Plus belle la vie est-elle une série de gauche ?

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Face aux sujets traités dans Plus belle la vie, il est reproché à la série de France 3 d'être "de gauche".

Le Parisien-Aujourd’hui en France s’interroge ce matin : la série Plus belle la vie est-elle politisée ? Des téléspectateurs et des universitaires estiment que les personnages et les sujets abordés dans le feuilleton véhiculent des idées de gauche.

Pour un fidèle téléspectateur de la série de France 3 interrogé dans cette enquête, la série vire carrément au "gauchisme". Il en veut pour preuve un grand nombre d’intrigues où les pauvres seraient exploités par la classe dominante. Pour lui, c’est même du "marxisme-léninisme pur et simple".

Un argumentaire validé d’abord par la typologie des personnages : les rôles "négatifs" sont bien souvent incarnés par des patrons, des chefs d’entreprises ou des gens riches. Validé aussi par les thèmes abordés dans la série. On le sait, la marque de fabrique de Plus belle la vie, c’est d’intégrer dans le scénario des sujets de société qui font débat, qui divisent l’opinion. Ces thèmes, ces dernières années, c’était le mariage pour tous, la consommation de cannabis, ou plus récemment la question de l’accueil des réfugiés ou celle des sans-papiers. En parler, même dans une œuvre de fiction, c’est les diffuser dans la société, c’est donc contribuer à les rendre plus populaires.

Comme on peut s’y attendre, cette constatation, la production la rejette en bloc. Selon elle, il n’y a pas d’orientation politique dans Plus belle la vie. Elle admet seulement défendre des valeurs de "respect", de "tolérance", et une vision "humaniste", "citoyenne" dans les intrigues du feuilleton. Des intrigues où le "vivre-ensemble" est un dénominateur commun. En revanche, la production l’assure, elle ne fait pas de prosélytisme : certains personnages sont plutôt conservateurs, comme Mirta ou Vincent Chaumette, d’autres sont encore un peu plus à droite, comme Laetitia ou Boher. À l’opposé, Thomas ou Blanche sont plutôt ancrés à gauche. Mais pour les scénaristes, pas question de les faire s’affronter dans un quelconque manichéisme.

Cette question de la politisation des séries, les Américains se la sont déjà posée.

Il y a quelques années, des chercheurs ont même établi un classement des séries en fonction des affinités politiques de leurs téléspectateurs.

On apprenait ainsi que les Républicains, à droite de l’échiquier politique, avaient plus d’appétence pour les séries classiques, familiales, les séries réconfortantes. On retrouvait dans leurs séries favorites Mentalist, The Big Bang Theory ou Desperate Housewives.

À l’opposé, les Démocrates étaient plus fidèles à Mad Men, Dexter ou Breaking bad qui ont la particularité de présenter des personnages plus complexes et des idées plus progressistes.

En revanche, en France, cette question de la politisation des séries, elle est assez inédite. Peut-être parce qu’on faisait jusqu’ici la différence entre l’impression laissée sur le public d’une série et l’intention de ses scénaristes.

S’interroger sur la couleur politique de Plus belle la vie, c’est déjà apporter un élément de réponse.

Mais si le feuilleton de France 3 est à gauche, il n’incite pas forcément ses téléspectateurs à prendre la parole. Ils sont trois fois plus nombreux à le regarder tous les soirs à la télévision qu’à s’être déplacés dimanche dernier pour le premier tour des Primaires citoyennes.