Le rapport compliqué du couple Macron avec la presse

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Le couple présidentiel a mis en demeure deux titres de presse.

Place au décryptage média de notre expert, Jérôme Ivanichtchenko. Et on se penche ce matin sur les rapports entre Emmanuel Macron et la presse. Des relations qui ont évolué depuis la fin de la campagne présidentielle.

Depuis son arrivée à l’Elysée, Emmanuel Macron a changé de braquet avec les journalistes.  Après avoir joué la carte de la décontraction pendant la campagne, le ton est en train de changer.

Désormais, la parole présidentielle se raréfie.  On en comprend facilement la logique et le message subliminal : Emmanuel Macron n’est plus dans la séduction, il est désormais dans l’action il est au travail et rien ne doit venir le parasiter.

Reste que cette stratégie provoque une certaine frustration chez les journalistes habitués à beaucoup plus de largesses ces dernières années.

On s’en souvient dès le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement les photographes étaient tenus éloignés du perron de l’Elysée sans pouvoir recueillir la moindre réaction. Une rupture exceptionnelle avec la tradition.

Et un signal qui a eu tendance à crisper les rédactions.

Et deux épisodes rapportés hier viennent illustrer cette mainmise sur la communication présidentielle.

Le premier, c’est le magazine L’Obs qui le révèle. Il remonte au 24 avril dernier, au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle. Emmanuel Macron n’était pas encore élu.  Ce jour-là, l’avocat du candidat d’En Marche et de son épouse adresse une mise en demeure à deux titres de presse : "Closer " et  "Voici ".

Concrètement juridiquement, même il ne s’agit pas d’une attaque contre les deux médias.  Mais simplement d’une sorte de  "mesure préventive ", comme un  "avertissement ". L’avocat du couple Macron explique que ses clients ont été informés que des photographies les représentant dans le cadre de leur vie privée ont été prises par des paparazzis  "clandestinement ". Et l’avocat de demander à  "Closer " et  "Voici " de ne pas publier ces clichés.  Sous peine de poursuites, on l’imagine même si ce n’est pas précisé aussi clairement dans le courrier reçu par les deux rédactions.

Une position qui tranche avec ces reportages publiés dans les deux dernières éditions de  "Paris Match " illustrés de dizaines de photos du couple avec sa famille. Des photos signées d’une seule et unique agence photo Bestimage dirigée par celle que l’on surnomme  "la papesse des paparazzis " Michèle Marchand qui gère l’image du couple présidentiel.

Hier, le Canard Enchaîné relatait un autre épisode marquant.

La scène se passe le 14 mai dernier, lors de la visite d’Emmanuel Macron à la mairie de Paris, quelques heures après son investiture. Cette visite est retransmise sur France 2 et les images qui apparaissent à l’écran ne plaisent pas à tout le monde et notamment au conseiller communication de l’Elysée qui aurait appelé l’un des rédacteurs en chef de la chaîne pour lui demander d’éviter les plans sur la foule assez clairsemée il faut bien le dire devant le parvis de l’Hôtel de Ville.  Une anecdote qui illustre la réactivité de l’entourage d’Emmanuel Macron lorsqu’il n’est pas satisfait du traitement médiatique qui lui est réservé.

Pendant la campagne, de nombreux adversaires d’Emmanuel Macron prétendaient qu’il était le candidat des médias le chouchou des journalistes qu’il bénéficiait d’un traitement de faveur.  Depuis qu’il est élu, cette  "idylle supposée " entre la presse et Emmanuel Macron semble bel et bien terminée.  Le président de la République prend ses distances.

Une méfiance à l’égard des médias qui traduit une volonté de garder la main sur la communication. A moins qu’il ne s’agisse pour le président de la République d’éviter les écueils dans lesquels sont parfois tombés son prédécesseur François Hollande.

La rupture toujours et encore.