Virée de l'INA, elle retrouve un poste au ministère de la Culture

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Agnès Sall fut suspendue de la direction de l'INA pour des frais de taxis mirobolants. Elle vient de retrouver un emploi ministériel. Scandale ?

Le fait média du jour, c’est Agnès Saal qui réintègre le ministère de la Culture. L’ancienne patronne de l’INA était suspendue de la fonction publique pour l’affaire de ses frais de taxis. Après 6 mois de retrait, elle retrouvera un poste au ministère, jeudi prochain. 

Jérôme Ivanichtchenko vous êtes notre expert média. 

D’abord, rappelez-nous cette "affaire Agnès Saal"...

Souvenez-vous, c’était en avril 2015 : un corbeau révélait les pratiques de la présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (l’INA). Il envoyait au Conseil d’administration les relevés de taxis d’Agnès Saal, des notes de frais pharaoniques pour un montant de plus de 40 000 euros, alors même qu’Agnès Saal disposait d’une voiture avec chauffeur…

Le tout, en moins d’un an. C’est dire si la mobilité n’était pas un vain mot pour la patronne de l’INA.Ces révélations avaient contraint Agnès Saal à démissionner. Par la suite, une enquête avait révélé que ces pratiques, Agnès Saal les avait déjà expérimentées lors de son passage à la direction du Centre Pompidou pour un montant de 24 000 euros cette fois. Des frais de taxis injustifiés qui ont eu des conséquences désastreuses sur la carrière d’Agnès Saal.  D’un point de vue judiciaire d’abord, avec deux condamnations pour un total de 13 000 euros d’amendes, 3 ans de prison avec sursis, et bien sûr le remboursement des frais de taxis. Mais plus encore, avec cette affaire, Agnès Saal est devenue le symbole de la déconnexion des élites avec le sens des réalités. Cette affaire éclatait dans un contexte déjà très sensible sur le sujet des dépenses publiques, elle intervenait au moment de l’affaire de la rénovation du bureau de Matthieu Gallet, le patron de Radio France. François Hollande avait donc décidé de marquer le coup. Par décret présidentiel, il avait exclu Agnès Saal de la fonction publique, en janvier dernier. Une suspension temporaire de la fonction publique de 2 ans, dont 6 mois ferme. 

On a appris hier qu’Agnès Saal allait retrouver un poste au ministère de la Culture… 

Jeudi prochain, elle va réintégrer les services du ministère auquel elle est rattachée. Elle a purgé ses 6 mois d’exclusion. Après avoir réglé ses affaires judiciaires, l’épisode de ses frais de taxis est donc désormais derrière elle.  Elle sera affectée au secrétariat général de la rue de Valois : elle va devenir chargée de mission sur le sujet de l’égalité professionnelle et de la diversité. "Une mission d’importance, cohérente avec les engagements antérieurs d’Agnès Saal" selon un commentaire du ministère de la Culture, où on parle d’un "retour à la normale." Jeudi prochain, Agnès Saal récupérera donc ses cartes de visites, son badge d’accès et sa carte de cantine, qu’elle rangera sans doute désormais avec ses tickets de métro. 

Ce retour au ministère, après une condamnation… C’est normal ? 

Normal ou pas, en tout cas, c’est ce que prévoit la mesure d’exclusion voulue par François Hollande. En janvier dernier, le président de la République avait suspendu Agnès Saal de la fonction publique pour une durée de 2 ans. Une sanction assortie d’un sursis de 18 mois. Nous sommes arrivés au terme de ces 6 mois de suspension ferme, et c’est donc "logiquement" qu’Agnès Saal est réintégrée aujourd’hui.  En revanche, on ne peut s’empêcher que dans le privé, de pareils excès se seraient sans doute soldés par un licenciement. Si Agnès Saal n’est pas blanchie, sa réintégration au ministère de la Culture prouve qu’il n’en va pas de même dans la fonction publique.