Présidentielle 2017 : les candidats omniprésents sur Internet

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Les candidats de la présidentielle comme Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont omniprésents sur Internet avec notamment la création d'une chaîne YouTube.

Ce matin, on se penche sur la communication des candidats à l’Élysée. Des candidats qui ont recours désormais à de nouvelles techniques pour diffuser leur message.

Hier, le quotidien Aujourd’hui en France passait au crible la campagne numérique de deux d’entre eux : Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Leur point commun : ils font une confiance toute relative vis-à-vis des médias traditionnels, et ils utilisent donc d’autres biais pour s’adresser à leurs bases, et notamment la communication numérique, sur internet et sur les réseaux sociaux.

Le pionnier de cette "communication directe", c’est Barack Obama, qui l’avait expérimenté dès sa première campagne, en 2008. En France, Mélenchon et Le Pen s’en inspirent très largement. 15 jours après son fameux meeting en hologramme, Jean-Luc Mélenchon diffusait hier une grande émission de cinq heures sur la plate-forme vidéo YouTube. De son côté, Marine Le Pen, relativement discrète dans les grandes émissions politiques jusqu’ici, abreuve quotidiennement ses abonnés Twitter : ils sont tout de même près d’1,3 million.

Les visites d’usines, les marchés, les grands réunions publiques, les débats télé. Les candidats ne pourront pas passer à côté pendant cette campagne. Mais aujourd’hui, ils ne peuvent pas non plus se passer de cette communication plus directe, plus frontale avec les électeurs. Des électeurs qui passent beaucoup de temps sur leur smartphone ou devant leur ordinateur, et surtout qui ne se bousculent pas pour assister ou des meetings. C’est donc un bon moyen de les toucher, là où ils sont.

Surtout, ça présente l'avantage de communiquer sans passer par les médias traditionnels, en s’affranchissant du regard critique et des "questions pièges".

C’est ce qu’a bien compris aussi François Fillon ?

Oui, empêtré dans le "Penelope-Gate", lancé dans une grande croisade contre le tribunal médiatique organisé selon lui par les journalistes, il utilise plus que jamais les réseaux sociaux. Hier, sur Twitter, il remerciait ses supporters pour leur soutien dans cette période défavorable.

Cette révolution dans la communication politique, elle ne se traduit pas seulement dans la forme, mais aussi dans le fond. Avec un exemple extrêmement intéressant : c’est celui d’Emmanuel Macron. L’ancien ministre de l’Économie est lui aussi très présent sur les réseaux sociaux, mais il a surtout adapté une technique, une réalité numérique, pour concevoir son programme.

Il s’est servi de ce qu’on appelle "le big data", les grands ensembles de données qui permettent de définir des tendances sur internet, qui permettent par exemple à Google de repérer les sujets qui intéressent les internautes, à un instant T.

Emmanuel Macron a envoyé une armée de militants pour parler avec des Français. Une grande opération de porte-à-porte pour prendre le pouls de la société, pour dessiner les contours des préoccupations des Français et donc pour adapter son discours. Sur le fond, ça fait dire à ses détracteurs qu’il s’agit d’un programme sans convictions, "à la demande", mais sur la forme, en revanche, c’est une déclinaison dans la vraie vie, de pratiques très répandues dans la sphère numérique.

Reste à savoir si ce transfert peut être payant dans les urnes. L'impact des réseaux sociaux n’est pas prouvé. On a beaucoup dit et écrit que Twitter ou Facebook avaient joué un rôle fondamental dans l’élection de Donald Trump. Ce n’est peut-être pas si vrai : ces dernières semaines, plusieurs études ont remis en cause cette théorie.

Les candidats à l’Élysée doivent garder à l’esprit qu’un clic n’est pas un bulletin de vote.