Les recettes pompettes : après l'acool, un joint pour répondre aux mises en garde du CSA

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Après la polémique autour de l'alcool, l'émission Les recettes pompettes fait de nouveau parlé d'elle en proposant un joint à son invité, Guillaume Canet.

Ce matin, on s’intéresse aux Recettes pompettes, cette émission diffusée sur internet où des invités font la cuisine en buvant de l’alcool.

Dans l’épisode mis en ligne hier, on voit l’animateur du programme proposer un joint à son invité. L’émission était déjà dans le viseur du CSA, pas sûr que cette nouvelle provocation soit du goût de ses détracteurs.

L’invité de ce nouvel épisode, c’est Guillaume Canet. Il est reçu par Monsieur Poulpe, l’animateur du programme. Ensemble, ils papotent tout en enchaînant de nombreux verres d’alcool. Puis vient ce moment très surprenant où l’animateur présente un joint à son invité. À cet instant, apparaissent les deux humoristes Thomas VDB et Mathieu Madénian.

Alors s’agit-il vraiment de cannabis ou d’une simple cigarette roulée, impossible à dire.

Reste que cette séquence fait clairement office de provocation, mais aussi une réponse du berger à la bergère. Dans cette affaire, la bergère, ce sont les "censeurs" comme les appelle Mathieu Madénian, les détracteurs de ce programme et ils sont nombreux.

Lorsque le premier épisode est arrivé sur internet, au mois d’avril dernier, des voix s’étaient élevées : une association de prévention qui lutte contre les addictions dénonçait une émission "stupide et désolante qui encourage le jeune public dans des conduites dangereuses". Elle y voyait même une "apologie de la biture". Le Conseil supérieur de l’audiovisuel était, lui aussi, monté au créneau en prenant une décision historique : en décembre, il adressait une "mise en garde" aux Recettes pompettes. Il y voyait une "propagande en faveur de la consommation d’alcool". Pourquoi une décision historique ? Tout simplement parce que c’était la première fois que l’autorité de régulation prenait position sur un contenu numérique, diffusé  exclusivement sur internet et non sur une chaîne de télévision. Cette caractéristique elle a son importance : elle signifie qu’en théorie, cette émission ne relève pas de l’autorité de régulation des médias.

Si internet n’est pas dans le champ de compétence du CSA, pourquoi est-il intervenu ?

Parce qu’il cherche à étendre ces compétences justement. Dans les faits, le CSA ne peut agir que sur des contenus diffusés à la télé ou sur des contenus destinés à un visionnage à la demande. Les sages le savent bien.

Pour justifier leur prise de position, ils ont donc cherché des arguments et ils en ont trouvé : les Recettes pompettes sont produites par une société spécialisée, Studio Bagel, une filiale de Canal+. Ils ont donc considéré qu’il s’agissait d’un contenu "sérieux", conçu par des professionnels. Ils ont considéré aussi que l’éditeur de ces vidéos était ce qu’on appelle un SMAD, un service de médias audiovisuels à la demande, et qu’on pouvait le mettre sur le même plan qu’un producteur de télévision. Une interprétation que Studio Bagel pourrait contester. Il a d’ailleurs encore quelques jours pour le faire. Il l’a fait à sa façon avec l’épisode qui nous concerne ce matin.

Mais finalement, cette intervention du CSA auprès des Recettes Pompettes, elle en dit plus sur les intentions des sages. En décembre, lorsqu’ils ont adressé cette "mise en garde", ils ont surtout cherché à ouvrir une brèche pour pouvoir se positionner sur le numérique, pour réguler des contenus beaucoup plus dangereux.

Un processus qui doit être validé par la Commission européenne.