les salaires et supprimé 17.000 emplois sur 120.000. L'entreprise a signé avec quatre syndicats un accord de compétitivité baptisé "nouveau contrat social".

Aujourd’hui, PSA a pu annoncer de bons résultats.

Certes, Le groupe profite de regain du marché automobile en Europe et du prix du pétrole qui abaisse ses coûts. Mais au total, les efforts paient. Avec deux ans d’avance, PSA est revenue dans le vert, un bénéfice net de 1,2 milliard d’euros. Le premier bénéfice depuis 2010. Les actionnaires dont l’État vont être heureux, l’action PSA réalise même la meilleure performance du CAC en 2015 (+60 %). Les salariés français ne sont pas oubliés, ils vont recevoir chacun 2.000 euros de prime.

Cela montre que la politique de l’offre, n’est pas un chemin pavé de roses. L’investissement et l’emploi ne viennent pas aussitôt. Il faut du temps. Mais PSA est maintenant capable de reprendre le chemin du développement et c’est ce qui compte. Les critiques d'Aubry sur ce qu’elle appelle le "pacte avec le Medef", ne sont pas toutes fausses. Le CICE aurait dû être mieux ciblé pour que ce ne soit pas La Poste qui en profite le plus mais la stratégie de redonner de la santé financière aux entreprises est la bonne. En face, le retour aux vielles politiques d’accroissement sans fin des dépenses publiques, on sait depuis longtemps qu’elles ne donnent rien.