La tournée des programmes : les propositions de Benoît Hamon

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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À quelques jours du premier tour de la présidentielle, Jérôme Ivanichtchenko passe chaque jour en revue le programme de l'un des candidats.

Suite et fin de notre grande série autour des propositions des candidats à la présidentielle en matière d’audiovisuel. Et ce matin, on s’intéresse au programme de Benoît Hamon.

Le candidat socialiste se fait une grande idée de l’audiovisuel public qui doit assurer trois missions majeures : l’information, la culture et le divertissement. Des missions à remplir dans la continuité. Benoît Hamon ne touchera pas à ce qu’on appelle le "périmètre" de France Télévisions. Il ne veut pas modifier le nombre de chaînes publiques. Pour lui, "la liberté et la pluralité des médias est un pilier d’une démocratie vivante". Il ne reviendra pas sur la récente création de la chaîne d’info publique, franceinfo, qu’il considère comme une bonne chose. Il ne supprimera pas France 4.

En revanche, sur la question du financement, il est favorable à une disparition progressive de la publicité sur les antennes publiques. Ça signifie un manque à gagner de 300 millions d’euros par an pour le groupe de Delphine Ernotte. Pour le compenser, Benoît Hamon propose d’augmenter les revenus générés par la redevance. Mais attention : pas en faisant payer plus cher, mais en faisant payer plus de monde. En clair, il veut étendre la contribution aux smartphones, aux tablettes ou aux ordinateurs, et plus uniquement aux téléviseurs. C’est ce qui se fait en Allemagne. Ça lui semble conforme aux nouvelles habitudes de consommation des Français.

Dernier point, il concerne la nomination des dirigeants de France Télévisions, de Radio France et de France Médias Monde, assurée actuellement par le CSA. Le candidat socialiste propose qu’elle revienne désormais aux conseils d’administration de trois groupes, sur le modèle déjà en vigueur pour l’Agence France Presse.

L’autre point-clé du programme de Benoît Hamon, c’est une nouvelle loi.

En cette présidentielle, l’indépendance des médias est un sujet de préoccupation majeur pour de nombreux candidats. C’est le cas de Benoît Hamon qui propose l’adoption d’une grande loi en trois axes : le premier pour limiter la concentration. Un groupe ne pourra pas détenir plus de 40% d’une entreprise de médias. Deuxième axe pour empêcher ce qu’on appelle les trusts : un même groupe ne pourra pas posséder plus de 20% de deux médias différents. Enfin, troisième axe, il portera sur la transparence : les titres de presse ou les chaînes de télévision seront tenues, légalement, de citer le nom de leurs propriétaires, pour que le public en soit informé le plus clairement possible. Si Benoît Hamon arrive à l’Élysée, cette loi entrera en vigueur dans les deux ans. Le temps pour les groupes qui sont majoritaires dans des entreprises de presse de revendre une partie de leurs parts à des d'actionnaires privés.

En marge de cette loi, le candidat socialiste proposera aussi la création d’un statut de "média indépendant à but non lucratif", il rouvrira le dossier de la protection des sources. Des négociations qui s’organiseront autour d’États Généraux de la presse qu’il appelle de ses vœux.

Et devant la télé, quelles sont les habitudes de Benoît Hamon ?

On ne peut pas dire qu’il soit un télévore vorace. Pour une raison simple : il n’a pas de télévision chez lui. Ça ne l’empêche pas de se tenir au courant et d’avoir des goûts bien affirmés. Par exemple, il a particulièrement apprécié la série de Canal+ “The young pope”, avec Jude Law.

Sinon, Benoît Hamon est plutôt branché sports. Il est passionné de rugby et il manque rarement un match du Top 14 ou du Tournoi des VI Nations.

Pour ce qui est des journalistes de télévision, il a ses préférences. À Télé Loisirs, il donnait récemment le nom de ses chouchous : Patrick Cohen, Léa Salamé et Jean-Jacques Bourdin, des journalistes qui "font leur travail avec passion, dans un souci d'indépendance". L’indépendance, c’est décidément le mot-clé du programme médiatique du candidat socialiste.