"Touche pas à mon poste" à nouveau dans le viseur du CSA

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L'émission de C8 est visée par une nouvelle procédure du CSA qui l'accuse encore d'avoir véhiculé des préjugés sexistes.

L’info média qui fait la une ce matin, c'est le CSA qui ouvre une nouvelle procédure de sanction à l'encontre de Touche pas à mon poste. C'est la seconde fois en moins d'un mois que l’émission de Cyril Hanouna sur C8 fait l’objet d’une telle décision.

Entrejambe. Selon l’autorité de régulation, l’émission véhiculerait des préjugés sexistes et même une image dégradante de la femme. Le CSA s’appuie sur une séquence en particulier, un petit jeu auquel se prêtait Cyril Hanouna avec une de ses chroniqueuses, Capucine Anav, lui faisant toucher son entrejambe alors qu’elle avait les yeux fermés.

Nombreuses réactions de téléspectateurs. Cette séquence n’avait pas été diffusée en direct, elle se déroulait lors d’une coupure pub, mais elle avait été montrée à l’antenne quelques jours plus tard dans une chronique de Jean-Luc Lemoine qui revenait sur les coulisses de l’émission. Une image qui a provoqué de nombreuses réactions de la part des téléspectateurs.

Ce n'est pas une première. Le problème pour Cyril Hanouna, c'est que ce motif du "préjugé sexiste" a déjà été invoqué une première fois par le CSA. A la suite à l’émission-marathon "Les 35 heures de Baba", Jean-Michel Maire avait embrassé le décolleté d’une jeune femme sans son consentement. Certains parlaient à l’époque d’agression sexuelle. Suite à cela, "Touche pas à mon poste" avait alors écopé d’une mise en demeure, un avertissement sérieux. Cela signifiait qu’en cas de récidive, l’autorité de régulation pourrait réclamer l’ouverture d’une procédure plus grave, et engager des sanctions. Vendredi matin, avec cette séquence impliquant Capucine Anav, le CSA a estimé que c'était bien un cas de récidive.

Une autre alerte avec Matthieu Delormeau. Les charges s’accumulent contre l’émission de Cyril Hanouna. Il y a tout juste un mois, une première procédure de sanction était engagée contre Touche pas à mon poste. Elle était la conséquence d’une caméra cachée diffusée dans l’émission La grande rassrah ou Matthieu Delormeau se retrouvait au centre d’une mise en scène macabre, accusé "pour rire" du meurtre d’un homme. Le CSA avait vu dans cette séquence un "manquement à l’obligation de respect de la personne humaine".

L’affaire est actuellement entre les mains du rapporteur indépendant, membre du Conseil d'Etat, qui a pour mission d'instruire le dossier et devrait rendre son verdict dans les semaines à venir. En moins d’un mois, il voit arriver une deuxième affaire sur son bureau : du jamais vu !

Le CSA hausse le ton. Ce qu'il faut retenir ce matin, c'est le caractère exceptionnel de cette nouvelle décision. On avait parfois tendance à moquer le CSA pour son immobilisme, pour sa passivité, on le disait un peu long à la détente. Au point de s’interroger parfois sur son utilité. Avec l’ouverture de cette nouvelle procédure de sanction, le CSA prouve qu’il peut hausser le ton.

Quelle sanction ? Une fois que le rapporteur indépendant rendra son analyse, ce sera aux conseillers du CSA de décider de la sanction la plus appropriée. Cela peut être la lecture d’un message à l’antenne, ça peut être aussi un changement de signalétique comme une interdiction aux moins de 12 ans par exemple, qui provoquerait le glissement de l’émission en 2e partie de soirée.

Le CSA pourrait aussi décider d’attaquer C8 au portefeuille. Jeudi soir, Le Figaro s'essayait à un drôle de calcul et estimait à 320 millions d’euros le montant de l’amende encourue par la chaîne. Selon des sources proches du dossier, cette estimation est probablement très exagérée. Elle s'appuie sur le chiffre d'affaires du groupe Vivendi, la maison-mère du groupe Canal, et non sur celui de C8, qui est considéré comme le véritable éditeur de l’émission de Cyril Hanouna.

Alors certains parleront d'acharnement, de polémiques artificielles alimentées par des médias en quête de buzz, par des tentatives d’intimidation mais la réalité est un peu différente : ce sont les téléspectateurs qui alertent le CSA sur ce qu'ils considèrent comme des situations problématiques.

Record. Rien que pour l’année 2016, l'émission a fait l'objet de plus de 6700 signalements, un (triste) record pour une seule et même émission.