La tournée des programmes : les propositions de Jean-Luc Mélenchon

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À quelques jours du premier tour de la présidentielle, Jérôme Ivanichtchenko passe chaque jour en revue le programme de l'un des candidats.

Depuis une semaine, on passe au crible les programmes des candidats à la présidentielle en matière d’audiovisuel. Ce matin, on s’intéresse à Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise, qui veut remettre "les médias au service du peuple".

Il consacre un pan entier de son programme à la question. Pour y parvenir, Jean-Luc Mélenchon, entend organiser ce qu’il appelle une "révolution citoyenne".

Une manière de répondre au phénomène de concentration des groupes de presse qu’on observe ces dernières années. Au mois de février, devant une assemblée de professionnels de l’audiovisuel, Alexis Corbière, le porte-parole du candidat de La France insoumise, dressait ce constat : aujourd’hui, 80% des médias sont détenus par neuf personnes.

Cette concentration, elle nuit au pluralisme, à la diversité des opinions. Dans les faits, ça se traduit au mieux par du sensationnalisme, par une course au scoop, au pire par la diffusion d’une pensée unique dans la société.

Jean-Luc Mélenchon propose donc d’inscrire l’indépendance des médias dans la Constitution de cette fameuse "6e République" qu’il appelle de ses vœux. Une loi anti-concentration qui sera aussi le moyen de garantir la protection des professionnels des médias, trop souvent exposés au pouvoir de l’argent, à celui des annonceurs. Pour le leader de La France insoumise, le pluralisme de l’information est une cause noble, qui ne doit pas souffrir des contraintes des intérêts financiers.

Et pour assurer cette indépendance, un nouvel organisme sera créé.

Oui, il veut regrouper plusieurs autorités de régulation dans ce qui pourrait ressembler à un "super CSA". Il s’appellera le "Conseil National des Médias", le CNM. Il regroupera l’actuel Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, mais aussi la Commission Paritaire des publications et agences de presse, et l’Autorité de régulation de la publicité. Il devra aussi intégrer des représentants de la société civile, des usagers des médias. Il aura des pouvoirs accrus par rapport au CSA, et pourra sanctionner les médias qui ne respecteront pas le pluralisme. Il deviendra un véritable "contre-pouvoir citoyen".

En revanche, ce "CNM" devrait perdre une compétence majeure : celle de nommer les dirigeants de l’audiovisuel public. Si Jean-Luc Mélenchon arrive à l’Élysée, c’est désormais par voie parlementaire que seront désignés les présidents de France Télévisions et de Radio France.

L’audiovisuel public qui mérite qu’on s’intéresse un peu plus à lui. C’est ce que souhaite Jean-Luc Mélenchon. Il constate que le service public avance "sans boussole" depuis une quinzaine d’années, qu’il est contraint à la fois par des restrictions budgétaires et par un manque de moyens humains. Jean-Luc Mélenchon veut y remédier : il croit en la fonction "sociale" de la télévision et des radios publiques, indispensables pour mettre en valeur la création culturelle et la diversité. Dans ce sens, il propose la création d’une nouvelle chaîne : diffusée en plusieurs langues autour de la Méditerranée et construite sur le modèle de la chaîne franco-allemande Arte.

Arte que regarde régulièrement Jean-Luc Mélenchon.

Oui, en matière de goûts télé, il est plus porté sur les documentaires, historiques ou scientifiques, que sur les séries américaines, qui se ressemblent toutes selon lui.

Mais si vous ne le verrez jamais devant NCIS, vous le verrez peut-être s’amuser devant les rediffusions d’Un gars, une fille, qui reste sa série télé préférée.

En matière de magazines politiques, sa préférence va à Dimanche en Politique, l’émission animée par Francis Letellier sur France 3, qui ne tombe pas dans le piège du spectacle. Une critique qu’il a formulée régulièrement ces dernières semaines, notamment à l’égard de France 2. Un phénomène de course au buzz alimenté notamment par les sondages. Jean-Luc Mélenchon y est opposé. Il se prononce d’ailleurs contre la "sondocratie" : s’il est élu, il interdira toute étude d’opinion sur les intentions de vote 60 jours avant l’organisation d’un scrutin.