Les candidats aux primaires de la droite et du centre livrent sans complexe leur intimité

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Enfance malheureuse, vie conjugale houleuse... s'ouvrir sur sa vie privée est devenu un moyen pour les politiques de prouver qu'ils sont des gens comme les autres. 

Le fait média du jour, c’est les candidats aux primaires de la droite et du centre qui déballent sans complexe leur vie privée dans les médias. Les personnalités politiques racontent leur intimité avec beaucoup de franchise et font tomber encore un peu plus le tabou de l’intime.

Samedi soir, dans « On n’est pas couché », Bruno Le Maire est revenu sur une histoire de famille très personnelle.

Le candidat à la primaire LR a récemment évoqué les rapports très complexes entretenus avec son père. Une histoire qu’il a racontée dans un portrait réalisé récemment par le magazine Le Point / au moment d’officialiser son entrée dans la campagne pour la primaire de la droite et du centre. Avec des mots très durs : « Mon père ne m’a jamais aimé. Il ne m’a jamais parlé. Je veux donner à mes fils l’amour que je n’ai jamais reçu lorsque j’étais enfant. »

Forcément, samedi soir, avant d’aborder des sujets plus politiques, Léa Salamé, la chroniqueuse d’ « On n’est pas couché » a voulu revenir sur ces propos de Bruno Le Maire et surtout sur la réaction de certains membres de sa famille, choqués par ce qu’ils considèrent comme une exagération grotesque.

Bruno Le Maire joue cartes sur table. Il revient sans rechigner sur cette blessure intime. Et cette franchise, il estime même qu’il la devoir de la raconter aux Français. « Qui je suis ? D’où je viens ? » Voilà les questions auxquelles Bruno Le Maire veut répondre. Une quête de vérité dont il fait étalage à un moment bien précis de son agenda politique.

La semaine dernière, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui s’exprimait dans les médias sur ce registre de l’intime.

Le magazine « Elle » consacrait un long portrait à la candidate à la primaire de la droite et du centre. Et c’est dans les colonnes de l’hebdomadaire qu’elle a fait cette annonce étonnante : l’officialisation de sa rupture avec celui qui était son mari depuis 12 ans.

A l’inverse de Bruno Le Maire sur son histoire familiale, NKM s’exprime avec une économie de mots. Elle raconte à la journaliste qui l’a rencontré qu’elle a « divorcé il y a trois jours »,  qu’elle« vient d’enlever son alliance », que « le divorce est une épreuve, dans toutes les familles ».

Le magazine évoque ensuite la pudeur de cette déclaration, estimant que le secret de la séparation a été bien gardé, et que si NKM veut l’officialiser, « sobrement », c’est pour empêcher « que la rumeur ne lui prête de fantaisistes intentions ». Une information que le magazine « Elle » a néanmoins choisi comme titre de ce portrait : « Rencontre avec une toute jeune divorcée ».

Avant Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet, d’autres personnalités politiques ont déjà fait étalage de leur vie privée.

Ils ne sont pas les premiers à dévoiler des pans entiers de leur vie intime, et surtout à la faire surtout à des instants-clé.

En 1988, Michel Rocard fait sauter un premier verrou en rendant public son divorce. Il vient de quitter Matignon et se verrait bien à l’Elysée. C’est ce moment qu’il choisit pour annoncer sa séparation dans Le Point.

Ce mouvement va s’accélérer dans les années 2000, notamment avec Nicolas Sarkozy, qui commentera d’abord publiquement ses difficultés conjugales avec Cécilia. Et qui plus tard, une fois élu président de la République, évoquera aussi lors de ses vœux à la presse en 2008 sa relation avec Carla Bruni.

Ces déclarations, elles ont un seul et unique but : prouver que les personnalités politiques sont des gens comme les autres. Un exercice de sincérité qui trouve un écho retentissant à une époque où le besoin de transparence n’a jamais été aussi fort, qu’il s’agisse d’argent, de patrimoine, mais donc aussi de vie privée.

On assiste à un effet combiné : à la fois de l’intérêt croissant des médias et de la presse people pour la classe politique, et de la nécessité pour les candidats de communiquer sur des registres qui vont beaucoup plus loin. Parfois, jusqu’à la porte de la chambre à coucher.

Mais le revers de la médaille existe : difficile de plaider ensuite le respect de la vie privée lorsque l'on s’est épanché aussi librement sur sa vie intime.