Trump et les médias, le bras de fer continue

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Depuis sa prise de fonctions officielle, Donald Trump et son administration ont multiplié les charges contre les journalistes et les médias.

Il y a une semaine, Donald Trump devenait officiellement le 45ème président des États-Unis. On va s’intéresser à cette première semaine médiatique du nouveau locataire de la Maison Blanche.

Ça ne s'est pas vraiment arrangé. On se souvient que Donald Trump avait bâti sa campagne en se posant comme le candidat "anti système", "anti élites". Parmi elles, il avait fait des médias sa bête noire. Depuis sa prise de fonctions officielle vendredi dernier, il n’a pas changé d’avis. Loin de là, même. Dès le lendemain de sa prestation de serment, il affirmait que les journalistes étaient "les êtres humains les plus malhonnêtes de la planète", rien que ça.

Une ligne très virulente qui est relayée par les membres de son administration. J'en veux pour preuve cette interview accordée par Steve Bannon au New York Times cette semaine. Ce n'est pas n'importe qui Steve Bannon, il a été le directeur de campagne de Trump. Aujourd’hui, il est conseiller en stratégie du nouveau président. Mais surtout, c’est le fondateur de Breitbart, un site internet ultra-conservateur, souvent accusé de désinformation par ses détracteurs.

Pour Bannon, les médias, sans distinction, représentent la véritable opposition à Trump. Plus encore que les responsables démocrates. Les journalistes ont été des militants "pro Clinton" qui se retrouvent humiliés aujourd’hui par l’élection de son poulain. Ce bras de fer avec les médias avait commencé dès l’entrée en campagne de Donald Trump. Au vu de ces déclarations, on se dit qu’il devrait durer pendant tout son mandat.

Mais Donald Trump peut-il se passer totalement des médias pendant 4 ans ?

En tout cas, il ne semble pas décidé à changer son fusil d’épaule. Dans un monde où la communication est une arme indispensable, il a donc inventé une stratégie alternative, qui repose sur deux fondamentaux. Le premier, c’est Twitter, où il est suivi par plus de 22 millions d’abonnés. Pendant la campagne, Donald Trump s’était servi du réseau social pour s’adresser aux masses, sans filtre, et de manière parfois totalement incontrôlée.

Une habitude qu’il n’a pas perdue : dernier exemple en date, ce tweet adressé au président mexicain de manière très sèche. Trump lui conseille de rester chez lui s’il ne veut pas contribuer au financement du mur qu’il veut construire entre les deux pays. Résultat, ça n’a pas loupé : le président mexicain a annulé sa visite à Washington la semaine prochaine. Cette méthode très frontale, les experts en communication l’ont baptisé "la diplomatie du tweet", un mode de gouvernance où tout devient public.

L’autre pilier de cette stratégie, c’est les "alternative facts". A la Maison-Blanche, on considère que les médias mentent, et qu’il faut donc rétablir la vérité de manière brutale, sans argumentation, simplement en martelant une suite d'affirmations non vérifiées. C’est ce qui s’est produit tout au long de la semaine au sujet de l’investiture de Donald Trump. Une cérémonie qui n’a pas déplacé les foules, mais que la Maison-Blanche qualifie au contraire de gigantesque succès populaire, qui n’a jamais attiré autant de monde auparavant.

Pour contrer cette stratégie de la "contre-vérité", le très sérieux Washington Post a décidé de sortir un peu des clous. Il a publié sur son site internet un récit de l'investiture, à la sauce Donald Trump. Je vous en cite un extrait : "les gens ne pouvaient pas croire qu'un être aussi parfait que Donald Trump puisse exister. Ils croyaient qu'il n'était qu'un mythe, une légende, une série d'inventions. Mais ils le virent, et leurs doutes disparurent." Un ton emphatique, ironique, qui constitue sans doute le meilleur moyen de dénoncer l’intox de l’administration Trump.