Petit journal : les critiques n'en finissent plus

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Quelques jours après l'article du Point sur le vrai visage de l'émission, le Petit journal de Canal+ a de nouveau été la cible de critiques de la part d'Alain Juppé dans l'émission Le Supplément.

Le fait média du jour, c’est les critiques qui pleuvent sur Le Petit Journal depuis plusieurs semaines. Ce week-end, c'est Alain Juppé qui est monté au créneau contre l’émission de Yann Barthès.

Des critiques formulées dans le Supplément d'Ali Baddou, hier midi, sur Canal+.

Ironie du sort, l’ancien Premier ministre et candidat à la primaire des Républicains a choisi une émission conçue par la même société de production que celle du Petit Journal, Bangumi, pour adresser son tacle contre l’émission de Yann Barthès.
Hier midi, Alain Juppé était l’invité du Supplément, exceptionnellement en direct. Face à Ali Baddou, il est revenu sur le comportement des journalistes qui traquent les personnalités politiques et dénaturent leurs propos.
Avec cette histoire de chemise, Alain Juppé fait référence à un reportage du Petit Journal diffusé début février. A cette époque, le candidat allait à la rencontre de ses jeunes militants, dans un bar de Montmartre.
Ambiance décontractée et pintes de bières pour Alain Juppé qui se présentait ce soir-là avec une très jolie chemise à carreaux, assez loin des costumes très stricts qu’il porte habituellement. Une chemise à carreaux qui avait attiré l’attention du reporter du Petit Journal qui avait remarqué qu’il y avait encore une étiquette sur le col. Un petit détail dont l’émission s’était longuement amusée, constatant que la chemise avait sans doute été achetée en urgence, pour faire plus "djeun’s".
Mais cet épisode, Alain Juppé l’a encore en travers de la gorge, pour lui, c’est regarder par le petit bout de la lorgnette, c’est oublier le message le plus important. Il a tenu à l’exprimer, une critique qui a dû aller droit au cœur du principal intéressé, puisque Yann Barthès était présent dans les coulisses du Supplément hier.

Il n’y a pas que les hommes politiques qui trouvent à redire sur les méthodes de l’émission.

Les médias eux-mêmes, dans un exercice parfois un peu nombriliste, ont tendance à scruter les émissions à succès pour en révéler les coulisses.

On se souvient de cette grande enquête du magazine Society qui levait le voile sur les dessous de Touche pas à mon poste et sur la tyrannie supposée de Cyril Hanouna. La semaine dernière, un reportage du Point intitulé "Le côté obscur du Petit Journal" révélait cette fois les petits secrets de fabrication de l’émission de Yann Barthès. Elle y dénonçait un "fonctionnement vertical", proche de celui d’une secte, un rythme de "travail harassant", pour une rédaction "malléable" composée de journalistes qui auraient parfois la boule au ventre et qui vivraient dans la crainte d’un turnover permanent.

L’enquête du Point évoquait aussi le culte du secret entretenu par la production, l’impossibilité d’assister à la conception de l’émission. En sous-texte, on comprenait que si les portes étaient fermées à double tour, c’est qu’il y avait des choses à cacher.
Le Point qui semble avoir une dent contre Le Petit Journal, ces dernières semaines. Fin mars, l’hebdomadaire attaquait déjà l’émission, sur le fond cette fois. L’éditorialiste Charles Consigny critiquait un reportage qui présentait le quartier bruxellois de Molenbeek sous un jour beaucoup trop favorable selon lui.

Plus largement, ces critiques ressemblent à une mise en accusation de ce qu’on appelle "l’infotainment".

"L’infotainment", ce mélange des genres entre l’information et le divertissement, où des sujets très sérieux côtoient des reportages beaucoup plus légers.
Le Petit Journal n’est pas le seul à en faire les frais. D’autres émissions reçoivent le même genre de critiques, notamment On n’est pas couché. Elles sont jugées responsables de décrédibiliser la parole politique en la présentant sur le même plan que celle d’artistes en promotion.
Aujourd’hui, cette crispation, elle trouve son origine dans le calendrier. Nous sommes à un an de l’élection présidentielle. La date est déjà dans toutes les têtes et notamment dans celle des politiques qui se positionnent sur la ligne de départ dans la course à l’Élysée. Ils veulent convaincre, et ne veulent surtout pas être tournés en ridicule.

Reste que le Petit Journal est un empêcheur de faire de la politique en rond et qu’il faut sans doute le prendre pour ce qu’il est, d’autant qu’ils sont nombreux à s’en accommodent grandement.