Un journaliste de "Quotidien" violenté en marge d'un déplacement de Marine Le Pen

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Cette altercation s'inscrit dans la continuité d'une histoire tumultueuse entre le FN et les équipes de Yann Barthès. Elle questionne aussi sur la possibilité d'exercer le métier de journaliste en 2017.

Un journaliste de "Quotidien"l’émission de Yann Barthès sur TMC, a été victime de violences physiques et expulsé manu militari après une question posée à la candidate du Front National. Un épisode qui ravive les tensions entre le FN et les journalistes.

La scène se déroule quelques heures plus tôt, dans l’après-midi, sur les coups de 14h30. Marine Le Pen est en visite au Salon des entrepreneurs, qui a lieu en ce moment à Paris. Elle est suivie par une meute de journalistes. Parmi eux une équipe de Quotidien qui tente d'approcher la candidate du Front National pour l'interroger sur l'emploi présumé fictif de son garde du corps….

Même sans les images, on peut se rendre compte de la violence de cette séquence. Le journaliste Paul Larrouturou et son équipe de tournage, pourtant accrédités, sont évacués manu militari par deux membres du service de sécurité. Une altercation très vive, un échange de coups et d’insultes qui laissent pour le moins perplexe sur la possibilité d’exercer le métier de journaliste en 2017.

La question qui se pose ce matin, c’est de savoir qui a donné l’ordre de cette exfiltration musclée

Sur ce point, les versions divergent. La seule certitude, c’est que les deux vigiles qui expulsent les journalistes de Quotidien travaillent pour une société de sécurité privée , mandatée par le Salon des Entrepreneurs. En revanche, impossible de connaître précisément le donneur d’ordre.

Si on en croit certains membres du Front National, dont David Rachline, le parti n’a aucune responsabilité dans cette altercation : l’évacuation aurait été décidée par les organisateurs du salon et par eux seuls. Pour Florian Philippot, vice-président du FN, ce serait de l’intox de prétendre le contraire.

En revanche, du côté de Quotidien, on affirme que le signal a été donné par un membre de l’équipe chargée de la sécurité de Marine Le Pen. C’est parole contre parole.

En 2015, des coups de parapluie. Quoi qu’il en soit, c’est un épisode supplémentaire dans une histoire tumultueuse entre le FN et les équipes de Yann Barthès. Ça avait déjà commencé lorsqu’il officiait sur Canal+. Vous vous souvenez de cette scène surréaliste du député européen Bruno Gollnish qui avait attaqué à coups de parapluie une de ses équipes. C’était en 2015, en marge du rassemblement du 1er mai place de l’Opéra. Ce jour-là, le journaliste qui avait essuyé ces coups, c’était déjà Paul Larrouturou.

En septembre dernier, les journalistes de Quotidien étaient persona non grata lors d’un grand rassemblement populaire organisé à Fréjus. Pour les responsables du Front National, il y a les "journalistes qui informent" et les "militants qui déforment". Ceux de Quotidien font partie de la deuxième catégorie, au même titre que les journalistes de Médiapart. Cela justifie donc selon eux de les inscrire sur une liste noire et de leur refuser la moindre accréditation.

C’est d’ailleurs ce qui se produira une fois encore le week-end prochain, à Lyon lors de la convention du parti. Ce qui n’empêchera pas les journalistes de Quotidien de suivre l’événement, de près ou de loin…