Maroc : les journalistes évoquent désormais une corruption

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Les deux journalistes accusés d'avoir voulu faire chanter le Roi du Maroc sont sortis de leur silence pour donner leur version.

Deux journalistes français, Eric Laurent et Catherine Graciet, co-auteurs en 2012 d’un livre très critique sur le roi du Maroc, ont été arrêtés jeudi 27 août à Paris, pour tentative de chantage et d’extorsion de fonds à l’encontre de Mohammed VI. L'affaire remonte au 23 juillet, "jour où le journaliste Eric Laurent a contacté le cabinet royal et sollicité un entretien avec un représentant du palais», indique Eric Dupont-Moretti, avocat du roi du Maroc.  Après plusieurs auditions, les deux auteurs soupçonnés d'avoir tenté de monnayer l'abandon d'un projet de livre sur le roi du Maroc Mohammed VI contenant des informations supposées gênantes en échange d'argent, ont apporté des précisions sur cette affaire. Eric Laurent sort du silence.

Dans une longue interview accordée au Monde publiée dimanche, Eric Laurent dément cette version des faits. Le 23 juillet, "j’ai appelé Mounir El Majidi (secrétaire du roi du Maroc, ndlr) pour une raison très simple: dans ce livre que nous avions en préparation, il y avait des éléments concernant la famille royale que nous voulions croiser avec le Palais", a-t-il expliqué.

Le palais lui aurait alors envoyé une sorte d'émissaire, l'avocat Hicham Naciri, que le journaliste précise ne pas connaître. Les deux hommes se sont rencontrés à Paris le 11 août. Le journaliste indique que c'est alors l'avocat qui lui a parlé d’argent en premier. Ce dernier lui aurait dit: "On pourrait peut-être envisager une rémunération, une transaction, en contrepartie d’un retrait écrit".