Laurent Fontaine rejoint l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Depuis le mois d'avril, l'ancien animateur d'Y a que la vérité qui compte, Laurent Fontaine, est coach bénévole en communication pour les proches d'Emmanuel Macron.

Ce matin, on s’intéresse à Laurent Fontaine, ancien animateur sur TF1 et ancien chroniqueur de Touche pas à mon poste, qui rejoint l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron.

Laurent Fontaine, souvenez-vous, c’était la moitié du fameux duo "Bataille et Fontaine", c’était le plus petit des deux, si vous avez du mal à les différencier. Sur TF1, les deux animateurs présentaient Y a que la vérité qui compte au milieu des années 2000, avec le fameux rideau.

On apprenait hier sur le site Street Press qu’il était désormais coach en communication au sein de l’équipe du mouvement En marche d’Emmanuel Macron. Un rôle qu’il occupe depuis le mois d’avril dernier. Sa mission consiste à entrainer des proches du candidat et notamment quatre députés peu habitués aux interventions médiatiques. Il fait ce qu’on appelle du "media training". En clair, il apporte ses conseils sur les attitudes à adopter face caméra, sur la manière de se tenir sur un plateau, de répondre aux questions des journalistes et de rester à l’aise, en toutes circonstances.

Pour ceux qui seraient surpris par cette reconversion, on rappellera que Laurent Fontaine n’est pas un débutant en politique. On le sait peu, mais l’ancien animateur a été attaché parlementaire dans les années 1980, avant de devenir responsable du service de presse du ministère des Postes et Télécommunications. Depuis, il a conservé des liens avec la politique. Plus récemment, il a conseillé un de ses amis, Xavier Bertrand, pendant la campagne des régionales de 2015 contre Marine Le Pen.

Depuis bientôt un an, Laurent Fontaine met donc son expérience au service de l’équipe d’Emmanuel Macron. En revanche, il ne conseille pas directement le candidat. L’ancien ministre de l’Économie a plus de progrès à faire sur la forme que sur le fond. Pour y parvenir, Emmanuel Macron a fait appel à un chanteur lyrique, un baryton, histoire d’éviter de dérailler, comme lors de son meeting de la porte de Versailles où il avait eu un peu de mal à rester dans les cordes vocales, bien sûr.

Le "média training" est une pratique qui se généralise de plus en plus ces dernières années.

Cette pratique importée tout droit des États-Unis est révélatrice de l’importance prise par la télévision dans la communication politique. Les candidats ont bien compris qu’ils devaient être bons sur les plateaux de télé pour convaincre les électeurs.

Il est très loin le temps où le Général de Gaulle renvoyait les maquilleuses avant une déclaration télévisée en leur expliquant qu’il n’était "pas une starlette".

Désormais, les politiques se prennent en main. Et pour devenir des orateurs hors-pair, ils s’entourent de journalistes ou de professionnels de la télévision. En 2012, pour préparer le débat de l’entre-deux-tours de la présidentielle face à Nicolas Sarkozy, François Hollande avait constitué une cellule d’experts autour de lui : on y trouvait quelques habitués du petit écran, comme l’ancien présentateur de JT, Claude Sérillon, ou le réalisateur Serge Moati.

Un peu plus tôt, Jean-Luc Mano, qui fut chef du service politique de TF1 et directeur de la rédaction de France 2, avait conseillé Lionel Jospin lorsqu’il était premier secrétaire du Parti socialiste ou encore Bertrand Delanoë avant son élection à la mairie de Paris. On peut citer aussi Jean-Claude Narcy. En 2007, l’ancien présentateur du JT de TF1 entouraient de nombreux cadres de l’UMP dont Rachida Dati.

Si la tendance se généralise, tous bords confondus, ça n’empêche pas les candidats de faire appel à des proches pour améliorer leurs prestations télé. Pendant la primaire de la gauche, Benoît Hamon pouvait compter sur les conseils de sa mère, qui lui envoyait des SMS pour lui demander de se tenir bien droit.

Un conseil que Laurent Fontaine donne sans doute aussi aux soutiens d’Emmanuel Macron, tout en leur rappelant qu’en politique, y a que la vérité qui compte.