Les salaires à France Télévisions soulèvent le débat

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct
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Un rapport de la Cour des comptes pointe du doigt la mauvaise gestion de l’entreprise publique.

A France Télévisions, le nombre de très hauts salaires serait beaucoup trop élevé. Le constat émane de la Cour des comptes, qui, dans un rapport de 222 pages publié la semaine dernière, critique la gestion de France Télé et des dysfonctionnements dans la rémunération de ses employés.

33.000 euros par mois pour Delphine Ernotte. Parmi ces très hauts salaires, on retrouve celui de la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte, qui émargerait à 400.000 euros bruts par an, soit environ 33.000 euros par mois. Un niveau équivalent à celui de son prédécesseur, Rémy Pflimlin, mais largement supérieur à celui de Patrick de Carolis.

Ce qui pose aussi problème, c’est ce qui se passe dans le reste de la hiérarchie du groupe public. Sur les 10.000 salariés que compte le groupe, ils sont près de 200 à percevoir plus de 10.000 euros bruts par mois. Ils sont 550 à être payés plus de 8.000 euros par mois. Des hauts salaires qui alourdissent considérablement les charges de l’entreprise.

Trop de chefs. En 2014, le salaire médian dans le groupe France Télévisions se situait aux alentours de 50.000 euros par an. Si on compare ce salaire au privé, c’est un peu moins que chez TF1, mais c’est mieux que chez M6. S'il y a autant de gros salaires dans le service public, c'est parce qu’il y a trop de chefs. Dans son rapport, la Cour des comptes constate une sur-représentation de cadres dans l’entreprise. Dans une enquête sur la situation financière du groupe, BFM Business parle même de véritable "armée mexicaine"

A France Télévisions, parmi le personnel technique et administratif, huit salariés sur dix ont un statut de cadre. C'est quatre fois plus que dans la population active. Ce mercredi, dans Le Parisien, la direction de France Télévisions assure que cette situation n'est pas nouvelle, mais qu'elle a prévu de contrôler plus rigoureusement la masse salariale. Cela passera notamment par le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite.

Fusions et suppressions. D'autres pistes sont avancées dans le rapport pour faire des économies. La Cour rappelle que la priorité des priorités reste l'équilibre financier de l’entreprise et demande une amélioration de la gestion interne avec des mesures très concrètes : mener à son terme la fusion des rédactions nationales, supprimer les bureaux régionaux de France 2, réduire de moitié le nombre des antennes de France 3, ou encore travailler sur un rapprochement entre le réseau régional de France 3 et celui de France Bleu.

Mauvais résultats d'audience en octobre. L'heure est donc aux économies pour France Télé qui comptait sur une augmentation de 2 euros pour la prochaine redevance. Elle n’augmentera finalement que d’un euro. En clair, il faut sérieusement se serrer la ceinture pour éviter la gabegie, le tout dans un contexte troublé après les résultats d’audiences désastreux enregistrés par France 2 et France 3 au mois d’octobre.