L'Émission politique : Christine Angot huée par les soutiens de François Fillon

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Alors qu'il était l'invité de David Pujadas dans L'Émission politique ce jeudi soir, François Fillon a été confrontée à Christine Angot qui n'a pas mâché ses mots.

Hier soir, sur France 2, David Pujadas recevait François Fillon sur le plateau de L’émission politique. Une émission marquée par un accrochage très vif entre le candidat des Républicains et l’écrivain Christine Angot.

Elle était "l’invitée surprise", "l’invitée inattendue de ce numéro de L’émission politique. Il y a quelques semaines, elle avait pris position dans Le Journal du dimanche pour demander à François Hollande de revenir sur sa décision et de se présenter à l’élection présidentielle.

Hier soir, en prenant place en face de François Fillon, on pouvait donc s’attendre à un échange plutôt tendu. Il n’a pas fallu attendre bien longtemps. Dès son arrivée sur le plateau, elle raconte qu’elle est choquée par les soupçons d’emploi fictif de son épouse, par l’affaire des costumes qui s’apparente selon elle à de la corruption, mais surtout par l’entêtement de François Fillon à rester candidat et ce malgré sa mise en examen.

Cette diatribe de Christine Angot prend la forme d’un réquisitoire. Au fil des minutes, la tension monte et provoque des réactions dans le public, notamment de la part des soutiens de François Fillon.

David Pujadas perd patience. L’accrochage est vif, on vient de l’entendre. Des spectateurs prennent à partie Christine Angot, jugeant son propos inacceptable. Mais surtout : hier soir, le débat attendu entre les deux interlocuteurs n’a pas eu lieu.

Et ce matin, cet accrochage pose la question de la légitimité de cette séquence.

Cette séquence intitulée "l’inattendu" fait plus que jamais polémique. Ce n’est pas la première fois. Jérôme Kerviel s’était déjà retrouvé dans ce rôle de "l’invité mystère" face à Alain Juppé, même chose avec Alexandre Jardin face à Bruno Lemaire ou encore Patrick Buisson devant Marine Le Pen.

À chaque fois, des "moments de télévision", propices au buzz, mais rarement éloquents sur le fond et rarement productifs pour faire avancer le débat.

Cette séquence semble en parfaite contradiction avec l’intention première du service public qui assure vouloir éviter dans les travers de la "politique spectacle". Dans les colonnes de Télé Star, le directeur de la rédaction de France Télévisions expliquait début février "qu’il cherchait à provoquer le débat mais pas à faire des débats dans la provocation".

La séquence d’hier soir ne va pas dans ce sens. Est-elle encore légitime dans une émission qui veut faire progresser le débat des idées ? La question se pose et finalement, la réponse c'est Christine Angot qui l'a apporté hier soir.

À en croire Christine Angot, elle sert de "voiture-bélier", elle a pour mission implicite de poser certaines questions que les journalistes ne poseraient pas. On lui laisse la responsabilité de ses propos.

Paradoxalement, avec cet "inattendu", France 2 a des attentes : elle cherche a créé le buzz. De ce point de vue c’est assez réussi mais ce n’est peut-être pas son rôle…