François Bayrou rallié à Emmanuel Macron : le scénario que personne n'avait envisagé !

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
Partagez sur :

Alors que les journalistes s'interrogeaient tous sur l'éventuelle candidature de François Bayrou à la présidentielle, celui-ci a pris tout le monde par surprise en annonçant son ralliement à Emmanuel Macron.

Hier, François Bayrou convoquait la presse pour dévoiler ses intentions pour l’élection présidentielle. L’occasion pour beaucoup de journalistes de se tromper dans les grandes largeurs.

Il faut dire que François Bayrou est un habitué de la présidentielle, c'est presque un "candidat professionnel". Il s’est déjà lancé trois fois dans la course à l’Élysée. Alors quand il convoque la presse, hier, en milieu d’après-midi, nombreux sont les éditorialistes à prendre les paris. Pour ces observateurs avertis de la vie politique, pas de doute possible. Écoutez ce qu’on pouvait entendre hier sur BFM TV à la mi-journée. C’est Thierry Arnaud, chef du service politique de la chaîne, qui donne son pronostic.

Un peu plus tard, à quelques minutes seulement de la conférence de presse du maire de Pau, c’est au tour de Ruth Elkrief d’en remettre une couche. Pour elle, il y a peu de suspense autour des intentions de François Bayrou.

Alors voilà, ce matin, on connait la fin de l’histoire. Non seulement, François Bayrou a renoncé à être candidat, mais il a annoncé son ralliement à Emmanuel Macron. En football, on dirait qu’il maîtrise à la perfection le sens du contrepied. Et ça, nos experts ne l’avaient pas vu venir.

Ce qui a valu à Ruth Elkrief un petit moment gênant.

Oui, avec le sourire, elle a été obligée de reconnaître son incapacité à prévoir l'avenir.

"Cette campagne est différente" dit Ruth Elkrief et on ne peut pas lui donner tort. Nombreux sont ceux qui nous annonçaient la victoire d'Alain Juppé à la primaire de droite, après avoir fait de Nicolas Sarkozy leur favori. À gauche, pareil : après nous avoir préparé à une candidature de François Hollande, ils étaient tout aussi nombreux à annoncer que seul Manuel Valls aurait les épaules assez larges pour représenter la gauche. Benoit Hamon en ricane encore.

Dans une période où la défiance à l’égard des journalistes est plus forte que jamais, ce nouvel épisode ne va pas arranger les choses. Nul doute qu’il nourrira aussi ce fameux discours hostile aux médias, dans l'air du temps chez de nombreux responsables politiques.

À la décharge des éditorialistes de BFM TV, on soulignera qu’ils sont tombés dans le piège du "commentaire au kilomètre", que leur impose l’exercice de la "chaîne info", avec la nécessité d’occuper l’espace et l’antenne, même quand on n’a rien de précis à dire. Ça ouvre la porte à des erreurs.

"Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien" disait Socrate pour faire l'éloge de sa propre ignorance. Pour rappeler aussi l'humilité qui prévaut parfois dans certaines situations. Une maxime qui vaut aussi dans le commentaire politique.