Le CSA ne sanctionne pas "Super Nanny"

  • A
  • A
Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
Partagez sur :

Saisi au sujet de "Super Nanny", le CSA a décidé de ne pas prendre de sanctions mais a tout de même tenu à adresser certaines préconisations.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a rendu son arbitrage sur “l’affaire Super Nanny”. L’émission de NT1 était dans le viseur d’une association d’aide à la parentalité.

Au mois de novembre, cette association pointait du doigt les méthodes de “Super Nanny”. Des méthodes jugées dégradantes pour les enfants. Les plaignants parlaient même de “violences éducatives”,  “physiques et psychologiques”. Ils avaient saisi le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et réclamaient le retrait de l’antenne de l’émission.

Une affaire prise très au sérieux par le CSA qui vient de rendre son arbitrage. Pas d'avertissement, pas de sanction : il n’a pas relevé de manquements aux obligations des chaînes qui diffusent le programme, TF1 et NT1. En revanche, il adresse ce qu’il appelle des préconisations. Une liste de recommandations formulées pour protéger à la fois les participants à l’émission, mais aussi le public qui la regarde.

D'abord, les producteurs sont incités à faire preuve de vigilance pendant les tournages pour que le bien-être de l’enfant soit respecté en toutes circonstances. Sur la forme, le CSA rappelle aussi que le comportement de l’enfant ne doit pas être présenté comme étant la seule et unique cause des difficultés rencontrées par les familles.

Enfin, il insiste sur le rôle de l’émission auprès des téléspectateurs. L’émission ne doit pas véhiculer l’idée que les méthodes de “Super Nanny” sont valables pour gérer toutes les situations. Les producteurs devraient ainsi rappeler qu’en matière d’éducation, il n’y a pas de vérité absolue, qu’il n’y a pas de solutions magiques. Une nuance qui n’est jamais mise en avant dans le programme.

Avec ces recommandations, Le CSA ne se mouille pas trop…

On peut le voir comme ça, mais on peut aussi se dire qu’il agit avec discernement, de manière mesurée. D’abord, avec ces préconisations, le CSA rappelle qu'il n'est pas un garde chiourme. Plutôt que de donner des petits coups de règle sur les doigts, il rend un avis constructif / en faisant preuve de pédagogie.

La semaine dernière, lors de ses vœux à la presse, le président du CSA Olivier Schrameck voulait qu'on qualifie son institution de “protecteur des publics”, une expression qu'il préfère de très loin à celle de “gendarme de l'audiovisuel” qu'on utilise fréquemment. C'est de la rhétorique mais pas seulement : ça recentre son discours et ses décisions. Non, le CSA n’est pas un censeur, il n’est pas un empêcheur de tourner en rond, mais un parapluie pour assurer le respect de chacun, qu’il soit devant ou derrière le poste.

Une autre décision rendue hier va dans ce sens. Le CSA invite les chaînes à solliciter l’autorisation des témoins qui apparaissent dans le programme pour chaque rediffusion. Jusqu’à maintenant, les sociétés qui produisent ces émissions testimoniales faisaient signer des contrats aux personnes qu’elles suivent. Des contrats qui autorisent les rediffusions pour des durées de trois à quatre ans. Désormais, elles devraient s’assurer de l’accord des témoins pour chaque nouvelle programmation.

Une décision qui pourrait faire jurisprudence. Ce matin, ce qui est valable pour “Super Nanny” pourrait l’être pour l’ensemble de ces programmes, on pense à “SOS ma famille a besoin d'aide”, à “Confessions intimes” ou à “Tellement vrai”.

Un bon moyen d’éviter les moqueries que subissent encore certains témoins, des années après le tournage de ces émissions.