iTELE : Laurence Haïm annonce son départ sur Twitter

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Deux mois après la grève historique à iTELE, la chaîne d'information du groupe Canal a enregistré un nouveau départ mardi.

Ce matin, vous vous intéressez à la situation à iTELE, deux mois après la fin de cette grève historique dans l’audiovisuel, qui a paralysé l’antenne pendant 31 jours à l’automne dernier. La chaîne qui a enregistré un nouveau départ hier soir. 

Oui, la liste s’allonge encore un peu plus, avec le départ d’une figure emblématique de l’antenne : il s’agit de Laurence Haïm, correspondante aux Etats-Unis depuis près de 25 ans. Une page qui se tourne, et qui coïncide avec un événement de portée planétaire, comme elle l’a souligné hier, dans un message laconique posté sur Twitter : "Dernier discours d’Obama ce soir. Dernier reportage à i-Télé. Un nouveau monde m’attend". 

Ce départ, c’est le 99e en quelques semaines, pour une chaîne qui comptait 180 salariés. Une hémorragie dramatique. Depuis la fin de la grève, l’antenne d’iTELE tourne au ralenti. Elle a les plus grandes difficultés à assurer sa vocation de chaîne d’information en continu. Pendant les fêtes de fin d’année, elle était même totalement incapable d’émettre en direct, faute de moyens humains. Résultat, des audiences qui piquent du nez. Au mois de décembre, iTELE rassemblait en moyenne 0,5 % du public, moitié moins qu’un an auparavant.

Aujourd’hui, il y a donc urgence à redresser la barre, à reconstruire une antenne et une rédaction sinistrées et urgence à recruter aussi. À l’issue de la grève, le patron de la chaîne, Serge Nedjar, avait apporté des garanties au CSA. Il s’engageait à remplacer, un à un, les salariés qui faisaient le choix de quitter la chaîne. Deux mois plus tard, on en est très loin. Selon nos informations, les bureaux sont déserts, les quelques recrues qui sont arrivées depuis sont des journalistes peu expérimentés. Trop peu expérimentés pour façonner le nouveau visage de la chaîne, qui devait changer de nom et d’identité à la rentrée dernière pour devenir CNews. Une refonte de l’antenne qu’on attendait finalement en janvier, mais qui ne vient toujours pas.

Pour donner un nouvel élan à la chaîne, la direction tente de convaincre des visages connus. 

Ces derniers jours, plusieurs noms ont été avancés. On parle de Jean-Pierre Elkabbach, de l’ancien présentateur du 13h de France 2 Rachid Arhab, et tout récemment de Patrick Poivre d’Arvor. PPDA qui, selon plusieurs médias, aurait posé une condition à son arrivée : le départ de l’antenne de Jean-Marc Morandini. Une condition démentie hier auprès de l’AFP.

C’est pour faire le point sur cette situation chaotique d’iTELE que le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a convoqué plusieurs membres de la direction de la chaîne. Rendez-vous est pris aujourd’hui, à 15h30 entre les sages et Jean-Christophe Thiéry, président du directoire de Canal+ et Gérald-Brice Viret, directeur général des antennes du groupe, propriétaire d’iTELE. Un entretien qui portera sur le "respect des obligations" de la chaîne.

Dans la convention qu’elle a signée avec le CSA et qui fixe son cahier des charges, iTELE à des consignes bien précises à respecter pour continuer à émettre. À l’article 3 de cette convention, on peut lire qu’elle est une chaîne dédiée à l’information, qu’elle a pour mission d’offrir un service réactualisé "en temps réel", couvrant tous les domaines de l’actualité. Depuis plusieurs semaines, cette vocation n’est plus assurée.

Et du côté du CSA, on estime qu’il y a eu une certaine tolérance depuis la fin du conflit, mais qu’il est temps désormais de passer aux actes. Aujourd’hui, il demande des comptes à iTELE sur les moyens mis en œuvre pour se conformer à ses obligations contractuelles. Une rencontre qui se déroulera dans un contexte extrêmement tendu.

Une autre chaîne du groupe Canal, C8, est dans le viseur du CSA, au sujet de certains manquements relevés dans l’émission Touche pas à mon poste.