Qui sont les animateurs télé les moins rentables ?

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Le magazine Capital a publié le classement des animateurs télé les plus et les moins rentables par rapport au coût de leur émission.

Le fait média du jour, c’est ce classement publié par le magazine Capital dans son numéro de février : le classement des animateurs télé les plus rentables. Un palmarès qui permet de savoir quel présentateur coûte trop cher à sa chaîne et qui est franchement une bonne affaire.

D'abord, quelques mots sur la manière dont est construit ce classement.

C'est un calcul assez laborieux mais assez évident finalement, plein de bon sens. Il suffit d'un peu de patience, de quelques sources bien informées et surtout d'une bonne calculette. Là-dessus, ils ont ce qu’il faut au magazine Capital. Vous prenez donc ce que coûte dans sa totalité tel ou tel programme à la chaîne qui le diffuse. C’est le coût de production, le salaire de l’animateur, mais pas seulement, c’est l’ensemble des dépenses liées nécessaires à fabriquer une émission. Ce chiffre, vous le divisez ensuite par le nombre de téléspectateurs. Puis vous appliquez ensuite une petite règle de trois pour obtenir un chiffre qui représente une heure de programme. Vous multipliez par 1.000, histoire d’obtenir des sommes plus faciles à comparer. Ça nous donne une évaluation très fiable du "rapport qualité/prix" d’une émission et donc, par conséquence, de l’animateur qui la porte à l’antenne.

Ça c’est pour la méthode, mais qui coûte trop cher à sa chaîne ?

C’est vrai que c’est un peu plus amusant de prendre ce classement à l’envers, de commencer par la fin. Dans le top 5 des animateurs les moins rentable du PAF :
- Maïtena Biraben, aux manettes du Grand journal de Canal+ depuis la rentrée. Son coût horaire est de 119 euros, pour 1.000 téléspectateurs avec en moyenne 621.000 téléspectateurs pour une émission qui coûte 95.000 euros.
- Laurence Ferrari est 4e avec Le Grand 8 sur D8 et un coût de 155 euros par heure avec une moyenne de 136.000 téléspectateurs pour une émission qui coûte 27.000 euros.
- Le groupe Canal est décidément très représenté dans ce classement puisqu’à la 3e place on trouve Ali Baddou avec Le supplément dont le coût horaire est de 201 euros avec une moyenne de 603.000 téléspectateurs pour une émission qui coûte 190.000 euros.
- Les chiffres grimpent. On retrouve en 2e position Evelyne Thomas dont C’est mon choix coûte 402 euros par heure à Chérie 25 avec une moyenne de 97.000 téléspectateurs pour une émission qui coûte 37.000 euros.
- Et enfin, à la première marche du podium pour Valérie Damidot  pour son émission Le Labo de Damidot, qui a été déprogrammée par NRJ 12. Selon Capital, avec un coût horaire de 483 euros, c’est elle qui décroche "la palme de l’animatrice qui coûte beaucoup trop d’argent à la chaîne qui l’emploie !" Avec une moyenne de 130.000 téléspectateurs pour une émission qui coûte 68.000 euros.

Jetons un œil maintenant vers ceux qui sont les plus rentables :

- Laurence Boccolini est 5e avec Money Drop qui coûte 34 euros de l’heure à TF1 avec une moyenne de 3,8 millions de téléspectateurs pour une émission qui coûte 90.000 euros.
- Viennent ensuite deux animateurs de France 2 : Patrick Sabatier avec Mot de passe et Laurent Ruquier pour On n’est pas couché qui coûtent respectivement 33 et 32 euros, Mot de passe avec une moyenne de 1,9 million de téléspectateurs pour une émission qui coûte 30.000 euros. ONPC avec une moyenne de 1,7 million de téléspectateurs pour une émission qui coûte 180.000 euros.
- Second du classement, Yves Calvi avec un coût horaire de 26 euros pour C dans l’air, sur France 5 avec une moyenne de 1,5 million de téléspectateurs pour une émission qui coûte 42.000 euros.
- Et l’animateur le plus rentable du PAF, c’est Cyril Hanouna avec Touche pas à mon poste. Pour une heure d’émission, D8 débourse seulement 25 euros pour 1.000 téléspectateurs avec une moyenne de 1,4 million de téléspectateurs pour une émission qui coûte 70.000 euros.

Quels sont les enseignements que l’on peut tirer d’un tel classement ?

La télévision ce n’est pas que du spectacle, c’est aussi et avant tout une industrie, une histoire de gros sous. Ce baromètre des animateurs les plus "bankables", les plus "rentables" donne des indications aux patrons de chaines qui peuvent se faire une petite idée de ce que la concurrence investit pour attirer de l’audience.

En revanche, il y a tout de même une limite à ce classement : il ne prend pas en compte les revenus publicitaires générés par les émissions passées au crible et par leurs animateurs. Par exemple, prenons le cas de Nagui, qui n’est que 7e de ce classement. En septembre dernier, Le Figaro enquêtait sur ce que l’animateur rapportait à France 2 avec N’oubliez pas les paroles : le chiffre donnait le tournis : pas moins de 200.000 euros par jour de recettes publicitaires. L’équivalent d’un tiers des recettes pub de la chaîne en semaine.

C’est aussi la preuve qu’il ne suffit pas de produire des émissions à moindre coût, mais qu’il faut aussi savoir faire rentrer des sous dans les caisses.