Dropped : nouvelles révélations deux ans après le drame

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Deux ans après le drame sur le tournage de Dropped, de nouvelles révélations sèment le doute sur l'aptitude des deux pilotes d'hélicoptère.

On revient ce matin sur l’enquête autour du crash de deux hélicoptères sur le tournage de Dropped. Deux ans après ce dramatique accident, les investigations se poursuivent toujours.

Le versant français de l’enquête est toujours en cours pour déterminer les responsabilités dans ce crash. Un crash qui avait coûté la vie à 10 personnes, des membres de l’équipe de production, les pilotes des deux appareils, ainsi que trois candidats de l’émission, la navigatrice Florence Arthaud, la nageuse Camille Muffat et le boxeur Alexis Vastine.

Des éléments publiés hier par BFM TV viennent éclairer les circonstances du drame. Selon deux témoignages extraits des PV d’audition, c’est l'état de santé des pilotes qui serait en cause. Un médecin présent sur le tournage raconte que l'un des pilotes portait une ceinture lombaire et que le second portait des lunettes à forte correction et qu’il se déplaçait péniblement. Dans un second témoignage, celui d’un photographe entendu lui aussi dans le cadre de l’enquête, un des pilotes avait des difficultés à faire fonctionner le GPS de son appareil.

En décembre 2015, neuf mois après le drame, les enquêteurs argentins de l'aviation civile avait rendu un rapport sur les circonstances "techniques" de l'accident, sur l'aspect purement factuel de la collision. Selon eux, les deux appareils étaient en parfait état. Ils pointaient alors une défaillance humaine, une mauvaise préparation des pilotes sur le plan de vol, sur les rotations des appareils. Une appréciation qui aurait tendance à se confirmer si on en croit les deux témoignages diffusés hier par BFM TV.

Mais la production a une tout autre interprétation de ces témoignages.

Ce qu’il faut comprendre c’est que ces éléments tendent à révéler des lacunes dans le choix des équipes mobilisées sur place et une certaine précipitation dans la préparation du tournage. La production s’est toujours défendue de manquements de ce type.

L’avocat des producteurs, la société Adventure Line Production, que nous avons joint ce matin, explique que ces deux témoignages extraits de la procédure pénale ont été soigneusement triés. Au total, plus d’une vingtaine de personnes ont été entendues dans le cadre de cette procédure, mais BFM TV aurait conservé uniquement les extraits les plus accablants. Des extraits qui ne seraient pas révélateurs des conditions de sécurité mises en place autour du tournage.

Et puis, l’avocat d’ALP met en avant une décision des trois juges en charge de l’instruction qui remonte au mois de février. Ils ont accordé à la société de production le statut de "témoin assisté". En clair, ça signifie que sur l'ensemble des éléments recueillis par la gendarmerie des transports aériens, il n’y a pas d'indices "graves ou concordants" pour reprocher une quelconque infraction de la part d’ALP.

Une thèse que les familles des victimes mettent en doute. Dans une lettre ouverte publiée cette semaine, elles expriment leur impatience : elles demandent à la justice de sortir de son silence, synonyme d'indifférence selon elles, pour déterminer enfin si oui ou non, la société de production est responsable de la disparition de leurs proches. Elles en appellent aux autorités, à Juliette Méadel, secrétaire d'État chargée de l’aide aux victimes. 

Pour faire entendre leur détresse, elles organiseront un rassemblement demain, à 14 heures, sur l’esplanade du Trocadéro à Paris. Une manière pour elles de rappeler que les doutes qui subsistent autour de ce terrible accident les empêchent de faire leur deuil.