Fiction française : comment expliquer un tel retour en force ?

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Le fait médias du jour est une chronique de l'émission Le grand direct des médias
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Toutes chaînes confondues, les fictions françaises réalisent toujours de très bons résultats d'audience.

On se penche ce matin sur la fiction française : c’est le carton du moment. TF1 et France Télévisions l’ont bien compris. M6 aussi avec sa série Glacé, à l’antenne en ce moment. La fiction française est en pleine forme.

Le genre a le vent en poupe, pour preuve les scores d’audiences observés encore cette semaine. Lundi, c’est Clem qui caracolait en tête avec un premier épisode à 5,6 millions de téléspectateurs sur TF1. Mardi, France 3 créait la surprise avec Les mystères de l’île, leader à plus de quatre millions. Mercredi, c’est France 2 qui cartonnait avec le téléfilm Je suis coupable, suivi par 4,2 millions de téléspectateurs. Hier soir, Section de recherches, c’était encore 6,3 millions de  téléspectateurs branchés sur TF1.

Et le point commun entre tous ces programmes, c’est qu’ils sont tous "made in France".

Une tendance qui s’accentue mais qui se vérifie déjà depuis plusieurs mois. Plus globalement, si on se penche sur l’année écoulée, le constat est encore plus probant. Sur les 50 meilleures audiences de l’année 2016, une année de Jeux olympiques et de championnat d’Europe de foot, on retrouve tout de même 20 programmes de fictions françaises. Dans le détail, dans le top 10 des fictions les plus populaires, neuf sont produites en France. Parmi elles, citons Le secret d’Élise diffusé sur TF1 en février l’année dernière. Le plus gros carton du genre en 2016 : six épisodes qui ont rassemblé en moyenne sept millions de téléspectateurs, pour 27% de part d’audience. Le porte-étendard d’une nouvelle vague de créations 100% françaises. Le symbole d’un succès qui ne devrait pas se démentir dans les prochaines années.

Mais alors, pourquoi les fictions françaises sont-elles si efficaces ?

Elles ont le mérite de nous parler de nous. C’est l’argument majeur relevé par Médiamétrie dans une étude récente sur le sujet : cette proximité avec le téléspectateur. Ça se passe près de chez nous, c’est le credo des polars de France 3 par exemple, on pense à la collection des Meurtres à… du samedi soir. Elles sont réalistes aussi, elles nous parlent de sujets de société, qui nous concernent tous. Là on pense encore à France 3, avec Plus belle la vie, par exemple.

Des préoccupations qui fonctionnent auprès du public et qui incitent les chaînes à investir massivement sur la création française. Forcément, ça se fait au détriment d’autres programmes et notamment au détriment des séries américaines. C'est un petit événement. Ces dernières années, les séries américaines tenaient encore le haut du pavé. Désormais, la tendance s’est inversée et elle risque bien de s’installer durablement dans le paysage audiovisuel.

C’est notamment le souhait de M6, très satisfaite du lancement de sa série Glacé, en cours de diffusion. C’est aussi le cas de France Télévisions qui veut jouer un rôle majeur dans le secteur. Delphine Ernotte, la patronne de France Télé, l'a rappelé récemment. Elle a augmenté de 20 millions d’euros l’enveloppe dédiée à la création, confirmant aussi la mise à l’antenne d’un nouveau feuilleton quotidien sur France 2 en 2018.

Il semble qu’il y ait encore de l’appétit pour le genre, et de la place aussi. En 2016, la France a produit 700 heures de fiction. C’est encore loin des volumes de nos voisins allemands par exemple, qui produisent jusqu’à 2.000 heures de fiction chaque année. Ça laisse encore de la marge.