On est pas couché en déclin ?

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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La onzième saison est la pire du talk-show avec seulement 1.3 million de téléspectateurs en moyenne

Place au décryptage média de notre expert, Jérôme Ivanichtchenko. La fin de saison approche c’est l’heure du bilan. Samedi soir, Laurent Ruquier présentait la dernière d’ "On n’est pas couché" qui sera en best-of à partir du week-end prochain. Mais pour lui, la saison n’a pas été si tranquille.

Le talk-show du samedi soir enregistre son plus mauvais bilan depuis sa création : 1.3 million téléspectateurs de moyenne. Alors, ce chiffre brut n’a pas beaucoup de sens. En revanche, ce qui en a un peu plus, c’est la part d’audience. Et là, c’est un peu plus inquiétant. 19% de moyenne cette saison, c’est 3 points de moins que ces dernières années, où l’émission rassemblait environ 22% du public.

On pourrait penser qu’il s’agit d’un phénomène d'usure naturelle après 11 années d’existence à l’antenne que l’émission a fait son temps. Laurent Ruquier n’est pas de cet avis. Il voit d’autres explications à ce petit coup de mou. C'est ce qu'il explique dans une interview accordée hier à L'Express. Pour lui, il y a d'abord le replay, qui attaque les chiffres de la diffusion en linéaire. En clair, les téléspectateurs ne consomment plus sur place, mais à emporter. Ça fait baisser mécaniquement les résultats de l’émission qui reste la plus visionnée à la demande de tout le groupe France Télévisions.

Pour expliquer cette érosion, il regarde ailleurs : il regarde d’abord avant lui et ce qu’on appelle dans le jargon de la télé : le lead-in le programme qui précède. Laurent Ruquier fait le constat que les primes du samedi soir de France 2 ont baissé eux aussi et qu’ils constituent une rampe de lancement beaucoup moins puissante qu’auparavant. Il n’est donc pas le seul responsable de cette baisse.

Il regarde aussi chez les concurrents et notamment du côté de TF1 : il constate que ces derniers mois « The Voice » terminait de plus en plus tard après le début de son émission. Ce qui obligeait les téléspectateurs à prendre le train en marche.

Les arguments de Laurent Ruquier sont-ils les bons ?

Il y a tout de même un peu de déni dans son analyse. Il oublie par exemple que cette saison était une année électorale avec la présidentielle et les législatives et qu’elle aurait dû qu’elle aurait pu servir de "booster". L’effet escompté ne s’est produit. Ou alors dans le mauvais sens. Avec ces polémiques avec certains candidats c’était début avril avec ces accrochages avec Philippe Poutou et Jean Lassalle qui ont laissé flotter une sorte de condescendance une sorte de mépris de classe qui a eu tendance à agacer les téléspectateurs.

Et puis, l’émission a perdu sa capacité à faire le buzz. Elle l’a seulement fait à ses dépens. Comme le mois dernier avec cette bourde de Vanessa Burggraf face à Najat Vallaud-Belkacem ancienne ministre de l’Education accusée à tort d’avoir mené une réforme de l’orthographe qui finalement n’était pas la sienne.

Enfin, on peut aussi déplorer un manque de renouvellement. Le concept de l’émission n’évolue pas, il n’évolue plus. Il mise toujours sur les mêmes ressorts sur la qualité des invités et sur la verve de ses chroniqueurs. Et là, le bât blesse un peu. Notamment avec un choix de casting qui a été remis en question à plusieurs reprises cette saison notamment sur le remplacement de Léa Salamé par Vanessa Burggraf.

Quoi qu’on en dise, Laurent Ruquier persiste à penser que les causes de cette érosion d’audience sont ailleurs. Il fera seulement quelques ajustements cosmétiques la saison prochaine notamment sur le rythme de rotation des invités. Mais pour le reste, l’émission ne connaîtra pas de chamboulements. Pour lui, la longévité d’ "On n’est pas couché" est une preuve suffisante de son succès et de l’efficacité de sa formule.

Soyez-en sûrs : Laurent Ruquier n’est toujours pas prêt à mettre le bonnet de nuit.