"TPMP" devant le CSA

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
Partagez sur :

Les sages de l'audiovisuel doivent statuer sur la sanction que doit subir TPMP après le scandale du canular jugé homophobe.

Alors Caroline, c’est une matinée qui s’annonce cruciale au CSA?

C’est même la journée de l’année. La tension sera aussi grande que dans une séries télé. Le lieu ? Le 39-43 quai André Citroën. Certains diraient la tour infernale. Au 17e étage, une vaste salle. Au milieu une immense table rectangulaire immaculée.  La vue panoranique mérite un travelling. On domine la Seine et Paris et les sièges de Radio France, France Télévisions, TF1. Mais aujourd’hui, c’est de Canal+ dont il s’agit. Et du canular jugé homophobe diffusé sur C8 le jeudi 18 mai après 23h. Il a donné lieu à plus de 40.000 signalements de téléspectateurs. La convocation est à 11h. L’affaire doit durer une heure, le temps d’un épisode de série.

Qui y est convié ?

Les acteurs en présence? Les responsables de Canal +  dont Gérarld Brice Viret, le DG des antennes Franck Appieto, le DG de D8 et l’avocat du groupe Canal + maître Glaser.

Ils feront face aux 7 sages, installés derrière la table immaculée. Dont Olivier Schrameck, le président, et les journalistes Memona Hinterman et Sylvie Pierre Brossolette.Sur leur droite se tiendra Régis Fraisse.  C’est le rapporteur indépendant chargé d’instruire la procédure de sanction. L’action se déroulera en trois actes.

Alors, l’acte 1 ?

Régis Fraisse fait une synthèse de son rapport et propose une sanction.Des éléments que tous ont déjà depuis quelques jours. Et classés top secret. Selon nos informations, il préconiserait la suspension de l’émission Touche pas à mon poste pendant quelques jours.

L’acte 2 ?

Le groupe Canal + se défend. Un avant-gout a filtré. Hier, Yannick Bolloré, le PDG de l’agence Havas, fils aîné de Vincent Bolloré (patron de Vivendi et donc de Canal+) et ami intime de Cyril Hanouna a habilement proposé à l’Association des journalistes Médias d’être son invité. Je le cite : "Si ce passage a heurté des gens, c’est triste. J’ai dit à Cyril Hanouna qu'en tant qu'icône moderne, il avait des responsabilités nouvelles. C’est bien de s’être excusé. A sa place, j'aurais fait une pause. Je lui ai dit d'ailleurs. Cela aurait permis de calmer les esprits" Avant d’ajouter "Cyril Hanouna est tout le contraire d’un homophobe". Et de poursuivre : "Ça a été horrible à gérer. On a été les premiers à appeler les annonceurs pour leur dire de se retirer de l’émission, pour ne pas que la polémique leur retombe dessus". Il a fait un mea culpa, largement repris dans les média.

Et Cyril Hanouna s’est exprimé ?

Hier aussi sur son compte Twitter. Il a posté une photo avec Mathieu Delormeau, absent de TPMP depuis le canular. "petit dej avec mon @Mdelormeau ce matin! Que du kif et seul nous on sait!"

Et l’acte 3 ?

Les 7 membres du CSA posent leurs questions aux intervenants. L’avocat du groupe Canal +conclura surement en résumant la position de son client.

Et l’épilogue ?

Dans une semaine, comme dans les séries télé. On connaîtra la décision du CSA. Il est souverain pour prendre ou non une sanction. Elle peut être financière. Le CSA a privé en juin TPMP de publicité pendant 3 semaines. Elle peut aussi être liée à la diffusion de l’émission. Elle sera rédigée par la direction juridique du CSA. Et seul le Conseil d’Etat, s’il est saisi, pourra l’invalider.