TF1 en grande difficulté sur l'année 2016

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Face aux mauvais résultats financiers enregistrés sur l'année 2016, le groupe TF1 est dans l'obligation de trouver des solutions rapidement.

Hier, le groupe TF1 dévoilait ses résultats pour l’année 2016 et on peut dire qu’il y a du pain sur la planche pour la Une.

Du côté du groupe Bouygues, on a l’habitude de sortir le casque de chantier. Désormais, c’est aussi vrai pour sa filiale télé, TF1, et pour Gilles Pélisson, le patron du groupe. Il présentait hier les résultats de l'année 2016. Une année marquée par un net repli : TF1 a enregistré un bénéfice de 44 millions d’euros. 44 millions d’euros "seulement" pourrait-on dire. C’est moitié moins qu’en 2015 et surtout c’est historiquement bas : il faut remonter à 1990 soit il y a près de 30 ans, pour trouver un niveau aussi faible. En clair, ça signifie que le groupe TF1 reste rentable, mais qu’il l’est de moins en moins.

Ça s’explique par des recettes publicitaires qui dégringolent, entraînées par les audiences très décevantes de la Une. Le navire amiral du groupe n’est plus ce qu’il était. La chaîne dévisse depuis plusieurs mois avec des séries américaines à bout de souffle, un access qui ne progresse plus et un leadership en prime time régulièrement contesté par la concurrence.

Alors, dans ce tableau préoccupant, il y a tout de même quelques raisons d’espérer. C’est le paradoxe dans lequel se trouve le groupe aujourd’hui. Si la part d’audience de la seule TF1 se casse la figure, celle de l’ensemble des chaînes du groupe est en hausse : en ajoutant TMC, NT1, HD1 et LCI elle a gagné quasiment un point par rapport à janvier 2016.

C’est d’ailleurs le premier axe de réflexion de Gilles Pélisson pour relancer le groupe.

Oui, en changeant de recette. Il veut sortir d’une logique de volume qui reposait exclusivement sur le "rouleau-compresseur TF1", pour s’ouvrir à une stratégie transversale, "multi chaînes". Ça passe par une identité encore plus claire pour chacune des antennes qui composent le groupe. TMC et LCI veulent s'adresser aux CSP+, HD1, se tournera plus encore vers les ménagères, quand NT1 parlera à un public plus jeune. Le pari, c’est qu’avec une offre encore plus claire / avec des cibles encore mieux définies, le groupe pourra faire remonter ses performances publicitaires.

L’autre pilier de ce grand plan de relance c’est la programmation. TF1 va continuer de miser sur ses marques fortes, dès demain avec le lancement d’une nouvelle saison de The Voice, avec le retour annoncé de Koh-Lanta dans les semaines à venir et avec une suite annoncée hier pour la fiction La vengeance aux yeux clairs avec Laetitia Milot.

Elle va aussi s’appuyer sur sa filiale de production, Newen, achetée l’année dernière, pour créer un nouveau feuilleton quotidien, une saga qui sera diffusée l’été prochain en access prime time, qui s’appellera Demain nous appartient.

L’objectif c’est de réduire les coûts en produisant en interne, en adoptant aussi des mesures d'économies, en devenant beaucoup plus raisonnable sur l’acquisition de droits sportifs, par exemple. L’objectif, c’est d’économiser 25 millions d’euros par an.

Il est là le credo de la direction du groupe TF1 : avant d’essayer de gagner plus, il faut d’abord songer à perdre moins.