Manifestation de Bobigny : un rassemblement qui tourne à l'affrontement avec la police et les journalistes

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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La manifestation de Bobigny pour soutenir le jeune Théo a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre et des véhicules de RTL et Europe 1 ont été vandalisés.

Samedi, à Bobigny était organisé un rassemblement de soutien au jeune Théo, blessé lors d’une interpellation. Un rassemblement émaillé par de nombreux débordements.

Oui, des événements survenus en marge de la manifestation organisée devant le tribunal de grande instance de Bobigny. 2000 manifestants, rassemblés pour réclamer la fin des violences policières.

Un rassemblement perturbé par plusieurs centaines d’individus. Samedi, en fin d’après-midi, la tension montait d’un cran, des casseurs se mêlant aux manifestants, prenant pour cibles du mobilier urbain et des véhicules. Parmi eux, deux véhicules techniques appartenant à des médias : une camionnette de nos confrères de RTL a été incendiée. Un peu plus tard, c’est un car-régie de la rédaction d’Europe 1 qui a été la cible de jets de pierre. Des dégâts matériels qui ont suscité l’indignation.

Après ces événements, Christopher Baldelli, président de RTL, rappelait samedi soir sur Twitter la nécessité de continuer à se battre pour la liberté de la presse. Même son de cloche pour Denis Olivennes, président de Lagardère Active, maison-mère d’Europe 1, qui exprimait son soutien aux équipes de la rue Bayard.

Hier, c’est le Syndicat National des Journalistes qui manifestait son inquiétude, faisant le lien avec de récentes déclarations d’un candidat à l’élection présidentielle. Il pointait du doigt les attaques répétées de François Fillon et de ses soutiens contre les médias. Englué dans le "PenelopeGate", le candidat des Républicains a multiplié les critiques contre les journalistes.

Pour le Syndicat national des journalistes, ces déclarations offensives pourraient être la cause d’un incident grave. En filigrane, on comprend que ces attaques alimentent une agressivité à l’encontre des journalistes. Les événements de samedi en sont la triste illustration… Hier en fin de journée, c’est à Argenteuil que de nouvelles violences ont éclatées. Cette fois, c’est un journaliste de BFM Paris qui a été agressé.

En marge de ces événements, revenons aussi sur la confusion autour du sauvetage d’une petite fille samedi.

Oui, après le rassemblement de Bobigny, la préfecture de police publiait un communiqué, un bilan des événements de la journée. Dans cet état des lieux, elle signalait que : "des effectifs de police avaient dû intervenir pour porter secours à une jeune enfant se trouvant dans un véhicule en feu".

Mais cette version, elle est rapidement contestée par plusieurs témoins et notamment par un jeune homme. Il s’appelle Emmanuel. Il est âgé de 16 ans. Alors que des casseurs tentent de mettre le feu à un véhicule, il est parvenu à extraire une fillette de l’habitacle. C’est lui qui a porté secours à cet enfant et non les CRS présents sur place.

Dimanche matin, la préfecture de police faisait machine arrière sur cet épisode. Sur Twitter, elle saluait d’abord "le courage du jeune homme qui avait sorti la fillette d’une voiture en feu". Elle s’expliquait ensuite sur ce raté de communication auprès du Bondy Blog. Il s’agissait en fait d’une phrase mal tournée, rédigée dans la précipitation. La police voulait seulement faire passer "le message qu’un drame avait été évité. Elle ne voulait en aucun cas s’attribuer le sauvetage d’un enfant".