Pourquoi les jeux restent-ils une valeur sûre de la télévision ?

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Après l'annonce de l'arrivée du jeu de TF1, The Wall, c'est au tour de France 2 d'annoncer le lancement d'un nouveau jeu.

Ce matin, on se penche sur la grande tendance du moment : c’est le retour en force des jeux télé. Une tendance qu’on va voir émerger dans les prochains mois sur le carrefour stratégique de l’access prime-time.

Deux grandes chaînes y croient dur comme fer.

Ces grandes chaînes, ce sont TF1 et France 2. Elles ont pourtant essayé de s'en affranchir. L’été dernier, la Une avait tenté d'investir le terrain du talk, en testant 5 à 7 avec Arthur ou encore 19h live. L’idée, c’était de trouver une alternative à Money Drop et de se défaire d’une forme de dépendance. De son côté, depuis la rentrée, France 2 s'est essayé au magazine, avec Amanda ou Actuality.

Mais voilà, dans un cas comme dans l’autre, le succès n’a pas été au rendez-vous. Résultat les projets se développent tous azimuts et ils tournent tous autour du jeu.

TF1 est en train de porter la dernière touche à The Wall, très inspiré de l’épreuve mythique du Juste prix, le jeu du fakir. C’est un grand habitué qu’on retrouvera aux commandes : c’est Christophe Dechavanne. Télé Star annonçait hier que la chaîne avait d’ores et déjà signé pour 40 numéros du jeu, pour une arrivée à l’antenne dans le courant du mois de mars.

De son côté, France 2 croit plus que jamais dans les jeux. La chaîne enregistre plusieurs pilotes pour regonfler ses audiences en fin de journées. Olivier Minne dans un programme intitulé Five golden rings. Il y a aussi Who's asking : plusieurs animateurs vont être testés en fin de semaine sur ce programme qui n’est pas sans rappeler Face à la bande, où des candidats répondent à des questions envoyées par des téléspectateurs. On parle de Carole Rousseau, Bruno Guillon, Laurent Luyat, Benoît Chaigneau ou Willy Rovelli. Par ailleurs, France 2 n’aurait pas définitivement abandonné l’idée de relancer un jeu culte et réfléchirait encore à donner une nouvelle chance à Qui est qui ?.

Pourquoi les jeux ont autant le vent en poupe ?

D’abord parce qu’ils présentent un excellent rapport qualité/prix. Aujourd’hui, les jeux se fabriquent à la chaîne, ils sont enregistrés par salves. En une journée, on peut mettre en boîte une semaine de diffusion. Ça limite les coûts à une époque où l’argent est loin de couler à flot, c’est un avantage considérable.

Pour les chaînes, les jeux présentent aussi une double caractéristique très intéressante : ils peuvent fidéliser le public. On a pu le constater ces derniers mois avec l’incroyable parcours de Christian dans Les 12 coups de midi qui ont atteint de très hauts niveaux d’audiences, les téléspectateurs se passionnant pour ce candidat atypique.

Autre avantage : le jeu rassure. On le constate régulièrement, les chaînes misent sur des formats étrangers qui ont déjà fait leur preuve ailleurs qu’en France. The Wall, le projet de TF1, est un programme américain, diffusé sur NBC depuis le mois de décembre, qui rassemble près de sept millions de téléspectateurs. Who’s asking, celui de France 2, est un format israélien, en développement dans plusieurs pays à travers le monde. Ça a pour effet de conforter les patrons de chaînes dans leur choix et de limiter la prise de risque.

Attention tout de même : avec les jeux, on ne gagne pas forcément à tous les coups. Surtout lorsqu’on relance des formats existants. Souvenez-vous du fiasco de L’académie des 9 sur NRJ12, de celui d’Une famille en or, relancé à l’été 2015 sur TMC.

Attention aussi à l’embouteillage sur le créneau des fins de journées. À cette horaire, une chaine a fait des jeux sa spécialité : c'est France 3. C'est même devenu sa marque de fabrique avec un enchaînement étourdissant : Des chiffres et des lettres, Harry, Slam et Questions pour un champion.

Pas suffisant pour décourager TF1 et France 2 : le jeu en vaut toujours la chandelle.