Stéphane Guillon réagit à son éviction du groupe Canal+

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Pour l'humoriste c'est sa liberté de ton qui est la cause de son éviction. 

Place au décryptage média de notre expert, Jérôme Ivanichtchenko. En début de semaine, on apprenait que Stéphane Guillon était débarqué de "Salut les terriens !". Dans un message posté sur Facebook, l’humoriste a décidé de mettre les points sur les "i"


Oui, il met les points sur les "i", il met les barres sur les "t" et il livre sa version des faits. Là où C8 évoque un renouvellement des visages, Stéphane Guillon voit plutôt une sanction, une forme de représailles. Pour lui, la seule responsable de son éviction, c’est sa liberté de ton. Elle est même "le cœur du problème" selon lui. Si Stéphane Guillon n’utilise pas le mot "censure" dans son message, on sent bien qu’il y pense très fort.

Cette liberté de ton que lui a toujours accordée Thierry Ardisson, c’est elle qui l’a fragilisé au point d’en faire aujourd’hui la cible de son employeur, Vincent Bolloré. Un employeur qu’il n’a pas ménagé ces derniers mois. Il a critiqué ouvertement ses choix stratégiques et la manière dont il imposait sa patte sur le groupe Canal Plus, notamment pendant la grève des salariés d’I-Télé.

Et Stéphane Guillon de s’interroger : "peut-on rire de tout et de tout le monde et s’arrêter quand cela touche aux intérêts du groupe qui vous emploie ?" Pour lui, il n’en était pas question. Il en allait tout simplement de sa crédibilité.

Cette liberté de ton qu’il chérit tant, Stéphane Guillon n’aura pas le loisir d’en user lors de sa chronique, samedi prochain, dans le dernier numéro de la saison de "Salut les Terriens !". Pour une raison très simple : l’émission a été enregistrée jeudi dernier, il y a tout juste une semaine. Ce jour-là, il ignorait encore qu’il serait débarqué.

 

Au-delà du fond, il critique aussi la méthode employée

 

Il raconte la manière dont il a été prévenu de ce départ forcé. C’est un journaliste qui l’a appelé, lundi matin, pour lui demander une réaction à son licenciement. Evidemment, il n’était pas au courant. Stéphane Guillon le regrette amèrement. Il rappelle qu’il collabore avec le groupe Canal depuis 2003. S’il n’attendait pas "un pot de départ", ce sont ses mots, il aurait tout de même apprécié un coup de fil ou même un texto. Il n’a reçu ni l’un ni l’autre.

Dans son message, il s’amuse enfin de la décision de C8 de diffuser son nouveau spectacle à la rentrée prochaine. Non sans ironie, il explique qu’il est prêt à racheter les droits à la chaîne pour qu’elle ne se sente pas obligée de lui témoigner une quelconque marque d’amour.

Dans cette lettre ouverte publiée sur Facebook, Stéphane Guillon donne un peu le sentiment de se "victimiser". Une fois de plus pourrait-on dire.

Pour l’humoriste, les mêmes causes produisent les mêmes effets. On se souvient qu’en 2010, il était débarqué de France Inter après avoir critiqué ouvertement Jean-Luc Hees, patron de Radio France à l’époque. Sept ans plus tard, c’est Vincent Bolloré qui le débarque pour des raisons similaires.

Ménager la chèvre et le chou, Stéphane Guillon ne sait pas faire. Son public adore. Ses employeurs, eux, ont un peu plus de mal à accepter.