Salon de l'agriculture : l'épreuve obligatoire des candidats à la présidentielle

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Le Salon de l'agriculture est le rendez-vous incontournable des candidats à la présidentielle même s'il peut parfois être "dangereux" pour leur campagne.

Europe 1 est au Salon de l’agriculture, mais nous ne sommes pas les seuls ! Sur leur agenda, les candidats à la présidentielle ont coché depuis longtemps cet événement médiatique.

Le Salon de l’agriculture, c’est véritablement un passage obligé pour les personnalités politiques, une étape incontournable. Et on le constate encore cette année, présidentielle oblige. Benoît Hamon s’est rendu Porte de Versailles lundi. Hier, c’était Marine Le Pen. Aujourd'hui, c’est au tour d’Emmanuel Macron. François Fillon était attendu à huit heures, mais il a annulé sa visite à la dernière minute, promettant tout de même qu’un nouveau rendez-vous avec les agriculteurs sera pris ultérieurement.

Pour les politiques, cette visite est essentielle. Elle permet d’abord de signifier qu’ils prennent en compte les considérations et les inquiétudes du monde agricole. Les sujets sont nombreux cette année : on pense à la grippe aviaire ou à la crise des cours du lait.

Mais c’est aussi l’occasion rêvée de montrer sa proximité avec les valeurs de la terre, de montrer son ancrage dans le terroir. C'est absolument majeur en termes d’image ! Et en plus ça ne coûte pas bien cher, tout juste un ticket de métro.

Il n’y en a qu’un qui manquera à l’appel parmi les principaux candidats : c’est Jean-Luc Mélenchon, qui ne veut pas faire comme les autres. Mais attention, pas question pour lui de signifier un quelconque mépris à l’égard du monde paysan : il a fait les choses à sa façon : lundi, il a rendu visite à un agriculteur bio, dans l’Oise.

Mais cette visite traditionnelle au salon de l’agriculture reste tout de même un exercice à haut risque.

On se souvient de la visite très mouvementée de François Hollande l’an dernier. Le chef de l’État avait été pris à partie par des agriculteurs en colère.

Mais d’autres risques planent. Pour les politiques, il faut aussi savoir se méfier des journalistes prêts à capter la moindre petite phrase. Des journalistes, il y en a beaucoup au Salon de l'agriculture, ils sont près de 2000 à être accrédités cette année. À titre de comparaison, c’est autant que pour le Tour de France.

Et dimanche, c’est Ségolène Royal qui est tombée dans ce piège. Interpellée par des militants anti huile de palme, elle a répliqué avec un "ils ne vont pas nous emmerder ceux-là". Manque de chance pour elle, la séquence a été enregistrée et elle est un peu restée en travers de la gorge des principaux intéressés.

D’autres avant elle s’y sont fait prendre. Rappelez-vous du fameux "Casse-toi pov'con" de Nicolas Sarkozy en 2008.

Parfois, ce sont les dégustations qui tournent mal. En 2015, Le Petit journal de Yann Barthès filmait Manuel Valls un peu éméché après plusieurs passages sur des stands de viticulteurs. Il faut reconnaître que tout le monde n’a pas la résistance du champion toute catégorie en la matière : Jacques Chirac.

Malgré ces dangers, les candidats en campagne persistent tout de même à montrer qu'ils aiment la campagne. Mais pas de méprise : ce n'est pas seulement une considération bucolique. Le monde paysan pèse aussi très lourd dans les urnes : il représente environ 10% du corps électoral !