Crainte endémique sur le secteur bancaire

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Le journal de l'éco est une chronique de l'émission Europe soir
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La volatilité des places financières amplifie la crise du secteur bancaire : aux causes réelles se rajoute une angoisse irrationnelle. 

La Bourse poursuit sa chute

La place financière de Paris est un peu remontée en fin de séance mais on constate une diminution de -1,69 % à  3997 points. L’inquiétude aujourd’hui vient des banques.

Le chiffre du jour.

Les prix de l’immobilier ont augmenté cette année de 2,1% selon l’étude Xerfi. Les prix du bâti ancien augmenteront de 1,7 % en 2016. Ce dynamisme se diffusera aussi sur le marché du neuf. Les mises en chantier progresseront de 3,1% en 2016, puis de 5 % en 2017 une fois l’outil de production pleinement relancé.

Le fait du jour : la bourse en recul cette fois-ci à cause du secteur bancaire. Pourquoi cette inquiétude sur les banques ?

On a calculé que lors des périodes de correction boursières, les cours des actions des banques sont affectés doublement. Les banques sont impactées par leur métier : prêter de l’argent à l’économie réelle. Quand cette-dernière va bien, elles prêtent beaucoup, quand elle va mal, elles ne prêtent plus du tout. Les banques sont aussi touchées par des crises structurelles locales, en Grèce, au Portugal ou même dans tout le reste de l’Europe suite au rebond de l’euro par rapport au dollar : l’indice Stoxx Europe 600 Banks a perdu plus de -26% depuis le début de l’année,

BNP Paribas perd -3,5 % à la Bourse de Paris ce mardi et plus de -20 % depuis janvier. La Société Générale, elle, a perdu - 4,4% et un peu plus de -30 % depuis début Janvier. Crédit Agricole SA termine à -4,5%, soit -27 % sur cette période.

Mais les boursiers sont particulièrement inquiets au sujet des banques américaines. Pourquoi ?

D’abord à cause du pétrole à 33 dollars. A ce prix là, les puits de pétrole de schistes ne sont plus compétitifs, ils ferment et laissent des ardoises non soldées aux banques. Ensuite parce que les marchés ne croient plus à une remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis. La FED va s’arrêter là, estiment ils. Et si les taux restent bas, cela signifie que les banques vont moins gagner d’argent sur leurs prêts. Le marché s’est effondré aux US à cause de la filiale locale de la Deutsche Bank qui serait sous-capitalisée, à l’image des banques européennes dans leur ensemble. Cette crainte est peu étayée, mais si vous ajoutez aux causes rationnelles une cause irrationnelle, ce sera elle qui aura le plus d’impact. La vie est ainsi faite, la vie boursière encore plus.